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Au cœur du vieux Chinon, au 62 rue Haute-Saint-Maurice, un hôtel particulier du XVe siècle, restauré et modernisé au XIXe, abrite depuis 1880 le temple de la loge Les Enfants de Rabelais, du Grand Orient de France. Plus ancienne loge d’Indre-et-Loire après Les Démophiles de Tours, elle a conservé un décor que l’on dit « dans son jus » de 1880. Rarement accessible au public, le lieu s’ouvre en général une fois par an, notamment lors des Journées européennes du patrimoine, avec visite, conférence et exposition.
Lieu : 62 rue Haute-Saint-Maurice, 37500 Chinon, France
Une maison ancienne devenue temple
Le temple occupe un hôtel particulier du XVe siècle de la rue Haute-Saint-Maurice, l’une des artères historiques de la ville basse de Chinon, au pied de la forteresse royale. La demeure a été restaurée et modernisée au XIXe siècle, avant d’être affectée aux travaux maçonniques. C’est en 1880 que la loge Les Enfants de Rabelais s’y installe ; les sources consultées présentent l’intérieur comme demeuré dans l’état de cette époque, ce qui en fait un témoignage rare de l’aménagement d’un temple provincial de la IIIe République naissante.
Les sources accessibles ne précisent ni le nom d’un architecte ni le détail des travaux d’adaptation de la maison en lieu de réunion maçonnique, et le bâtiment ne fait pas l’objet, à notre connaissance, d’une protection au titre des monuments historiques.
La loge Les Enfants de Rabelais
La loge est fondée à Chinon en 1880 sous les auspices du Grand Orient de France. Son titre distinctif rend hommage à François Rabelais, enfant du Chinonais, et inscrit l’atelier dans la filiation humaniste et libre-exaministe chère à la maçonnerie française. Elle est présentée comme la plus ancienne loge d’Indre-et-Loire en activité après Les Démophiles de Tours.
La loge a fait parler d’elle à plusieurs reprises sur la question de la place des femmes : elle aurait été la première loge du Grand Orient à recevoir des visiteuses à une époque où l’obédience l’interdisait, et elle a voté la mixité et la parité en décembre 2020. Elle comptait alors une quarantaine de membres.
Une ville de tradition maçonnique
La maçonnerie chinonaise est ancienne. Après l’implantation de la franc-maçonnerie à Tours vers 1740, les loges de Tours, Bourgueil et Chinon connaissent un renouveau dans les années qui suivent la fondation du Grand Orient de France (1773). Chinon voit ainsi naître Les Bons Amis en 1784, puis Napoléon le Grand en 1806, avant la fondation des Enfants de Rabelais en 1880.
Le paysage s’est diversifié depuis : la loge Les Portes de Thélème de la Grande Loge Féminine de France est créée en 1996 ; Les Pierres vives, du Droit Humain, première loge mixte de la ville, en 2015 ; enfin la loge mixte « Fay ce que vouldras », du Grand Orient, qui travaille au Rite Français Philosophique, en 2021. Les deux derniers titres empruntent eux aussi à l’univers de Rabelais et à la devise de l’abbaye de Thélème. Une association, Patrimoine et culture maçonnique en Chinonais, fondée en 2015, fédère les loges locales autour de la mise en valeur de ce patrimoine.
Ouverture au public
Le temple n’est ouvert aux visiteurs qu’en de rares occasions. Lors des Journées européennes du patrimoine des 19 et 20 septembre 2026, le Grand Orient de France a ouvert trois temples au public, rue Cadet à Paris, à Thouars et à Chinon ; la loge Les Enfants de Rabelais y proposait une visite, une conférence et une exposition, sur réservation. Pour les modalités, se reporter aux annonces du Grand Orient de France et de la loge.
Repères
- Adresse : 62 rue Haute-Saint-Maurice, 37500 Chinon
- Bâtiment : hôtel particulier du XVe siècle, restauré et modernisé au XIXe siècle
- Usage maçonnique : depuis 1880
- Loge : Les Enfants de Rabelais, fondée en 1880
- Obédience : Grand Orient de France
- Mixité votée en décembre 2020
- Ouverture au public : Journées européennes du patrimoine (2026)
Voir aussi dans le glossaire : Loge Mère, Temple, Mixité.
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