Fondation de la loge écossaise d’Étienne Morin à Bordeaux, 1745 (date historique)

Gardez cet article avec vous
Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
+ frais de traitement
Vous avez un code promo ?

Glossaire de la franc-maçonnerie

En 1745, le négociant Étienne Morin, actif entre Bordeaux et les Antilles, fonde à Bordeaux une loge écossaise qui travaille au-delà du grade de maître, l’un des premiers ateliers français à le faire. Connue selon les sources comme Parfaite Loge d’Écosse ou loge des Élus parfaits, elle réunit des frères déjà membres des trois loges bordelaises. Par Morin, qui portera ensuite ses grades à Saint-Domingue et en Amérique, cette fondation s’inscrit dans la longue genèse du Rite de perfection, puis du Rite écossais ancien et accepté.

Date : 1745
Lieu : Bordeaux, France

Bordeaux, port maçonnique

Fondation de la loge écossaise d’Étienne Morin à Bordeaux, 1745
Source : Wikimedia Commons – Joseph Vernet – Public domain

Grand port atlantique tourné vers les Antilles, Bordeaux accueille très tôt la maçonnerie. En 1732, trois marins britanniques ou irlandais, Martin Kelly, Nichols Staimton et Jonathan Robinson, y fondent la loge L’Anglaise, qui se réunit dans une auberge des Chartrons et travaille en anglais. En 1742, l’intendant Claude Boucher décrit la confrérie comme très suspecte, sans pouvoir en pénétrer les secrets.

Les grades écossais

Dans les années 1740 apparaissent en France des grades dits écossais, qui prétendent compléter la maîtrise. Leurs titulaires, les maîtres écossais, revendiquent des prérogatives que la Grande Loge de Paris juge excessives : ses règlements de décembre 1743 entendent les ramener au rang de simples apprentis et compagnons. La fondation bordelaise de 1745 s’inscrit dans ce mouvement qui donnera naissance aux hauts grades.

La loge de 1745

La loge fondée par Morin se distingue par son travail au-delà du grade de maître, ce qui en fait sans doute l’un des premiers ateliers français dans ce cas. Ses fondateurs appartiennent déjà aux trois loges bordelaises existantes. Son nom varie selon les sources : Parfaite Loge d’Écosse, Grande Loge d’Écosse ou Élus parfaits. Le jour précis de la fondation n’est pas connu.

Étienne Morin

Né vers 1717, peut-être dans la région de Cahors, Étienne Morin est un négociant établi au début des années 1740 à Fort-Royal, en Martinique. Au début de 1744, à Antigua, il reçoit le grade de l’Arche royale de William Matthews. Capturé par les Anglais au début de 1745 et conduit à Londres, il y fait confirmer la régularité de ses grades. En 1748, il participe à la fondation d’une loge écossaise au Cap-Français, à Saint-Domingue.

La patente et le Rite du royal secret

Fondation de la loge écossaise d’Étienne Morin à Bordeaux, 1745
Source : Wikimedia Commons – Nicolas-Gabriel Dupuis – Public domain

À Paris, Morin obtient une patente le nommant Grand Inspecteur pour toutes les parties du monde, connue seulement par des copies tardives, peut-être enjolivées par lui. Aux Antilles, il propage le Rite du royal secret, ou Rite de perfection, en vingt-cinq degrés. En 1767, Henry Andrew Francken transmet ce rite à Albany, aux États-Unis. Morin meurt ruiné à Kingston, en Jamaïque, et est inhumé le 17 novembre 1771.

Postérité

Le système de Morin est à l’origine du Rite écossais ancien et accepté, organisé en trente-trois degrés par le Suprême Conseil fondé à Charleston en 1801. La loge de 1745 est ainsi revendiquée comme un jalon de la genèse du REAA ; Bordeaux a honoré la mémoire de Morin, notamment lors d’une célébration en juin 2013.

Repères chronologiques

  • 1732 : fondation de la loge L’Anglaise à Bordeaux.
  • 11 décembre 1743 : règlements de la Grande Loge de Paris visant les maîtres écossais.
  • 1744 : Morin reçoit l’Arche royale à Antigua.
  • 1745 : fondation de la loge écossaise de Bordeaux.
  • 1748 : loge écossaise au Cap-Français, à Saint-Domingue.
  • 1767 : Francken transmet le Rite du royal secret à Albany.
  • 1801 : Suprême Conseil de Charleston et Rite écossais ancien et accepté.

Le saviez-vous ?

Bordeaux joua encore un rôle dans l’histoire des hauts grades après Morin : en 1762, Martinès de Pasqually y créa le chapitre de la Française élue écossaise, non reconnu par la Grande Loge de France et suspendu après l’abolition, en 1766, des constitutions des grades supérieurs aux trois premiers.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

Glossaire de la franc-maçonnerie

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles en relation avec ce sujet

Titre du document

DERNIERS ARTICLES