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Agricol Perdiguier, dit Avignonnais la Vertu, naît à Morières-lès-Avignon le 3 décembre 1805 et meurt à Paris le 26 mars 1875. Compagnon menuisier du Devoir de liberté, auteur du Livre du compagnonnage, il consacre sa vie à réconcilier les sociétés compagnonniques rivales et à instruire les ouvriers. Représentant du peuple en 1848, proscrit après le coup d’État, il est initié en 1846 à la loge parisienne Les Hospitaliers de la Palestine, du Suprême Conseil de France.
Avignonnais la Vertu, compagnon menuisier

Apprenti dans l’atelier paternel, Agricol Perdiguier entre en 1823 chez les compagnons d’Avignon pour apprendre le trait, puis devient affilié chez les Compagnons du Devoir de liberté. Il entame un premier tour de France de cinquante-deux mois, reçu compagnon à Montpellier et compagnon fini à Chartres, et dirige la société de Lyon.
Frappé par les rivalités violentes entre sociétés, il prône la réconciliation des Devoirs et l’éducation par la lecture. En 1840, il publie Le Livre du compagnonnage, plusieurs fois réédité.
Un ouvrier instruit et enseignant
Embauché à Nogent-le-Roi en 1831, il y donne des cours du soir, puis s’installe à Paris, où il tient une librairie et enseigne le trait. Il épouse en 1836 Lise, couturière. George Sand, qui le soutient, contribue à faire connaître son œuvre.
Le représentant du peuple et le proscrit
Acteur des journées de 1830 et de 1832, il proclame la République à l’Hôtel de Ville avec Raspail en 1848. Élu à la Constituante en 1848, il est réélu à la Législative en 1849. Opposé au coup d’État du 2 décembre 1851, il s’exile en Belgique, en Allemagne puis à Genève, où il écrit les Mémoires d’un compagnon. Adjoint au maire du 12e arrondissement pendant le siège de Paris, il meurt dans le dénuement ; sa tombe du Père-Lachaise porte une ruche.
Du compagnonnage à la loge

Agricol Perdiguier est initié le 17 mars 1846 à la loge parisienne Les Hospitaliers de la Palestine, relevant du Suprême Conseil de France. Les sources consultées ne mentionnent pas de fonctions maçonniques particulières.
Son parcours relie deux traditions initiatiques voisines, le compagnonnage et la franc-maçonnerie, qui partagent symboles, rites de réception et culte du travail bien fait.
Principales œuvres
- Le Livre du compagnonnage, 1840
- Biographie et réflexions diverses, 1846
- Histoire démocratique des peuples anciens et modernes, 1849-1851
- Mémoires d’un compagnon, 1854-1855
- Maître Adam, menuisier à Nevers, 1863
- Question vitale sur le compagnonnage et la classe ouvrière, 1863
Un pont entre compagnonnage et maçonnerie
Réformateur du compagnonnage, éducateur ouvrier et républicain de 1848, Agricol Perdiguier occupe une place singulière dans l’histoire initiatique française. Son initiation au Suprême Conseil de France témoigne des passerelles entre le monde compagnonnique et la franc-maçonnerie au XIXe siècle, et son idéal de fraternité ouvrière rejoint celui des loges.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Agricol Perdiguier.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation.

