Création de la cantate Die Maurerfreude de Mozart à Vienne, 24 avril 1785 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le 24 avril 1785, à Vienne, la loge Zur gekrönten Hoffnung entend pour la première fois Die Maurerfreude, « La Joie maçonnique », cantate K. 471 de Wolfgang Amadeus Mozart pour ténor, chœur d’hommes et orchestre. Composée quatre jours plus tôt, elle rend hommage à Ignaz von Born, maître en chaire de la loge Zur wahren Eintracht, honoré par l’empereur Joseph II pour ses travaux scientifiques. Leopold Mozart assiste à la fête. Écrite en mi bémol majeur, tonalité maçonnique par excellence, l’œuvre est l’une des plus accomplies du répertoire de loge.

Date : 24 avril 1785
Lieu : Vienne, Autriche

Le contexte : l’apogée maçonnique de Vienne

Création de la cantate Die Maurerfreude de Mozart à Vienne, 24 avril 1785
Source : Wikimedia Commons – Sine nomine – CC0

Au printemps 1785, la franc-maçonnerie viennoise vit ses plus belles heures. Les huit loges de la ville comptent l’élite de la capitale et la Grande Loge nationale d’Autriche, fondée un an plus tôt, fédère quarante-cinq ateliers. Mozart, initié le 14 décembre 1784, vient de franchir rapidement les grades. Les tenues de fête, avec musique, banquet et discours, sont des événements mondains où se produisent les meilleurs musiciens de la ville.

Le dédicataire : Ignaz von Born

Minéralogiste et métallurgiste réputé, Ignaz von Born (1742-1791) est maître en chaire de Zur wahren Eintracht et le guide spirituel de la maçonnerie viennoise. En 1785, ses découvertes scientifiques lui valent d’être fait chevalier d’Empire par Joseph II. Ses frères organisent en son honneur une fête de loge, pour laquelle Mozart compose la cantate, sur un texte du frère Franz Petran.

L’œuvre

Achevée le 20 avril 1785, Die Maurerfreude (K. 471) est écrite pour ténor solo, chœur d’hommes et un orchestre de deux hautbois, une clarinette, deux cors et cordes. La partition, en quatre mouvements, est en mi bémol majeur : trois bémols à la clé, comme les trois coups et les trois grades, ce qui en fait la tonalité maçonnique par excellence. Le texte célèbre la sagesse, la vérité et la joie de l’homme éclairé qui pénètre les secrets de la nature, image transparente de Born lui-même.

La création du 24 avril 1785

Création de la cantate Die Maurerfreude de Mozart à Vienne, 24 avril 1785
Source : Wikimedia Commons – Josef Grassi – Public domain

La cantate est exécutée le 24 avril 1785 à la loge Zur gekrönten Hoffnung, « L’Espérance couronnée », l’une des plus anciennes de Vienne, à laquelle Mozart et son père sont liés. Leopold Mozart, récemment reçu en maçonnerie et sur le point de regagner Salzbourg, assiste à la cérémonie. L’œuvre est ensuite publiée, contribuant à la renommée maçonnique du compositeur.

Place dans le répertoire maçonnique

Die Maurerfreude s’inscrit dans une série cohérente : le lied Gesellenreise (K. 468) en mars 1785, la Musique funèbre maçonnique (K. 477) en juillet, deux chants pour Zur neugekrönten Hoffnung (K. 483 et 484) après la réforme de Joseph II, la cantate K. 619 et la petite cantate K. 623 en 1791. Elle annonce l’univers symbolique de La Flûte enchantée, où Born est souvent reconnu dans le personnage de Sarastro.

Postérité

Régulièrement donnée en concert et enregistrée par les grands chefs mozartiens, Die Maurerfreude reste l’une des pièces les plus jouées lors des tenues musicales et des célébrations d’obédiences. Elle témoigne de la manière dont la loge a offert à Mozart à la fois un public, une source d’inspiration et un langage symbolique, de la tonalité aux rythmes ternaires.

Repères chronologiques

  • 12 mars 1781 : fondation de la loge Zur wahren Eintracht.
  • 14 décembre 1784 : initiation de Mozart.
  • 26 mars 1785 : lied Gesellenreise (K. 468).
  • 20 avril 1785 : achèvement de Die Maurerfreude.
  • 24 avril 1785 : création à la loge Zur gekrönten Hoffnung.
  • Juillet 1785 : Musique funèbre maçonnique (K. 477).
  • Novembre 1791 : petite cantate maçonnique K. 623.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Rap, musiques populaires et imaginaire antimaçonnique (antimaçonnisme), Tenue blanche fermée, Sautoir de Vénérable Maître, Banquet d’ordre.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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