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Au 24, rue Armand-Bédarride, dans le 6e arrondissement de Marseille, un édifice discret a longtemps servi de maison commune aux loges de la ville sous le nom de « L’Orient de Marseille ». Cette ancienne fabrique de tuiles, voisine de l’emplacement du temple historique de la loge Saint-Jean d’Écosse, accueille les francs-maçons dès la seconde moitié du XIXe siècle. Confisqué en 1940, puis rendu aux loges, il a été délaissé lorsque celles-ci ont rejoint le château Saint-Antoine, inauguré en 2018.
Lieu : 24, rue Armand-Bédarride, 13006 Marseille, France
Construction : seconde moitié du XIXe siècle (installation des loges)
Une tuilerie devenue temple
Le bâtiment de la rue Armand-Bédarride est à l’origine une ancienne fabrique de tuiles. Les francs-maçons marseillais s’y installent dans la seconde moitié du XIXe siècle et en font le lieu de réunion de plusieurs ateliers, connu sous le nom d’« Orient de Marseille », l’orient désignant en langage maçonnique la ville où siège une loge. Les sources consultées ne donnent ni la date précise de l’installation, ni le nom d’un architecte, ni la description des temples aménagés à l’intérieur.
Dans le sillage de Saint-Jean d’Écosse
L’édifice se trouve à proximité de l’emplacement du temple de la loge Saint-Jean d’Écosse, à l’angle du cours Julien et de la rue Crudère, là où s’élève aujourd’hui l’Espace Julien. Au XVIIIe siècle, ce temple passait pour l’un des plus richement décorés au monde, avec baldaquin doré, lustres de cristal et nombreux tableaux. La loge, qui recrutait surtout dans le grand négoce, se présentait comme la « Mère loge écossaise de Marseille » et essaima des loges filles dans tout le bassin méditerranéen et jusque dans les colonies.
Elle revendiquait une patente écossaise de 1751, que les historiens tiennent pour légendaire : l’original n’a jamais été produit et la copie la plus ancienne date de 1784. À la veille de la Révolution, elle comptait 207 membres, soit environ un tiers des maçons marseillais. Elle suspend ses travaux en 1794, après l’exécution de cinq de ses membres, les reprend en 1801 et atteint 400 frères sous l’Empire avant de décliner.
Confiscation et retour
En 1940, dans le contexte de la dissolution des sociétés secrètes par le régime de Vichy, les francs-maçons sont expropriés du bâtiment. Ils parviennent par la suite à le réoccuper et à y reprendre leurs travaux, faisant de l’Orient de Marseille l’une des adresses maçonniques les plus durables de la ville.
Le départ vers le château Saint-Antoine
Au début du XXIe siècle, les locaux du centre-ville ne suffisent plus. La Grande Loge de France rachète et restaure le château Saint-Antoine, dans le 11e arrondissement, inauguré en juin 2018 avec neuf temples. Les loges qui se réunissaient rue Armand-Bédarride quittent alors l’ancienne tuilerie pour ce nouveau siège. Les sources consultées ne précisent pas le devenir actuel du bâtiment.
Repères
- Origine : ancienne fabrique de tuiles
- Usage maçonnique : à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, sous le nom d’« Orient de Marseille »
- Adresse : 24, rue Armand-Bédarride, Marseille 6e
- 1940 : expropriation des francs-maçons, puis réoccupation ultérieure
- Départ des loges : vers le château Saint-Antoine (inauguré en 2018)
Voir aussi dans le glossaire : Orient, Loge Mère, Temple.

