Fondation de la loge La Parfaite Union à Besançon, 1771 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Au début des années 1770, une seconde loge apparaît à Besançon, capitale de la Franche-Comté et ville de parlement : La Parfaite Union. Elle naît vers 1771 et obtient en 1772 sa constitution régulière de la loge La Sincérité, fondée en 1764. Une chronologie en ligne attribue sa fondation à un groupe de magistrats bisontins, parmi lesquels l’avocat Antoine-Melchior Nodier, père de l’écrivain Charles Nodier, ce qu’aucune source indépendante consultée ne confirme. Unie à La Sincérité en 1786, elle survit dans le nom d’une loge toujours active.

Date : 1771-1772
Lieu : Besançon, Franche-Comté (France)

Besançon, ville de parlement et de garnison

Fondation de la loge La Parfaite Union à Besançon, 1771
Source : Wikimedia Commons – André Dutertre – Public domain

Rattachée au royaume de France depuis 1678, Besançon est au XVIIIe siècle une capitale provinciale où siègent le Parlement de Franche-Comté et l’intendance. La ville compte une forte population de magistrats, d’avocats, d’ecclésiastiques et d’officiers de la garnison. Ce milieu cultivé, ouvert aux idées des Lumières, fournit à la franc-maçonnerie l’essentiel de son recrutement, comme dans la plupart des villes parlementaires du royaume.

La Sincérité, loge mère

La première loge régulière de la ville, La Sincérité, est attestée dès juin 1764 ; une tenue du 3 décembre 1764 est documentée par ses archives. Son premier Grand Maître est l’intendant Charles-André de Lacoré. Elle réunit nobles, parlementaires et une trentaine d’ecclésiastiques, et se signale par ses œuvres charitables, comme l’achat de blé lors de la disette de 1778. Elle deviendra en 1780 un foyer du Régime écossais rectifié et essaimera jusqu’en Suisse, au Locle.

La naissance de La Parfaite Union

La Parfaite Union se forme au début des années 1770, à côté de La Sincérité. Les archives départementales du Doubs datent son existence régulière de 1772, lorsqu’elle demande à La Sincérité une constitution en bonne et due forme ; la date de 1771, retenue par certaines chronologies, correspond vraisemblablement à la réunion de ses premiers membres. Selon ces mêmes chronologies, des magistrats bisontins auraient été à l’origine de l’atelier. Les documents d’archives publiés en ligne n’en donnent pas la liste nominative.

Antoine-Melchior Nodier, une participation à vérifier

Fondation de la loge La Parfaite Union à Besançon, 1771
Source : Wikimedia Commons – Wikipedro – CC BY-SA 4.0

Né à Besançon le 20 mai 1738, Antoine-Melchior Nodier entre en 1757 à l’Oratoire, à Lyon, comme confrère laïc, et enseigne les humanités à Salins et à Lyon. Reçu avocat au Parlement de Besançon en 1768, il devient sous la Révolution maire de la ville en novembre 1790, puis président du tribunal criminel du Doubs. Il meurt à Besançon en octobre 1808. Son fils Charles, né en 1780, deviendra l’un des maîtres du romantisme. Sa participation à la fondation de La Parfaite Union n’est mentionnée que par une chronologie en ligne et n’a pas pu être recoupée : elle doit être tenue pour non vérifiée.

La réunion de 1786

En 1786, La Parfaite Union s’unit à La Sincérité pour former la loge Sincérité et Parfaite Union, rattachée au Régime écossais rectifié. Sous la Révolution, l’atelier entre en sommeil, soupçonné d’entretenir une opposition. Il rouvre ses portes en 1800. En 1845, il fusionne avec La Constante Amitié, installée en 1819, pour former la loge Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié réunies.

Postérité et mémoire

La loge issue de ces fusions est toujours active et revendique la filiation de 1764 ; la maçonnerie bisontine a célébré ses 250 ans en 2014. Elle se réunit depuis 1852 dans l’ancienne chapelle des Antonins, devenue temple maçonnique. Ses archives et sa bibliothèque, déposées aux Archives municipales de Besançon et aux Archives départementales du Doubs, permettent aujourd’hui de reconstituer l’histoire des loges comtoises, de Choderlos de Laclos, membre de la loge Henri IV, au penseur Pierre-Joseph Proudhon, initié à Besançon.

Repères chronologiques

  • 1764 : fondation de la loge La Sincérité, sous l’intendant de Lacoré.
  • 1768 : Antoine-Melchior Nodier reçu avocat au Parlement de Besançon.
  • 1771-1772 : naissance et constitution régulière de La Parfaite Union.
  • 1780 : La Sincérité adopte le Régime écossais rectifié.
  • 1786 : union de La Sincérité et de La Parfaite Union.
  • 1845 : fusion avec La Constante Amitié.
  • 1852 : installation dans l’ancienne chapelle des Antonins.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Maître de loge ou Maître en chaire, Vénérable (Vénérable Maître en chaire), Pierre-Joseph Proudhon (Personnalité).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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