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L’Arche d’alliance est le coffre sacré qui, selon la Bible, contenait les Tables de la Loi et reposait dans le Saint des saints du Temple de Salomon. La franc-maçonnerie, qui fait du Temple son grand modèle symbolique, la retrouve dans plusieurs grades et légendes, en particulier dans le Royal Arch anglo-saxon et dans des hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté. Elle y figure la présence du sacré, la parole retrouvée et l’alliance entre l’homme et le divin. Il ne faut pas la confondre avec l’« arch » du Royal Arch, qui désigne une voûte.
L’Arche dans la Bible

Le livre de l’Exode (chapitre 25) décrit l’Arche avec précision : un coffre de bois d’acacia recouvert d’or, surmonté du propitiatoire et de deux chérubins aux ailes déployées. Elle contient les Tables de la Loi, et la tradition y ajoute la verge d’Aaron et un vase de manne. Portée par les Lévites durant l’Exode, elle est installée par Salomon dans le Debir, le Saint des saints du Temple, où seul le grand prêtre pénètre une fois l’an.
Sa disparition, probablement lors de la destruction du Temple par les Babyloniens en 587 avant notre ère, a nourri d’innombrables légendes sur sa cachette. Cette énigme se prête naturellement aux récits initiatiques de découverte d’un dépôt sacré.
Le Temple, modèle de la loge
La loge maçonnique se pense comme une image du Temple de Salomon, avec ses colonnes, son parvis, son lieu saint et son Orient. L’Arche y occupe la place la plus secrète : celle du Saint des saints, que la loge ne représente pas toujours matériellement mais qu’elle évoque comme le cœur invisible du sanctuaire. Plusieurs grades de perfection du REAA, à partir du 4e degré, Maître secret, introduisent le récipiendaire auprès de ce lieu.
Royal Arch : voûte ou arche ?
Le Royal Arch, attesté dans les îles Britanniques dès les années 1740, est en Angleterre le complément du grade de maître. Le mot arch y désigne une voûte : la légende évoque, lors de la reconstruction du second Temple sous Zorobabel, la découverte d’une crypte souterraine où l’on retrouve la Parole perdue. Selon les versions du rituel, notamment américaines, des objets sacrés, dont l’Arche d’alliance, sont mis au jour dans cette voûte.
En Angleterre, le Suprême Grand Chapitre est formé en 1817, après l’Union de 1813 qui reconnaît l’Ordre du Royal Arch comme partie de la « pure et ancienne maçonnerie ». Dans le REAA, le 13e degré, Royale Arche, développe une autre légende, celle d’Hénoch et de la voûte sacrée où le Nom divin a été déposé.
Trois « arches » à ne pas confondre

- L’Arche d’alliance : le coffre sacré de l’Exode, déposé dans le Saint des saints.
- La voûte (arch) : la crypte du Royal Arch et du 13e degré du REAA, lieu de la Parole retrouvée.
- L’arche de Noé : honorée dans le grade anglais de Royal Ark Mariner et dans le 21e degré du REAA, Noachite.
Interprétations symboliques
Pour le franc-maçon, l’Arche représente la Loi intériorisée, le dépôt de sagesse qu’il faut protéger et transmettre. Elle rappelle aussi l’idée d’alliance : une relation de confiance entre l’homme et le principe qui le dépasse, que chaque rite nomme à sa manière. Sa disparition et sa quête rejoignent le thème central de la parole perdue, que les hauts grades s’attachent à retrouver.
Le Saint et le Saint des saints
Le Temple de Salomon, tel que le décrit le premier livre des Rois, comprend un vestibule (Oulam), une grande salle, le Saint (Hekal), où se trouvent le chandelier et l’autel des parfums, et le Saint des saints (Debir), où repose l’Arche. Cette progression du parvis vers le lieu le plus retiré inspire la gradation initiatique : de grade en grade, le maçon est symboliquement conduit plus près du centre.
Le saviez-vous ?
Dans le Rite Français comme au REAA, le temple est orienté et l’Orient correspond symboliquement à la place du Saint des saints. Le Vénérable Maître siège donc là où, dans le Temple de Salomon, reposait l’Arche.
Pour approfondir : ouvrages de référence
- La Bible, Exode 25 et 1 Rois 8, pour la description de l’Arche et son installation dans le Temple.
- Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987 (rééd.).
- Pierre Mollier, La Chevalerie maçonnique, Dervy, 2005.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Saints Jean, Hekal (Hékhal, Hekkal), Arche royale (Rite maçonnique), Parole perdue.
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