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Le 25 décembre 1759, Carl Friedrich Eckleff institue à Stockholm le Grand Chapitre, qui devient la plus haute instance du système maçonnique suédois. Fonctionnaire de la chancellerie des Affaires étrangères, déjà fondateur en 1756 de la loge écossaise L’Innocente, Eckleff couronne ainsi l’édifice des grades suédois par des degrés de Chapitre d’inspiration templière. Il en restera le maître jusqu’en 1774, seul particulier à avoir exercé cette charge avant qu’elle ne passe au duc Charles puis à la famille royale. L’origine de sa patente et de ses rituels reste l’une des énigmes de l’histoire maçonnique scandinave.
Date : 25 décembre 1759
Lieu : Stockholm, Suède
Le contexte : des grades de Saint-Jean aux grades de Chapitre

En quelques années, la maçonnerie suédoise s’est structurée : loge Saint-Jean Auxiliaire en 1752, élection du Grand Maître national Carl Fredrik Scheffer en 1753, fondation par Eckleff de la loge de Saint-André L’Innocente en 1756. Au-delà des grades écossais, l’Europe des années 1750 voit se multiplier des degrés chevaleresques et templiers. Eckleff entend doter la Suède d’un sommet capable de les régir.
L’événement : la fondation du 25 décembre 1759
Le 25 décembre 1759, Eckleff institue le Grand Chapitre (storkapitel), qui forme la division supérieure du système suédois et gouverne les grades à partir du septième. Il en devient ordensmästare, maître de l’Ordre. Selon Henrik Bogdan, les degrés de Chapitre, d’inspiration templière, proviendraient de Genève. Un document de présentation du Rite suédois reconnaît toutefois que l’origine de la patente et des rituels n’a pas pu être déterminée.
L’homme : un fonctionnaire de la chancellerie
Né le 25 juin 1723, Carl Friedrich Eckleff est entré en 1743 à la chancellerie des Affaires étrangères. Au moment de la fondation, il en est le greffier ; à l’automne 1759, il est écarté du poste de second secrétaire d’expédition, mais reçoit en janvier 1760 le titre de secrétaire de chancellerie. Les chronologies maçonniques ajoutent qu’il se prévalait d’une accréditation étrangère l’autorisant à créer des loges ; ce point, comme l’origine de ses fameux « Actes », reste discuté.
Un rayonnement au-delà de la Suède

Le Grand Chapitre de Stockholm attire l’attention des maçons étrangers. Eckleff autorise notamment Johann Wilhelm von Zinnendorf, futur fondateur de la Grande Loge nationale des francs-maçons d’Allemagne, à constituer un chapitre ; la Stricte Observance templière en contestera la validité. Le système suédois commence ainsi à s’exporter vers l’Allemagne, où il prospère encore aujourd’hui.
Portée : le sommet du Rite suédois
Avec le Grand Chapitre, la maçonnerie suédoise compte, dans les années 1760, neuf degrés en trois classes : Saint-Jean, Saint-André et Chapitre. Le duc Charles de Sudermanie est reçu au Grand Chapitre le 4 mai 1773 et succède à Eckleff en 1774. Ses révisions aboutiront au Rite suédois en dix degrés, dont les grades VII à X sont aujourd’hui encore les grades de Chapitre, couronnés par la dignité de Chevalier Commandeur de la Croix rouge.
Postérité et mémoire
Eckleff fut le premier et le seul particulier à exercer la maîtrise de l’Ordre ; après lui, la charge revient au duc Charles, devenu le roi Charles XIII, puis à ses successeurs royaux. Le Grand Chapitre fondé en 1759 reste ainsi l’institution qui donne à la maçonnerie suédoise son caractère d’Ordre chrétien et hiérarchisé, très différent des obédiences françaises.
Repères chronologiques
- 1752 : fondation de la loge Saint-Jean Auxiliaire.
- 1756 : Eckleff fonde la loge écossaise L’Innocente.
- 25 décembre 1759 : institution du Grand Chapitre.
- 1760 : création de la Grande Loge de Suède.
- 4 mai 1773 : réception du duc Charles au Grand Chapitre.
- 1774 : le duc Charles succède à Eckleff.
- 1800 : achèvement du Rite suédois en dix degrés.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Rite suédois (Rite maçonnique), Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Stricte observance templière (Rite maçonnique).

