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Le 21 janvier 1741, le margrave Frédéric III de Brandebourg-Bayreuth fonde dans sa résidence une loge de langue française, la loge du château, qu’il érige aussitôt en Grande Loge mère. Une loge de ville, germanophone, suit le 4 décembre 1741, et les deux reçoivent du prince le nom de Zur Sonne, « Au Soleil ». De cette initiative princière naît la Grande Loge Zur Sonne, qui fédère au XIXe siècle les loges de Franconie et de Bavière. Bayreuth reste un haut lieu maçonnique : la ville abrite depuis 1902 le Musée allemand de la franc-maçonnerie.
Date : 21 janvier 1741
Lieu : Bayreuth, Allemagne
Une cour princière éclairée

Beau-frère de Frédéric II de Prusse par son mariage avec Wilhelmine, sœur du roi, le margrave Frédéric de Brandebourg-Bayreuth fait de sa petite capitale franconienne un foyer artistique et intellectuel. L’influence prussienne est déterminante : Frédéric II, initié en 1738, a donné à la maçonnerie un prestige princier que les cours allemandes s’empressent d’imiter.
La fondation du 21 janvier 1741
Le 21 janvier 1741, le margrave fonde une loge du château (Schlossloge) de langue française, qu’il élève immédiatement au rang de Grande Loge mère. Le 4 décembre 1741 est créée une loge de ville germanophone, fille de la précédente. Le prince donne aux deux ateliers le nom de Zur Sonne. Kronobase évoque une Grande Loge fondée en 1741 : c’est exact au sens de loge mère, mais la Grande Loge Zur Sonne au sens moderne ne se constitue qu’au début du XIXe siècle.
Les acteurs
Le margrave Frédéric III (1711-1763) est l’homme du célèbre opéra des Margraves de Bayreuth, construit à l’initiative de son épouse. Wilhelmine, femme de lettres et compositrice, est mentionnée comme Grande Maîtresse d’une possible loge d’adoption ou loge des Mopses à Bayreuth vers 1751-1753. Le couple incarne la sociabilité aristocratique qui porte alors la maçonnerie dans le Saint-Empire.
Incendie, fusion et réorganisation
En 1753, la loge du château perd son lieu de réunion dans l’incendie du château ; les sources divergent sur la date de sa fusion avec la loge de ville, en 1753 ou en 1763, après la mort du margrave. Le 27 septembre 1810, la loge de Bayreuth se constitue en Grande Loge provinciale Zur Sonne, sous patente de la Grande Loge de Prusse Royal York à l’Amitié. Le 24 janvier 1811, quatre loges adoptent une charte d’union, et la loge de Bayreuth prend le nom d’Eleusis zur Verschwiegenheit.
L’indépendance, l’épreuve et la renaissance

Le 29 septembre 1829, l’obédience rompt sa dépendance envers Royal York et reprend ses droits de Grande Loge Zur Sonne. Le 30 avril 1933, elle se dissout elle-même pour devancer l’interdiction nazie. Officiellement réactivée le 21 janvier 1948 comme Grande Loge Zur Sonne de Bavière, elle fusionne le 19 juin 1949 dans la Grande Loge unie d’Allemagne, devenue la Grande Loge des Anciens Maçons Libres et Acceptés d’Allemagne.
Postérité : le musée de Bayreuth
La maison de loge de Bayreuth accueille depuis 1902 le Musée allemand de la franc-maçonnerie (Deutsches Freimaurermuseum), qui conserve objets, tabliers, documents et bibliothèque. La fondation de 1741 fait ainsi de Bayreuth l’une des capitales historiques de la maçonnerie allemande.
Repères chronologiques
- 14-15 août 1738 : initiation de Frédéric de Prusse à Brunswick.
- 21 janvier 1741 : fondation de la loge du château de Bayreuth.
- 4 décembre 1741 : fondation de la loge de ville Zur Sonne.
- 1753 : incendie du château de Bayreuth.
- 27 septembre 1810 : Grande Loge provinciale Zur Sonne.
- 29 septembre 1829 : Grande Loge Zur Sonne indépendante.
- 1902 : fondation du Musée allemand de la franc-maçonnerie à Bayreuth.
Le saviez-vous ?
Bayreuth a gardé une mémoire maçonnique vivante : le nom de l’écrivain Jean Paul, qui vécut et mourut dans la ville, a été donné en 1927 à une loge de Cobourg. Quant à la loge de Bayreuth, devenue Eleusis zur Verschwiegenheit en 1811, elle a accueilli dans sa maison la fondation du Musée allemand de la franc-maçonnerie.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Mère, Grande Loge, Loge d’Adoption, Temple maçonnique commémoratif de Montréal (Musée maçonnique).

