Initiation de Frédéric Desmons à la loge L’Écho du Grand Orient de Nîmes, 8 mars 1861 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le 8 mars 1861, à Nîmes, le jeune pasteur protestant Frédéric Desmons est initié dans la loge « L’Écho du Grand Orient », fondée quatre ans plus tôt. Il deviendra compagnon en 1862 et maître en 1863. Seize ans plus tard, au convent de 1877, ce fils des Cévennes sera le rapporteur du vœu qui supprime l’obligation de croire en l’existence de Dieu dans la constitution du Grand Orient de France, au nom de la liberté absolue de conscience. Sénateur du Gard et cinq fois président du conseil de l’Ordre, il est l’une des grandes figures de la maçonnerie libérale et laïque.

Date : 8 mars 1861
Lieu : Nîmes, Gard, France

Un pasteur des Cévennes

Initiation de Frédéric Desmons à la loge L’Écho du Grand Orient de Nîmes, 8 mars 1861
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

Frédéric Desmons naît le 14 octobre 1832 à Brignon, dans le Gard. Formé à la faculté de théologie protestante de Strasbourg, il y soutient en 1856 un travail consacré au mormonisme et est consacré pasteur le 13 décembre 1856. Après un bref passage à Ners puis à Vals, en Ardèche, il est nommé le 3 novembre 1857 à Saint-Geniès-de-Malgoirès, près de Nîmes, où il exerce son ministère pendant de longues années.

L’entrée en maçonnerie

Le 8 mars 1861, il est initié dans la loge « L’Écho du Grand Orient », fondée à Nîmes en 1857 et relevant du Grand Orient de France. Son parcours est ensuite régulier : il passe compagnon le 5 janvier 1862 et est élevé à la maîtrise le 15 janvier 1863. Nous sommes alors sous le Second Empire, au moment où le maréchal Magnan, nommé par Napoléon III, dirige le Grand Orient, et où les loges du Midi protestant offrent un lieu de débat aux esprits libéraux.

Un bâtisseur de loges

En 1867, Desmons quitte sa loge d’origine pour fonder à Saint-Geniès-de-Malgoirès l’atelier « Le Progrès », dont il devient vénérable en 1870. En 1873, il entre au conseil de l’Ordre du Grand Orient de France. Son ascension accompagne la républicanisation de l’obédience au début de la Troisième République.

Le convent de 1877

En septembre 1877, au convent du Grand Orient, il est le rapporteur d’un vœu demandant la révision de l’article 1er de la constitution, qui imposait la croyance en l’existence de Dieu et en l’immortalité de l’âme. Son discours emporte la décision : la liberté absolue de conscience remplace l’affirmation déiste. Le Grand Orient y gagne son identité moderne, mais la rupture avec les obédiences anglo-saxonnes, qui exigent la croyance en un Être suprême, sera durable.

Une carrière républicaine

Initiation de Frédéric Desmons à la loge L’Écho du Grand Orient de Nîmes, 8 mars 1861
Source : Wikimedia Commons – Verdeil, Pierre (Nîmes, en 1812 – après 1874), graveur – CC0

Conseiller général du Gard en 1877, Desmons démissionne en 1881 de la présidence du consistoire de Saint-Chaptes. Député du Gard de 1881 à 1894, siégeant à l’extrême gauche puis à la gauche radicale, il est élu sénateur en 1894 et le reste jusqu’à sa mort ; il est vice-président du Sénat de 1902 à 1905. Au Grand Orient, il préside à cinq reprises le conseil de l’Ordre, entre la fin des années 1880 et 1910. Il meurt à Paris le 4 janvier 1910.

Postérité et mémoire

Son nom reste attaché à la laïcité maçonnique : une loge du Grand Orient a pris en 2017 le nom de « Frédéric Desmons Laïcité ». L’association des Amis de Frédéric-Desmons entretient sa mémoire dans le Gard ; en janvier 2023, une cérémonie d’hommage a réuni sur sa tombe des membres du Grand Orient et les maires de Saint-Geniès-de-Malgoirès et de Brignon, comme l’a rapporté 450.fm.

Le saviez-vous ?

Avant de devenir l’un des artisans de la laïcité maçonnique, Desmons avait consacré en 1856 un Essai historique sur le mormonisme à une religion alors toute récente. Conseiller général du canton de Vézenobres, il resta toute sa vie attaché à son Gard natal, où sa mémoire est entretenue à Brignon et à Saint-Geniès-de-Malgoirès.

Repères chronologiques

  • 14 octobre 1832 : naissance à Brignon (Gard).
  • 13 décembre 1856 : consécration pastorale.
  • 8 mars 1861 : initiation à « L’Écho du Grand Orient », à Nîmes.
  • 15 janvier 1863 : élévation à la maîtrise.
  • 1867 : fondation de la loge « Le Progrès » à Saint-Geniès-de-Malgoirès.
  • Septembre 1877 : convent supprimant l’obligation de croire en Dieu.
  • 4 janvier 1910 : mort à Paris.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Convent, Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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