Grande Loge unie du Cameroun
GLUC
Histoire
La franc-maçonnerie camerounaise débute en 1933 avec la loge « Lumière du Cameroun », installée à Douala par le Grand Orient de France [1]. Une seconde loge, « Vérité et Persévérance », est créée à Yaoundé en 1958 [1]. Le 22 mars 1962, lors d'un couvent constitutif, les francs-maçons camerounais établissent une obédience nationale, les Grands Orients et loges unis du Cameroun (GOLUC), reconnue par le Grand Orient de France et la Grande Loge de France [1].
En octobre 2002, les GOLUC sont transformés en Grande Loge unie du Cameroun (GLUC) [1]. L'obédience pratique le Rite écossais ancien et accepté et se définit comme spiritualiste, traditionnelle et non dogmatique [1]. La GLUC est strictement masculine, tout en ayant contribué à l'installation de loges féminines au Cameroun [1].
Elle compte aujourd'hui onze loges réparties entre Yaoundé, Édéa, Douala et Limbé [1]. Selon un reportage de Jeune Afrique, la GLUC et la Grande Loge nationale du Cameroun totalisent environ 1 000 membres, dont 800 à Douala [2]. Une liste maçonnique de référence en langue française attribue à la GLUC un effectif d'environ 500 membres et la rattache au CLIPSAS.
Fondation et schismes
Une première tentative d'implantation maçonnique à Douala remonte à mai-juin 1923, mais c'est en 1933 que la loge « Lumière du Cameroun » est durablement installée par le Grand Orient de France [1]. La seconde loge, « Vérité et Persévérance », est créée à Yaoundé en 1958 [1]. Le couvent constitutif du 22 mars 1962 fonde les Grands Orients et loges unis du Cameroun (GOLUC), regroupant les frères camerounais sous une obédience nationale reconnue par le GODF et la Grande Loge de France [1]. La transformation en Grande Loge unie du Cameroun (GLUC) intervient en octobre 2002 [1]. Une coexistence existe avec la Grande Loge nationale du Cameroun, distincte, ce qui structure le milieu maçonnique national autour de plusieurs obédiences masculines [2].
Positions doctrinales
Les travaux de la GLUC se déroulent « à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers », principe inscrit dans la pratique de l'obédience [1]. La GLUC se définit comme spiritualiste, traditionnelle et non dogmatique [1]. Chaque franc-maçon y est déclaré totalement libre en matière de religion, ce qui exclut toute exigence confessionnelle particulière [1]. L'obédience est strictement masculine, tout en ayant contribué à l'installation au Cameroun de loges relevant de la Grande Loge féminine de France [1]. L'admission est ouverte aux candidats âgés d'au moins 25 ans et disposant d'une activité professionnelle stable [3].
Rites pratiqués
La Grande Loge unie du Cameroun pratique exclusivement le Rite écossais ancien et accepté (REAA) dans l'ensemble de ses onze loges [1]. Ce choix ritualique la rattache à la filiation écossaise héritée de la Grande Loge de France, partenaire historique de la fondation de 1962 [1].
Relations internationales
La GLUC entretient des liens historiques étroits avec le Grand Orient de France et la Grande Loge de France, qui l'avaient reconnue dès 1962 et avec lesquelles des conventions ont encadré l'initiation et le développement des loges [1]. L'obédience est membre de la Conférence des puissances maçonniques africaines et malgaches (CPMAM) et participe aux Rencontres humanistes et fraternelles d'Afrique et de Madagascar (REHFRAM) tenues annuellement depuis 1992 [4]. Elle figure parmi les signataires de l'Appel de Casablanca adopté en février 2009, qui encadre la création de loges sur le continent africain et institue une commission paritaire de règlement des différends [4]. Une liste maçonnique de référence rattache par ailleurs la GLUC au CLIPSAS.
Controverses notables
En juin 2018, des frères camerounais mettent fin au mandat de Pierre Moukoko Mbonjo à la tête de la GLUC, lui reprochant une gestion contestée, le non-respect des textes et des promotions jugées tribales [5]. Lors d'une réunion tenue à Douala le 20 avril 2019, l'obédience se divise publiquement sur la crise anglophone : une faction conduite par Norbert Kesseng (loge n°11 de Yaoundé) souhaite que la GLUC s'implique dans la résolution du conflit, tandis qu'une autre défend une stricte limitation aux travaux philosophiques et spirituels [5]. Ces débats sont présidés par Jean Ernest Massena Ngallè Bibehè, alors Grand Chancelier de l'obédience [5].
Questions fréquentes
La GLUC est-elle mixte ? Non, l'obédience est strictement masculine, tout en ayant accompagné l'installation au Cameroun de loges féminines rattachées à la Grande Loge féminine de France [1].
Quel rite est pratiqué à la GLUC ? L'obédience travaille exclusivement au Rite écossais ancien et accepté [1].
Combien de loges compte la GLUC ? Elle regroupe onze loges réparties entre Yaoundé, Édéa, Douala et Limbé [1].
La GLUC est-elle considérée comme régulière ? Elle est reconnue par le Grand Orient de France et la Grande Loge de France et appartient à la mouvance libérale et adogmatique via la CPMAM et le CLIPSAS, ce qui la place hors du périmètre de la régularité au sens de la Grande Loge unie d'Angleterre.
Faut-il croire en Dieu pour entrer à la GLUC ? Non, l'obédience travaille à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers mais laisse chaque franc-maçon totalement libre en matière de religion [1].
Sources
- GLUC - Notre histoire (site officiel)
- Cameroun : francs-maçons et francs-patrons, Jeune Afrique
- Grande Loge Unie du Cameroun - Hiram.be
- L'Appel de Casablanca n'interdit à aucune obédience signataire de créer des loges en Afrique - Humanisme (Cairn)
- Franc-maçonnerie : La crise anglophone divise la Grande loge unie du Cameroun - 237online.com