Cormontreuil : le temple de la Grande Loge de France incendié près de Reims

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Dans la nuit du dimanche 18 au lundi 19 octobre 2026, le temple utilisé par les loges de la Grande Loge de France (GLDF) à Cormontreuil, aux portes de Reims, a été volontairement incendié. Portail enfoncé, porte forcée, essence répandue dans la salle de réunion : rien n’a été volé. Pour les responsables locaux, la cible ne fait aucun doute.

Les informations de cet article proviennent du quotidien régional L’Union, qui a révélé l’affaire sous la plume de son journaliste Fabrice Curlier. Les citations entre guillemets sont extraites de son reportage.

Un incendie criminel vers 22 heures

Illustration de l’incendie du temple de la Grande Loge de France à Cormontreuil
Photo non contractuelle

Les faits se sont produits dimanche soir, aux alentours de 22 heures. Le bâtiment, une construction d’environ 260 m² à bardage métallique, se trouve dans une zone artisanale de Cormontreuil, en retrait du grand centre commercial de l’agglomération rémoise. Un secteur sans vie le dimanche soir : personne n’a vu ni entendu quoi que ce soit.

Le mode opératoire, tel que le décrit L’Union, ne laisse guère de place au hasard. Un véhicule a d’abord servi de bélier pour enfoncer le portail de la cour. La porte principale du bâtiment a ensuite été forcée. Les auteurs ont alors répandu de l’essence dans la grande salle de réunion située à l’entrée, avant d’y mettre le feu et de repartir avec leur véhicule, bien avant l’arrivée des secours.

150 m² ravagés, les pièces annexes épargnées

Sur les quelque 260 m² que compte le bâtiment, environ 150 m² ont été lourdement touchés par les flammes. Les pièces annexes ont en revanche été préservées : leurs portes étaient fermées, ce qui a freiné la progression du feu. Une chance relative, qui a permis aux membres de récupérer, dès le lundi, une partie des biens et objets rituels épargnés.

Le journal publie plusieurs clichés de son journaliste montrant le portail défoncé, la salle de réunion noircie et l’étendue des dégâts. Voir les photos de Fabrice Curlier sur le site de L’Union.

« C’est clairement la franc-maçonnerie qui a été visée »

Aucun objet n’a disparu. Pour les responsables des loges, ce détail change tout : il ne s’agit ni d’un cambriolage qui aurait mal tourné, ni d’un acte de vandalisme ordinaire. « C’est clairement la franc-maçonnerie qui a été visée », confie l’un d’eux au quotidien.

Illustration des dégâts dans le temple maçonnique de Cormontreuil, près de Reims
Photo non contractuelle

Le lieu accueille 13 ateliers, qui rassemblent quelque 350 Sœurs et Frères. Pendant deux décennies, ils s’y sont réunis sans le moindre incident. « Nous étions tranquilles pendant 20 ans, c’est fini », résume avec amertume un responsable local.

Une adresse rendue publique un mois plus tôt

Un élément pèse lourd dans les esprits. Le 22 septembre 2026, lors d’une conférence publique organisée à l’hôtel de ville de Reims, l’adresse du temple avait été communiquée. Le responsable interrogé par L’Union regrette aujourd’hui ce choix d’ouverture : « Nous avons été naïfs ».

Le paradoxe est cruel. Ces dernières années, les obédiences, et la Grande Loge de France en particulier, ont multiplié les initiatives pour sortir du secret et faire mieux connaître la franc-maçonnerie : journées portes ouvertes, conférences publiques, accueil des médias. À Cormontreuil même, les francs-maçons avaient ouvert les portes de leur temple à la radio locale pour expliquer leurs rites et leurs symboles (reportage d’ICI Champagne-Ardenne). Cet incendie vient rappeler que la transparence a aussi un prix.

Enquête ouverte, ateliers à reloger

Une enquête est en cours pour identifier les auteurs. Dans l’immédiat, la priorité des loges rémoises est double : sauver ce qui peut l’être et trouver rapidement un lieu d’accueil provisoire pour que les 13 ateliers puissent continuer à se réunir. Les responsables évoquent, selon L’Union, un « climat ambiant déjà fortement dégradé ».

Un acte qui dépasse Reims

Au-delà du préjudice matériel, cet incendie touche à quelque chose de plus profond. Un temple n’est pas une simple salle : c’est l’espace où l’on se retrouve « entre l’équerre et le compas », où se transmettent les rituels, où se tissent les fraternités. S’en prendre à lui, c’est s’en prendre à une liberté fondamentale, celle de se réunir et de penser librement.

Cet acte s’inscrit dans un contexte où les actes et discours hostiles à la franc-maçonnerie refont surface, en France comme ailleurs. Il pose à toutes les obédiences une question très concrète : comment concilier l’ouverture vers la société civile, devenue une volonté affichée, et la sécurité des lieux et des personnes ?

La rédaction de 450.fm adresse son soutien fraternel aux Sœurs et aux Frères des loges de Reims et de Cormontreuil, ainsi qu’à la Grande Loge de France. Nous suivrons les suites de l’enquête et relaierons toute communication officielle de l’obédience.


Source : Fabrice Curlier, « Les locaux de la Grande Loge de France incendiés à Cormontreuil, près de Reims », L’Union, 19 octobre 2026. / L’Union, à consulter sur le site du journal.

Pour aller plus loin : la fiche de la Grande Loge de France dans l’annuaire mondial des obédiences de 450.fm.

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Pierre d’Allergida
Pierre d’Allergida
Pierre d'Allergida, dont l'adhésion à la Franc-Maçonnerie remonte au début des années 1970, a occupé toutes les fonctions au sein de sa Respectable Loge Initialement attiré par les idéaux de fraternité, de liberté et d'égalité, il est aussi reconnu pour avoir modernisé les pratiques rituelles et encouragé le dialogue interconfessionnel. Il pratique le Rite Écossais Ancien et Accepté et en a gravi tous les degrés.

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