Rédaction du manuscrit Cooke, vers 1410 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le manuscrit Cooke est le deuxième plus ancien des « Anciens Devoirs » de la maçonnerie anglaise et le premier rédigé en prose. Copié sur vélin au début du XVe siècle, vers 1400-1410 selon le spécialiste Wallace McLeod, vers 1450 selon d’autres historiens, il retrace l’histoire légendaire de la géométrie depuis les fils de Lamech jusqu’au roi Athelstan, puis énonce neuf articles et neuf points de conduite. Conservé à la British Library, publié en 1861 par Matthew Cooke, il est à l’origine de presque toute la tradition des Old Charges et a nourri les Constitutions d’Anderson de 1723.

Date : vers 1410 (datation discutée : 1400-1450)
Lieu : Angleterre (probablement Midlands de l’Ouest), Royaume-Uni

Le contexte : écrire l’histoire d’un métier

Rédaction du manuscrit Cooke, vers 1410
Source : Wikimedia Commons – Attributed to Meliacin Master – Public domain

Au début du XVe siècle, les maçons anglais disposent déjà d’un texte versifié, le poème Regius, qui associe légende et règles de conduite. Le manuscrit Cooke reprend cette ambition dans une forme nouvelle : une prose savante, nourrie de la Bible et de la tradition des Pères de l’Église, qui inscrit le métier de maçon dans l’histoire sacrée et dans la culture des arts libéraux. Les deux textes sont proches : la British Library les présente comme apparentés, et les études récentes situent leur rédaction dans des régions voisines de l’ouest de l’Angleterre.

Le document

Il s’agit d’un petit livre de feuillets de vélin relié entre des plats de chêne, d’environ 11 centimètres sur 9. Il est conservé à la British Library sous la cote Additional MS 23198. Son texte compte environ 960 lignes. Il doit son nom à Matthew Cooke, qui en publia une édition à Londres en 1861.

La datation a varié. Une erreur de lecture, qui faisait lire « imprimé » là où le texte dit « prouvé », avait d’abord conduit à le placer après 1482. Corrigée, elle a laissé place à une date vers 1450, retenue par l’historien Hughan. Wallace McLeod, auteur de la classification de référence des Old Charges, date la copie de 1400-1410, et l’article de Wikipédia sur les Anciens Devoirs retient « vers 1420 ». La date de 1410 doit donc être prise comme un ordre de grandeur.

Une histoire sacrée de la géométrie

Le texte s’ouvre sur une invocation à Dieu et un éloge des sept arts libéraux, au premier rang desquels la géométrie. Il raconte ensuite comment les enfants de Lamech inventèrent les sciences : Jabal la géométrie et la maçonnerie, Jubal la musique, Tubal Caïn le travail des métaux, Naamah le tissage. Craignant un châtiment divin par le feu ou par l’eau, ils gravèrent leur savoir sur deux colonnes, l’une de marbre qui ne brûle pas, l’autre d’une pierre qui ne coule pas. Le savoir passe ensuite par Nemrod, Abraham et Euclide en Égypte, puis gagne Israël, la France et enfin l’Angleterre d’Athelstan.

Le roi y apparaît comme le protecteur du métier : il aurait donné des devoirs aux maçons et autorisé leurs assemblées, et son plus jeune fils, épris de géométrie, serait lui-même devenu maçon. Suivent neuf articles et neuf points, plus concis que les quinze du Regius.

Une postérité considérable

Contrairement au Regius, le Cooke a fait souche. La plupart des quelque cent trente versions connues des Anciens Devoirs, copiées jusqu’au XVIIIe siècle, reprennent sa trame historique. Au moment de la naissance de la Grande Loge de Londres, le manuscrit semble avoir été entre les mains de George Payne, grand maître, lorsqu’il compila en 1720 les Règlements généraux. James Anderson en utilisa aussi des passages pour ses Constitutions de 1723. Une copie en fut faite en 1728 par William Reid, grand secrétaire : c’est le manuscrit Woodford.

Pourquoi il compte aujourd’hui

Le Cooke offre aux francs-maçons un lien documenté entre la culture des bâtisseurs médiévaux et les textes fondateurs de la maçonnerie spéculative. Les deux colonnes, la place de la géométrie, la figure d’Athelstan ou la légende de l’assemblée de York trouvent ici une de leurs plus anciennes formulations écrites. Il reste un texte de métier : il ne décrit ni grades ni rituel d’initiation.

Repères chronologiques

  • Vers 1390 ou 1425-1450 : poème Regius.
  • Vers 1400-1450 : manuscrit Cooke.
  • 1583 : manuscrit Grand Lodge n° 1.
  • 1720 : George Payne compile les Règlements généraux.
  • 1723 : publication des Constitutions d’Anderson.
  • 1728 : copie du Cooke par William Reid (manuscrit Woodford).
  • 1861 : édition du texte par Matthew Cooke à Londres.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Anciens Devoirs (Old Charges), Rédaction du manuscrit Regius, vers 1390 (date historique), Colonnes, Géométrie, James Anderson (Auteur).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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