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En 1817, à Bruxelles, alors ville du Royaume uni des Pays-Bas, naît un Suprême Conseil du Rite écossais ancien et accepté. Créé le 16 mars autour de la loge Les Amis Philanthropes et officialisé le 20 avril, il tient sa légitimité d’une patente signée au nom du Suprême Conseil de France. Un second Suprême Conseil, dit « militaire », apparaît au même moment ; les deux fusionnent à la fin de l’année. Devenu Suprême Conseil de Belgique après la révolution de 1830, ce corps gouverne pendant près d’un siècle et demi les hauts grades écossais belges.
Date : 16 mars 1817
Lieu : Bruxelles, Belgique
Une chronologie à rectifier

Certaines chronologies évoquent pour 1817 la fondation d’un « Suprême Conseil de Belgique et du Grand Orient des Pays-Bas ». La formule confond deux réalités : d’une part le Grand Orient des Pays-Bas, obédience symbolique du royaume dirigée depuis octobre 1816 par le prince Frédéric d’Orange-Nassau ; d’autre part un Suprême Conseil indépendant, chargé des grades écossais du 4e au 33e degré, qui prend naissance à Bruxelles en 1817 sous le nom de Suprême Conseil des Pays-Bas.
Le contexte : maçonnerie française et pouvoir orangiste
Dans les provinces méridionales, la maçonnerie reste marquée par la période française. La loge-chapitre Les Amis Philanthropes de Bruxelles, d’origine française, accueille de nombreux réfugiés venus de France après 1815. Le gouvernement de Guillaume Ier souhaite au contraire un corps maçonnique unique, placé sous la protection de la famille royale, et voit d’un mauvais œil aussi bien un Grand Orient méridional distinct qu’un Suprême Conseil autonome.
L’événement : deux Suprêmes Conseils en une année
Le Suprême Conseil des Pays-Bas est créé le 16 mars 1817 et officialisé le 20 avril. Sa patente est signée par Jean-Baptiste Pyron au nom du Suprême Conseil de France, qui avait alors cessé de se réunir. Jean-Pascal Rouyer, membre du 33e degré en France depuis 1811, en prend la tête, avec Jean-Augustin Crassous de Médeuil comme lieutenant-commandeur.
Le 1er avril 1817, un second corps naît d’une patente du comte de Grasse-Tilly, artisan de l’implantation du Rite écossais ancien et accepté en France. Ce Suprême Conseil dit « militaire », présenté officiellement le 29 juin, réunit Nicolas-Joseph Daine, le prince de Gavre, le duc Bernard de Saxe-Weimar et d’autres officiers. Des négociations s’ouvrent le 7 juillet ; un protocole est signé le 28 juillet et le traité de fusion devient officiel le 6 décembre 1817.
Les règles de 1818

Le règlement adopté en décembre 1818 reprend la répartition fixée en France par le concordat de 1804 : les grades jusqu’au 18e relèvent du Grand Orient, les grades supérieurs du Suprême Conseil. Ce principe, souvent remis en cause, structure durablement les rapports entre obédience symbolique et juridiction des hauts grades en Belgique.
Portée : du royaume uni à la Belgique
Lors de la révolution belge de 1830, le corps prend le nom de Suprême Conseil de Belgique. Il soutient la naissance du Grand Orient de Belgique en 1833, puis rompt avec lui en 1854, lorsque l’obédience autorise les débats politiques et religieux en loge. Une convention signée en 1880, pour le cinquantenaire du pays, fixe à nouveau le partage : grades symboliques au Grand Orient, grades du 4e au 33e au Suprême Conseil.
Postérité et mémoire
Le Suprême Conseil de Belgique traverse le XIXe siècle et une bonne partie du XXe sans bouleversement majeur ; le catalogue de la Bibliothèque nationale de France le recense pour la période 1817-1960. Plusieurs juridictions écossaises belges actuelles revendiquent l’héritage de 1817, dont la double filiation, française par Rouyer et par Grasse-Tilly, demeure un sujet d’étude pour les historiens du rite.
Repères chronologiques
- 1804 : concordat entre le Grand Orient de France et le Suprême Conseil de France.
- 13 octobre 1816 : le prince Frédéric Grand Maître du Grand Orient des Pays-Bas.
- 16 mars 1817 : création du Suprême Conseil des Pays-Bas à Bruxelles.
- 1er avril 1817 : patente de Grasse-Tilly pour le Suprême Conseil dit militaire.
- 6 décembre 1817 : fusion officielle des deux Suprêmes Conseils.
- 1830 : le corps devient Suprême Conseil de Belgique.
- 1880 : convention de partage des grades avec le Grand Orient de Belgique.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Suprême Conseil, Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Patente.

