Fondation de la loge Saint-Jean Auxiliaire à Stockholm, 1752 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En 1752, le comte Knut Posse fonde à Stockholm la loge Saint-Jean Auxiliaire, avec l’appui du comte Carl Fredrik Scheffer. Considérée comme la première loge régulièrement constituée de Suède, elle absorbe bientôt l’atelier privé que le comte Axel Wrede-Sparre animait depuis 1735, qui lui transmet ses rituels et ses documents. Proclamée « loge mère » du royaume, elle domine la maçonnerie suédoise des années 1750 et sert de socle à la Grande Loge nationale. C’est le point de départ institutionnel de l’Ordre maçonnique suédois et de son rite si particulier.

Date : 1752
Lieu : Stockholm, Suède

Le contexte : une maçonnerie importée de France

Fondation de la loge Saint-Jean Auxiliaire à Stockholm, 1752
Source : Wikimedia Commons – Alexander Roslin – Public domain

La maçonnerie suédoise est née dans le sillage de la France. Le comte Axel Wrede-Sparre (1708-1772), officier, est reçu dans une loge parisienne en 1731, dans un milieu marqué par les exilés jacobites. Revenu à Stockholm, il initie le 17 mars 1735 son beau-frère, l’homme d’État Carl Gustaf Tessin, et ouvre une loge privée sur l’île de Riddarholmen, qui travaille en français. En 1737, Carl Fredrik Scheffer est à son tour initié à Paris et reçoit en novembre une patente de Charles Radclyffe, comte de Derwentwater, l’autorisant à ouvrir des loges en Suède.

Les années suivantes sont incertaines. Une ancienne encyclopédie suédoise rapporte qu’un décret de Frédéric Ier, daté du 31 octobre 1738, aurait interdit les réunions maçonniques sous peine de mort, avant d’être révoqué ; elle précise elle-même que ni ce décret ni la médaille censée commémorer sa levée ne sont attestés. D’autres ateliers apparaissent ponctuellement, comme la loge du général Keith en 1743-1744 ou une loge Kilwinning installée temporairement à Ystad en 1746.

L’événement : la naissance d’une loge régulière

En 1752, le comte Knut Posse fonde à Stockholm la loge Saint-Jean Auxiliaire. Selon l’historien Henrik Bogdan, elle est généralement tenue pour la première loge suédoise régulièrement constituée et travaille sous une patente d’origine française. Le soutien de Scheffer, détenteur de la patente de 1737, lui donne une légitimité que n’avaient pas les ateliers privés antérieurs. La loge prend le titre de « loge mère » de Suède.

La réunion avec la loge de Wrede-Sparre

Peu après, Wrede-Sparre et les membres de son ancienne loge rejoignent Saint-Jean Auxiliaire ; selon le dictionnaire maçonnique de Lennhoff et Posner, il y entre en 1753 avec huit de ses frères. Il remet au nouvel atelier ses rituels, ses documents et la patente Radclyffe : la continuité avec la maçonnerie de 1735 est ainsi assurée. Les archives de sa loge sont aujourd’hui conservées par la Grande Loge de Stockholm. Wrede-Sparre se retire ensuite de la vie maçonnique, mais il reste considéré comme l’un des fondateurs de la maçonnerie suédoise.

Les acteurs

Fondation de la loge Saint-Jean Auxiliaire à Stockholm, 1752
Source : Wikimedia Commons – Gustaf Lundberg – Public domain

Knut Posse, comte, est le fondateur de la loge. Carl Fredrik Scheffer (1715-1786), diplomate en poste à Paris dans les années 1740, puis conseiller du royaume à partir de 1751, sera élu Grand Maître national en 1753 et deviendra en 1756 gouverneur du futur Gustave III. Axel Wrede-Sparre, enfin, apporte l’héritage de la première loge du pays.

Portée : vers un Ordre national

Saint-Jean Auxiliaire structure la maçonnerie suédoise des années 1750. Dès 1753, Scheffer est élu Grand Maître national et le roi Adolphe-Frédéric devient protecteur des loges ; la même année, les maçons fondent à Stockholm une maison pour enfants, l’actuel Frimurarbarnhuset. En juin 1757, la loge Saint-Édouard est reconstituée en coopération avec Saint-Jean Auxiliaire. Viendront ensuite les grades écossais d’Eckleff (1756), le Grand Chapitre (1759) et la Grande Loge de Suède (1760).

Postérité et mémoire

Toute l’histoire de l’Ordre maçonnique suédois remonte à ce moment fondateur. Retravaillé par le duc Charles, futur Charles XIII, le système suédois devient un rite en dix degrés. L’Ordre revendique aujourd’hui environ 12 600 membres en Suède et 1 400 en Finlande, et se réunit à Stockholm dans le palais Bååt, aménagé en temple maçonnique en 1874-1877.

Repères chronologiques

  • 1731 : Axel Wrede-Sparre est reçu maçon à Paris.
  • 17 mars 1735 : initiation de Carl Gustaf Tessin à Stockholm.
  • 1737 : Carl Fredrik Scheffer, initié à Paris, reçoit une patente pour la Suède.
  • 1752 : Knut Posse fonde la loge Saint-Jean Auxiliaire.
  • 1753 : Scheffer est élu Grand Maître national ; Adolphe-Frédéric devient protecteur.
  • 1756 : fondation de la loge écossaise L’Innocente par Eckleff.
  • 1760 : création de la Grande Loge de Suède.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Mère, Rite suédois (Rite maçonnique), Grand Maître, Patente.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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