Alphonse Baudin (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Jean-Baptiste Alphonse Victor Baudin, dit Alphonse Baudin, naît le 23 octobre 1811 à Nantua et meurt le 3 décembre 1851 à Paris. Médecin, député montagnard de l’Ain, il est tué sur une barricade du faubourg Saint-Antoine en résistant au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. Initié à la loge du Temple des Amis de l’honneur français, il est devenu un martyr de la République, inhumé au Panthéon en 1889.

Un médecin de Nantua

Alphonse Baudin – portrait
Source : Wikimedia Commons – Ernest Appert – Public domain

Alphonse Baudin étudie la médecine à Lyon puis à Paris. Il sert comme médecin militaire en Algérie, où il rencontre Eugène Cavaignac. Spécialiste des maladies de l’estomac, il est cité au procès de l’empoisonneuse Hélène Jégado, qui s’ouvre trois jours après sa mort.

Le député de la Montagne

Élu député de l’Ain à l’Assemblée législative de 1849, il siège avec les représentants de la Montagne, la gauche démocrate-socialiste. Lors du coup d’État du 2 décembre 1851, il appartient au comité de résistance républicain qui tente de soulever les ouvriers du faubourg Saint-Antoine.

La barricade de la rue Sainte-Marguerite

Le 3 décembre, une barricade est dressée rue Sainte-Marguerite. Des ouvriers raillent les députés venus les entraîner, en évoquant leur indemnité de vingt-cinq francs. La réplique attribuée à Baudin, « Vous allez voir comment on meurt pour vingt-cinq francs », n’est attestée par aucun témoin et provient d’un récit publié en 1868 par Eugène Ténot.

Une balle tirée on ne sait d’où blesse un soldat ; la troupe riposte et Baudin, drapeau à la main, est mortellement atteint. Il est inhumé discrètement au cimetière de Montmartre.

Une initiation maçonnique attestée

D’après l’article Wikipédia, qui s’appuie sur le Dictionnaire de la franc-maçonnerie de Daniel Ligou, Alphonse Baudin a été initié à la loge du Temple des Amis de l’honneur français, atelier suspendu en 1846. La date de son initiation et l’éventuel rôle qu’il y tint ne sont pas précisés.

Cette appartenance rattache Baudin à la génération de républicains qui, sous la monarchie de Juillet, trouvèrent dans les loges un espace de sociabilité et de débat, à une époque où l’expression politique était étroitement surveillée.

D’une souscription au Panthéon

Sous le Second Empire, le journal Le Réveil de Charles Delescluze lance une souscription pour un monument sur sa tombe. Les poursuites qui s’ensuivent offrent à Léon Gambetta l’occasion d’une plaidoirie retentissante contre l’Empire. Le tombeau sculpté par Aimé Millet, inauguré en 1872, devient un lieu de rassemblement républicain.

Pour le centenaire de la Révolution, ses restes sont transférés au Panthéon en 1889. Des statues lui sont élevées à Nantua en 1888 et à Paris en 1900 ; fondues sous l’Occupation en 1942, la première est remplacée en 1953 par une statue de pierre. Une rue du 11e arrondissement porte son nom depuis 1978.

Un martyr républicain issu des loges

Alphonse Baudin appartient au panthéon républicain que la franc-maçonnerie de la IIIe République a volontiers revendiqué : celui des initiés morts pour la défense du droit et des institutions libres. Sa mort sur la barricade, sa mémoire entretenue par les républicains et son entrée au Panthéon en font l’une des figures maçonniques les plus symboliques du XIXe siècle.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Alphonse Baudin.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation, Daniel Ligou (historien).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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