Charles Renouvier (Personnalité)

Gardez cet article avec vous
Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
+ frais de traitement
Vous avez un code promo ?

Glossaire de la franc-maçonnerie

Charles Bernard Renouvier, né le 1er janvier 1815 à Montpellier et mort le 1er septembre 1903 à Prades (Pyrénées-Orientales), est un philosophe français, fondateur du néo-criticisme et inventeur du terme « uchronie ». Auteur du Manuel républicain de l’homme et du citoyen en 1848, défenseur de l’école laïque, il compte parmi les inspirateurs intellectuels de la Troisième République. Il fut, comme Jules Ferry ou Émile Littré, franc-maçon.

Du polytechnicien au philosophe

Charles Renouvier – portrait
Source : Wikimedia Commons – Photographie Centrale, Avignon, photographer – Public domain

Fils de Jean Antoine Renouvier, député de l’Hérault, Charles Renouvier entre à l’École polytechnique en 1834 et en sort en 1836 en renonçant aux fonctions publiques. Il passe des mathématiques à la philosophie avec un mémoire sur le cartésianisme présenté à l’Académie des sciences morales et politiques.

Il collabore à l’Encyclopédie nouvelle de Pierre Leroux et Jean Reynaud, et publie ses Manuels de philosophie moderne (1842) et ancienne (1844).

1848 : le Manuel républicain

En 1848, il publie sous l’égide du ministre Hippolyte Carnot le Manuel républicain de l’homme et du citoyen, qui contient des propositions sociales hardies sur le crédit et l’impôt progressif. Sa dénonciation à l’Assemblée contribue à la chute du ministre.

En 1851, il rédige avec des républicains avancés un projet d’Organisation communale et centrale de la République. Opposé au coup d’État du 2 décembre, il se consacre ensuite à la philosophie.

Néo-criticisme, uchronie et personnalisme

Ses Essais de critique générale (1854-1864) fondent le néo-criticisme, synthèse de Kant, du positivisme et du spiritualisme qui fait de la liberté le fondement de l’homme et de la croyance. Dans Uchronie (1857), il invente le genre de l’histoire alternative.

Avec François Pillon, il fonde L’Année philosophique (1867) puis La Critique philosophique (1872). Ses dernières œuvres, La Nouvelle Monadologie (1899) et Le Personnalisme (1903), défendent un « socialisme libéral » et une philosophie de la personne.

Un philosophe parmi les maçons de la République

Wikipédia range Charles Renouvier parmi les francs-maçons de sa génération, en le citant aux côtés de Jules Ferry, Henri Brisson, Émile Littré et Challemel-Lacour, « tous francs-maçons, comme lui ». Les sources consultées ne précisent ni sa loge, ni son obédience, ni la date de son initiation.

Son Petit traité de morale à l’usage des écoles primaires laïques (1882) et son soutien à l’école laïque, obligatoire et gratuite défendue par la Ligue de l’enseignement de Jean Macé rejoignent étroitement les combats des loges républicaines.

Principales œuvres

  • Manuel de philosophie moderne, 1842
  • Manuel républicain de l’homme et du citoyen, 1848
  • Essais de critique générale, 1854-1864
  • Uchronie, 1857
  • Science de la morale, 1869
  • Petit traité de morale à l’usage des écoles primaires laïques, 1882
  • Philosophie analytique de l’histoire, 1896-1897
  • La Nouvelle Monadologie, 1899
  • Le Personnalisme, 1903

Le philosophe de la morale laïque

Charles Renouvier a fourni à la Troisième République une partie de son armature philosophique : morale indépendante des dogmes, primauté de la personne, liberté de conscience. Ces idées, partagées avec les grands maçons républicains de son temps, ont profondément nourri la réflexion des loges sur la laïcité et l’éducation.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Charles Renouvier.

Voir aussi dans le glossaire : Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Libre pensée (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles en relation avec ce sujet

Titre du document

DERNIERS ARTICLES