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Le franc-maçon est le membre initié d’une loge maçonnique, association qui se donne pour but le perfectionnement moral de ses membres par une méthode symbolique héritée des bâtisseurs. Le mot, calque de l’anglais freemason, désignait d’abord au Moyen Âge un tailleur de pierre qualifié, travaillant la pierre franche. Depuis la fondation de la première Grande Loge à Londres en 1717, il désigne un membre de cette fraternité spéculative, répandue aujourd’hui dans le monde entier et diverse dans ses rites comme dans ses conceptions.
Étymologie : franc et maçon

L’anglais freemason est attesté dès la fin du XIVe siècle à Londres. Deux explications principales coexistent. La première rattache free à la freestone, la pierre fine à grain homogène, propre à la taille et à la sculpture : le freemason serait le tailleur de pierre qualifié, distinct du simple poseur. La seconde y voit l’idée de liberté : ouvrier libre de se déplacer, ou exempté de certaines contraintes. Le français « franc-maçon » apparaît au XVIIIe siècle comme traduction ; « franc » y garde le double sens de libre et de loyal.
Des bâtisseurs aux spéculatifs
Les loges de métier, surtout en Écosse, admettent à partir du XVIIe siècle des membres étrangers au chantier, appelés gentlemen masons ou maçons acceptés. L’antiquaire Elias Ashmole note dans son journal sa réception à Warrington en 1646. Le 24 juin 1717, quatre loges londoniennes fondent la Grande Loge de Londres et de Westminster, et les Constitutions d’Anderson (1723) définissent le maçon moderne : un homme libre, de bonnes mœurs, tenu d’obéir à la loi morale.
Devenir franc-maçon
On ne devient franc-maçon que par une initiation, cérémonie rituelle à l’issue d’une procédure de candidature : parrainage, enquêtes, passage sous le bandeau, vote de la loge. Le nouvel initié est Apprenti, puis devient Compagnon et Maître. Il appartient à une loge, elle-même rattachée à une obédience. Il s’engage à travailler à son perfectionnement, à respecter ses frères et sœurs et à observer la discrétion sur les travaux.
Ce qu’est un franc-maçon, et ce qu’il n’est pas
- Un membre d’une association initiatique, philosophique et fraternelle, non une secte ni un parti.
- Un homme ou une femme, selon les obédiences : masculines, féminines ou mixtes.
- Un croyant ou un non-croyant, selon que l’obédience exige ou non la référence au Grand Architecte de l’Univers.
- Un citoyen soumis aux lois de son pays, sans obligation d’obéissance politique à son obédience.
Une diversité de conceptions

Il n’existe pas un modèle unique de franc-maçon. La maçonnerie dite régulière, liée à la Grande Loge Unie d’Angleterre, exige la croyance en un Être suprême et exclut les femmes de ses loges ; la maçonnerie libérale, illustrée en France par le Grand Orient depuis 1877, laisse la liberté absolue de conscience. Les obédiences féminines et mixtes, comme le Droit Humain fondé en 1893, ont ouvert l’initiation aux femmes. Toutes revendiquent cependant le même nom et une même méthode symbolique.
Désignations et usages
Entre eux, les francs-maçons se nomment frères et sœurs. Ils emploient l’abréviation par trois points en triangle (F∴ pour frère, FF∴ au pluriel). Le profane est celui qui n’est pas initié. Dans la presse, on parle aussi de « maçon » tout court, ou de « fils de la Veuve », par allusion à Hiram, fils d’une veuve selon le récit biblique.
Le saviez-vous ?
La France compte plusieurs dizaines d’obédiences et, selon les estimations courantes, un peu plus de 150 000 francs-maçons, ce qui en fait l’un des paysages maçonniques les plus divers au monde. À l’échelle mondiale, les estimations varient fortement, de l’ordre de plusieurs millions de membres, principalement dans le monde anglophone.
Repères
- Origine du mot : anglais freemason, attesté à la fin du XIVe siècle.
- Première Grande Loge : Londres, 24 juin 1717.
- Texte fondateur : Constitutions d’Anderson, 1723.
- Trois grades symboliques : Apprenti, Compagnon, Maître.
Le franc-maçon dans la cité
Les francs-maçons n’ont pas d’obligation de discrétion sur leur propre appartenance : chacun peut se déclarer, mais il ne doit pas révéler celle d’autrui sans son accord. De nombreuses personnalités de l’histoire de France ont été membres de loges, dans tous les camps politiques et dans toutes les professions. Les obédiences rappellent régulièrement que l’appartenance maçonnique ne confère aucun privilège et qu’en user pour obtenir un avantage personnel constitue une faute passible de sanction.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Apprenti, Profane, Obédience, Loge, Frères.
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