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Le 1er janvier 1903, à Neuchâtel, ouvre le Bureau international de relations maçonniques, créé quelques mois plus tôt par le congrès maçonnique international de Genève. Dirigé par Édouard Quartier-la-Tente, ancien conseiller d’État neuchâtelois et Grand Maître de la Grande Loge suisse Alpina, il est le premier organisme permanent chargé de relier entre elles les obédiences maçonniques de plusieurs pays. Jusqu’à la Grande Guerre, il publie un annuaire et un bulletin, puis vient en aide aux frères touchés par le conflit, avant de céder la place à l’Association maçonnique internationale.
Date : 1er janvier 1903
Lieu : Neuchâtel, Suisse
Le contexte : un projet né à Paris

L’idée d’une fédération maçonnique internationale est lancée par le Grand Orient de France lors du congrès de Paris de 1889. Elle mûrit au congrès maçonnique international de Paris de 1900, qui confie à la Grande Loge suisse Alpina le soin d’organiser une fédération dont le siège serait en Suisse. Le pays offre un cadre idéal : neutre, plurilingue, déjà siège de plusieurs organisations internationales, il dispose d’une obédience respectée, l’Alpina, fondée en juin 1844 par quinze loges.
L’événement : de Genève à Neuchâtel
En 1902, le congrès maçonnique international de Genève crée le Bureau international de relations maçonniques, approuvé par vingt-deux Grandes Loges et huit juridictions. Son siège est fixé à Neuchâtel, et le Bureau y ouvre en 1903, selon le Dictionnaire historique de la Suisse ; la chronologie Kronobase précise la date du 1er janvier. Édouard Quartier-la-Tente en devient le chancelier et le dirige jusqu’à sa disparition en 1920.
Édouard Quartier-la-Tente, l’homme du Bureau
Né en 1855 et mort en 1924, Édouard Quartier-la-Tente a été conseiller d’État du canton de Neuchâtel avant de diriger la Grande Loge suisse Alpina de 1900 à 1905. Il fait du Bureau une véritable chancellerie de la maçonnerie libérale, dont il rédige l’histoire en publiant un bilan de ses dix-huit premières années. Son prédécesseur à la tête de l’Alpina, Élie Ducommun, prix Nobel de la paix en 1902, avait inspiré le projet.
Les activités : annuaire, bulletin et solidarité
Le Bureau organise des rencontres, publie un annuaire maçonnique et un bulletin qui permettent aux obédiences de se connaître et d’échanger. À partir de 1914, il s’efforce de venir en aide aux frères réfugiés, prisonniers ou disparus des deux camps. Il se heurte cependant à l’hostilité de la Grande Loge unie d’Angleterre et d’une partie des maçonneries nordique et américaine, qui reprochent à l’organisme d’accueillir le Grand Orient de France.
Portée et postérité
Affaibli par la guerre et le réveil des nationalismes, le Bureau ne survit pas au conflit et disparaît en 1920. Mais son œuvre se prolonge immédiatement : à l’appel de l’Alpina, douze Grandes Loges européennes et celle de l’État de New York fondent à Genève l’Association maçonnique internationale, qui compte en 1923 quelque 500 000 membres issus de 38 obédiences, avant d’être dissoute en 1950. Le Bureau de Neuchâtel reste le premier modèle d’organisation permanente de la maçonnerie à l’échelle internationale.
Repères chronologiques
- Juin 1844 : fondation de la Grande Loge suisse Alpina.
- 1889 : le Grand Orient de France propose une fédération maçonnique internationale.
- 31 août-2 septembre 1900 : congrès maçonnique international de Paris.
- 1902 : congrès de Genève et création du Bureau.
- 1er janvier 1903 : ouverture du Bureau à Neuchâtel.
- 1920 : fin du Bureau ; fondation de l’Association maçonnique internationale à Genève (1920-1921).
- 1950 : dissolution de l’Association maçonnique internationale.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Reconnaissance, Lalande, Helvétius et les débuts de la réforme du Grand Orient de France, 1771 (date historique).

