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Réalisé par Kevin Sorbo, qui en tient aussi le premier rôle, Left Behind: Rise of the Antichrist (2023) prolonge la saga évangélique née des romans de Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins. Après la disparition soudaine de millions de personnes, un dirigeant charismatique s’empare de la scène mondiale. Le film ne parle pas de Franc-maçonnerie, mais il éclaire la matrice religieuse d’un complotisme apocalyptique qui a souvent pris les Loges pour cible.
De quoi parle Left Behind: Rise of the Antichrist ?
Six mois après « les Disparitions », le monde reste sous le choc : des millions d’êtres humains se sont volatilisés en un instant. Les autorités avancent des explications rassurantes, mais Buck Williams, journaliste à la chaîne d’information GNN, flaire la manipulation. Rayford Steele, pilote de ligne dont la femme a disparu, cherche de son côté des réponses dans la Bible et trouve auprès d’un pasteur une lecture prophétique des événements : l’Enlèvement de l’Église et le début de la Tribulation.
Pendant ce temps, Nicolae Carpathia, homme politique séduisant, est porté à la tête des Nations unies. Le film, tourné en 2021 à Calgary et sorti en janvier 2023 dans les salles nord-américaines, fait suite au remake de Left Behind (2014) et s’inscrit dans un projet d’adaptation de l’ensemble des seize romans de la série.
Une eschatologie devenue grille de lecture politique
La saga Left Behind illustre le dispensationalisme, une lecture littérale des prophéties bibliques très répandue dans certains milieux évangéliques américains : Enlèvement des croyants, sept années de Tribulation, avènement d’un Antichrist à la tête d’un gouvernement mondial. Le film transpose ce schéma dans l’actualité, en y glissant des mots d’ordre familiers des milieux conspirationnistes contemporains.
La Franc-maçonnerie n’y est pas nommée. Mais ce cadre mental explique pourquoi les Loges ont si souvent été désignées, dans certaines prédications, comme l’antichambre du Nouvel ordre mondial : toute organisation internationale, discrète et pluraliste devient suspecte de préparer le règne de l’Antichrist. Le film permet de comprendre ce terreau sans en partager les conclusions.
Ce qu’un maçon peut en retenir
Le dispositif est sans ambiguïté : le monde est un théâtre truqué, les élites mentent, et seule une poignée d’élus détient la clé du sens. C’est l’exact inverse de la démarche maçonnique, fondée sur le libre examen, le doute méthodique et le respect de convictions différentes.
Regarder ce film en maçon, c’est donc mesurer la force d’un récit qui transforme l’angoisse collective en certitude, et rappeler que la Franc-maçonnerie, loin de préparer une fin des temps, invite chacun à construire patiemment, ici et maintenant, un temple intérieur et une société plus juste.
Il est enfin utile de rappeler que de nombreux francs-maçons sont eux-mêmes croyants, y compris dans les traditions protestantes, et que l’hostilité de certains courants évangéliques envers les Loges relève d’un débat théologique, non d’un fait établi. Distinguer la conviction religieuse du soupçon conspirationniste est la première condition d’un dialogue serein.
Fiche technique
- Titre original : Left Behind: Rise of the Antichrist
- Année : 2023
- Réalisation : Kevin Sorbo
- Scénario : Paul LaLonde, John Patus, Jessica Parker
- D’après : la série de romans Left Behind de Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins
- Interprètes : Kevin Sorbo, Neal McDonough, Bailey Chase, Corbin Bernsen, Greg Perrow, Sarah Fisher
- Durée : 1 h 58
- Genre : Thriller apocalyptique, film chrétien
Voir aussi dans le glossaire : Apocalypse et complot, Évangélismes et antimaçonnisme, Nouvel ordre mondial, Libre examen.
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