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Jean Zay, né à Orléans le 6 août 1904 et assassiné par des miliciens le 20 juin 1944 à Molles, dans l’Allier, est un avocat et homme politique radical, ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts du Front populaire de 1936 à 1939. Réformateur de l’école, initiateur du CNRS et du festival de Cannes, emprisonné par Vichy, il est entré au Panthéon en 2015. Il avait été initié en 1926 à la loge Étienne Dolet d’Orléans, du Grand Orient de France.
Une jeunesse orléanaise

Fils de Léon Zay, directeur du Progrès du Loiret, Jean Zay est élevé dans la foi protestante. Brillant élève du lycée d’Orléans, lauréat du concours général en 1922 et 1923, il fonde en 1925 avec René Berthelot et Roger Secrétain la revue Le Grenier, devenue Le Mail, et s’inscrit au barreau d’Orléans en 1928.
À dix-neuf ans, il compose un poème antimilitariste, Le Drapeau, qui, dérobé, sera exploité contre lui par l’extrême droite durant toute sa carrière, puis encore lors du débat sur sa panthéonisation.
Le plus jeune ministre de la IIIe République
Militant des Jeunesses laïques et républicaines puis du Parti radical, membre de la Ligue des droits de l’homme et responsable à la Ligue de l’enseignement, il est élu député du Loiret en 1932, à vingt-sept ans. Figure des « Jeunes Turcs » radicaux, il rédige en 1935 le rapport qui conduit son parti à rejoindre le Front populaire.
Sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil en 1936, il devient la même année ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts. Il prolonge la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, limite les effectifs des classes, développe l’éducation physique et les classes d’orientation, prépare la création du CNRS et propose en 1938 la création du festival de Cannes.
Du Massilia à l’assassinat
Démissionnaire en 1939 pour rejoindre l’armée, il embarque le 20 juin 1940 sur le Massilia avec d’autres parlementaires décidés à poursuivre la lutte. Arrêté au Maroc, il est condamné par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand à la déportation, peine commuée en internement. Détenu à Riom, cible d’une violente campagne antisémite et antimaçonnique de Vichy, il y rédige Souvenirs et solitude.
Le 20 juin 1944, des miliciens l’extraient de sa prison sous prétexte d’un transfert et l’assassinent près du Puits-du-Diable, à Molles. Réhabilité dès 1945, son corps n’est identifié qu’en 1947. Ses cendres sont transférées au Panthéon le 27 mai 2015.
Un franc-maçon de la loge Étienne Dolet

Jean Zay est initié le 24 janvier 1926, à vingt et un ans, à la loge Étienne Dolet d’Orléans, du Grand Orient de France, où son père avait lui-même été reçu. En 1931, il rejoint le groupe de libres-penseurs des « Émules d’Étienne Dolet ».
Son appartenance maçonnique est exploitée par la propagande de Vichy, qui le désigne comme « franc-maçon » dans ses attaques. En hommage, la fondation du Grand Orient de France a créé une chaire Jean-Zay à Sciences Po Bordeaux.
Principales œuvres
- Le Drapeau, 1924
- La Réforme de l’enseignement, 1938
- La Bague sans doigt (sous le pseudonyme de Paul Duparc), 1942
- Souvenirs et solitude, 1945
Une figure tutélaire de la maçonnerie républicaine
Laïque, républicain, réformateur de l’école publique et martyr de la Milice, Jean Zay incarne pour la franc-maçonnerie française, et singulièrement pour le Grand Orient de France, l’engagement d’un frère au service de l’instruction, de la culture et de la République. Son entrée au Panthéon a fait de lui l’un des francs-maçons les plus honorés de la mémoire nationale.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean Zay.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Libre pensée (antimaçonnisme), Loge Bleue ou Loge Symbolique..

