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Le Rite émulation est le rituel de référence de la Grande Loge unie d’Angleterre. Il est issu des travaux de la Loge de réconciliation, réunie après l’union de 1813 entre « Anciens » et « Modernes », dont le rituel est approuvé en 1816. Il tient son nom de l’Emulation Lodge of Improvement, loge d’instruction fondée à Londres en 1823 pour le transmettre. Il comprend trois grades symboliques, sans hauts grades propres, l’Arche royale en constituant le prolongement. Pratiqué dans des milliers de loges du monde anglophone, il l’est aussi en France, notamment à la GLNF.
Le rite trouve sa source dans la querelle qui divise la maçonnerie anglaise au XVIIIe siècle. La Première Grande Loge, fondée en 1717 et dite des « Modernes », pose les bases de ce qui deviendra le rite ; à partir de 1752, la Grande Loge des « Anciens » y apporte des modifications substantielles. L’acte d’union de 1813 réunit les deux courants dans la Grande Loge unie d’Angleterre, fondée en décembre de cette année-là.
Une Loge de réconciliation est alors chargée d’harmoniser les cérémonies ; son rituel est approuvé et confirmé par la Grande Loge en juin 1816. Le rite est ainsi présenté comme le symbole de la réconciliation des deux traditions. À partir de 1817, des loges d’instruction le codifient et l’enseignent.
Le 2 octobre 1823 se réunit pour la première fois l’Emulation Lodge of Improvement, sous le patronage de la Lodge of Unions n° 256. Réservée aux maîtres maçons, elle pratique le rituel avec la plus grande rigueur afin de former les officiers des autres loges, qui le transmettent à leur tour. Elle a donné son nom au rite. Son comité veille à maintenir le texte aussi proche que possible de la forme de 1816 et n’admet que les changements approuvés par la Grande Loge. L’Emulation Lodge démontre aussi depuis 1823 les « Lectures », instructions en forme de questions et réponses.
Le Rite émulation ne comporte que les trois grades de la maçonnerie symbolique :
- Apprenti
- Compagnon
- Maître
Il n’a pas de hauts grades propres. En Angleterre et dans le Commonwealth, les maçons peuvent rejoindre le chapitre de la Sainte Arche royale. En France, selon l’article de Wikipédia, ils passent d’abord par une loge de maîtres maçons de marque, puis par les chapitres de l’Arche royale, présentés comme le complément naturel du rite.
Le rite repose sur l’oralité et la mémoire : les cérémonies sont pratiquées intégralement par cœur. Il gravite autour des références universelles du métier de bâtisseur et proscrit tout discours qui mettrait en valeur tel ou tel frère. Sa grande stabilité, le texte n’ayant pas subi de changement majeur depuis le premier quart du XIXe siècle, est souvent avancée pour expliquer sa pérennité. À l’Emulation Lodge, le frère qui délivre un travail sans souffleur ni correction reçoit traditionnellement une boîte d’allumettes en argent gravée.
Le rite est pratiqué par plusieurs milliers de loges, surtout au Royaume-Uni et dans les pays de l’ancien empire britannique, et plus marginalement ailleurs. Il arrive en France environ un siècle après sa fixation, avec les soldats alliés de la Première Guerre mondiale. Il y est travaillé à la Grande Loge nationale française (GLNF), à la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra (GLTSO), à la Loge nationale française (LNF) et dans plusieurs autres obédiences. En Suisse, des loges de la Grande Loge suisse Alpina le pratiquent également.
La fixité du rite n’exclut pas quelques retouches décidées par la Grande Loge unie d’Angleterre : en 1964, une formulation alternative de la référence aux anciennes pénalités est approuvée ; en 1986, une résolution supprime ces pénalités symboliques des obligations. Le rituel imprimé de référence, Emulation Ritual, fait l’objet de rééditions régulières.
L’unification des cérémonies anglaises après 1813 supposait aussi l’accord des Grandes Loges d’Irlande et d’Écosse, ce qui conduisit à un accord international entre les trois grandes loges dites « mères ». Par ailleurs, lorsque la Grand Stewards’ Lodge cessa ses démonstrations dans les années 1860, l’Emulation Lodge of Improvement devint le principal lieu où les « Lectures » des trois grades continuaient d’être travaillées régulièrement, ce qui renforça encore son autorité sur la transmission du rite.
- Emulation: A Ritual to Remember, Colin F. W. Dyer, A. Lewis, 1973
- Emulation Ritual, Londres, 1991
- De la franc-maçonnerie opérative au rite émulation, David Taillades, Dervy
- L’Arche et l’Arc-en-Ciel, Neville Barker Cryer, trad. Georges Lamoine, Éditions SNES
- Les légendaires instructions mystiques au rituel anglais de style Émulation, John S. M. Ward, La Hutte, 3 vol.
Fruit de l’union de 1813, le Rite émulation incarne la maçonnerie anglaise dans ce qu’elle a de plus stable : trois grades, un texte quasi inchangé depuis 1816, une transmission par la mémoire. Arrivé en France au XXe siècle, il y est devenu une référence pour les obédiences attachées à la régularité anglo-saxonne.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.



Le Rite émulation est le rituel de référence de la Grande Loge unie d’Angleterre. Il est issu des travaux de la Loge de réconciliation, réunie après l’union de 1813 entre « Anciens » et « Modernes », dont le rituel est approuvé en 1816. Il tient son nom de l’Emulation Lodge of Improvement, loge d’instruction fondée à Londres en 1823 pour le transmettre. Il comprend trois grades symboliques, sans hauts grades propres, l’Arche royale en constituant le prolongement. Pratiqué dans des milliers de loges du monde anglophone, il l’est aussi en France, notamment à la GLNF.
Le rite trouve sa source dans la querelle qui divise la maçonnerie anglaise au XVIIIe siècle. La Première Grande Loge, fondée en 1717 et dite des « Modernes », pose les bases de ce qui deviendra le rite ; à partir de 1752, la Grande Loge des « Anciens » y apporte des modifications substantielles. L’acte d’union de 1813 réunit les deux courants dans la Grande Loge unie d’Angleterre, fondée en décembre de cette année-là.
Une Loge de réconciliation est alors chargée d’harmoniser les cérémonies ; son rituel est approuvé et confirmé par la Grande Loge en juin 1816. Le rite est ainsi présenté comme le symbole de la réconciliation des deux traditions. À partir de 1817, des loges d’instruction le codifient et l’enseignent.
Le 2 octobre 1823 se réunit pour la première fois l’Emulation Lodge of Improvement, sous le patronage de la Lodge of Unions n° 256. Réservée aux maîtres maçons, elle pratique le rituel avec la plus grande rigueur afin de former les officiers des autres loges, qui le transmettent à leur tour. Elle a donné son nom au rite. Son comité veille à maintenir le texte aussi proche que possible de la forme de 1816 et n’admet que les changements approuvés par la Grande Loge. L’Emulation Lodge démontre aussi depuis 1823 les « Lectures », instructions en forme de questions et réponses.
Le Rite émulation ne comporte que les trois grades de la maçonnerie symbolique :
- Apprenti
- Compagnon
- Maître
Il n’a pas de hauts grades propres. En Angleterre et dans le Commonwealth, les maçons peuvent rejoindre le chapitre de la Sainte Arche royale. En France, selon l’article de Wikipédia, ils passent d’abord par une loge de maîtres maçons de marque, puis par les chapitres de l’Arche royale, présentés comme le complément naturel du rite.
Le rite repose sur l’oralité et la mémoire : les cérémonies sont pratiquées intégralement par cœur. Il gravite autour des références universelles du métier de bâtisseur et proscrit tout discours qui mettrait en valeur tel ou tel frère. Sa grande stabilité, le texte n’ayant pas subi de changement majeur depuis le premier quart du XIXe siècle, est souvent avancée pour expliquer sa pérennité. À l’Emulation Lodge, le frère qui délivre un travail sans souffleur ni correction reçoit traditionnellement une boîte d’allumettes en argent gravée.
Le rite est pratiqué par plusieurs milliers de loges, surtout au Royaume-Uni et dans les pays de l’ancien empire britannique, et plus marginalement ailleurs. Il arrive en France environ un siècle après sa fixation, avec les soldats alliés de la Première Guerre mondiale. Il y est travaillé à la Grande Loge nationale française (GLNF), à la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra (GLTSO), à la Loge nationale française (LNF) et dans plusieurs autres obédiences. En Suisse, des loges de la Grande Loge suisse Alpina le pratiquent également.
La fixité du rite n’exclut pas quelques retouches décidées par la Grande Loge unie d’Angleterre : en 1964, une formulation alternative de la référence aux anciennes pénalités est approuvée ; en 1986, une résolution supprime ces pénalités symboliques des obligations. Le rituel imprimé de référence, Emulation Ritual, fait l’objet de rééditions régulières.
L’unification des cérémonies anglaises après 1813 supposait aussi l’accord des Grandes Loges d’Irlande et d’Écosse, ce qui conduisit à un accord international entre les trois grandes loges dites « mères ». Par ailleurs, lorsque la Grand Stewards’ Lodge cessa ses démonstrations dans les années 1860, l’Emulation Lodge of Improvement devint le principal lieu où les « Lectures » des trois grades continuaient d’être travaillées régulièrement, ce qui renforça encore son autorité sur la transmission du rite.
- Emulation: A Ritual to Remember, Colin F. W. Dyer, A. Lewis, 1973
- Emulation Ritual, Londres, 1991
- De la franc-maçonnerie opérative au rite émulation, David Taillades, Dervy
- L’Arche et l’Arc-en-Ciel, Neville Barker Cryer, trad. Georges Lamoine, Éditions SNES
- Les légendaires instructions mystiques au rituel anglais de style Émulation, John S. M. Ward, La Hutte, 3 vol.
Fruit de l’union de 1813, le Rite émulation incarne la maçonnerie anglaise dans ce qu’elle a de plus stable : trois grades, un texte quasi inchangé depuis 1816, une transmission par la mémoire. Arrivé en France au XXe siècle, il y est devenu une référence pour les obédiences attachées à la régularité anglo-saxonne.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.

