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Claude André Vuillaume, né à Messein, en Lorraine, et mort à Clermont-Ferrand à l’âge de 66 ans, est un fonctionnaire des finances et un franc-maçon français, auteur du célèbre Manuel maçonnique paru anonymement en 1820, connu sous le nom de « Tuileur de Vuillaume ». Vénérable de plusieurs loges du Grand Orient de France, membre et trésorier du Suprême Conseil de France, il a laissé l’un des ouvrages de référence pour la connaissance des rites pratiqués en France au début du XIXe siècle.
Un payeur aux armées de la Révolution
Fils de Pierre Vuillaume, vigneron, et d’Élisabeth Morlon, Claude André Vuillaume fait carrière dans l’administration financière militaire. De 1792 à 1800, il est payeur aux armées : armée de Belgique, armée dite de Miranda et armée des Ardennes en 1793, armée de Sambre-et-Meuse en 1794.
Devenu payeur du département de la Loire-Inférieure en 1798, il est nommé en 1800 payeur de la 13e division militaire à Rennes, poste qu’il occupe jusqu’en 1816. Il épouse en 1795 Marie-Thérèse Canel, dont il aura trois enfants.
Un notable rennais
À Rennes, Vuillaume siège au conseil municipal de 1805 à 1816, comme membre puis rapporteur de la commission des finances, et administre les hospices de 1811 à 1816. Il contribue en 1809 à la création d’une école gratuite de dessin, vraisemblablement héritière de l’académie de dessin de la ville, dont il fut directeur.
La chute de l’Empire marque une rupture : il reste sans emploi pendant quatorze ans, pour des raisons mal établies. En 1830, à soixante-trois ans, il est nommé payeur du Trésor public du Puy-de-Dôme, puis fait chevalier de la Légion d’honneur en 1831.
Vénérable, haut gradé et membre du Suprême Conseil
Le parcours maçonnique de Vuillaume est particulièrement riche. À Rennes, il appartient de 1804 à 1822 à la loge La Parfaite Union, dont il est vénérable maître en 1805 et plusieurs fois orateur. Il fréquente aussi les ateliers Émeth et La Clémente Amitié, puis, à Paris, L’Olivier Écossais, dont il est vénérable en 1828, et Les Propagateurs de la Tolérance.
Il fonde à Paris la loge et le chapitre Les Trinitaires, qu’il préside en 1829. Explorateur des hauts grades, il pratique le Rite écossais ancien et accepté, le Rite français, le rite des Sublimes élus de la Vérité ainsi que l’ordre du Christ et l’ordre des Priseurs. De 1821 à 1833, il est membre et trésorier du Suprême Conseil de France.
Le « Tuileur de Vuillaume »
En 1820 paraît chez Hubert & Brun, à Paris, un Manuel maçonnique signé « Par un Vétéran de la Maçonnerie ». Illustré de 32 planches dessinées par Vuillaume lui-même et reproduites en lithographie, il décrit les rites pratiqués en France — Rite écossais ancien et accepté, Rite français, rite de Misraïm, rite d’adoption — avec leurs grades, signes, mots et tableaux de loge, les mots sacrés étant donnés en caractères hébraïques.
Une deuxième édition remaniée paraît en 1830 chez Setier & Brun, avec une table des mots de passe et mots sacrés ; le rite de Misraïm, interdit par la préfecture de police en 1822 et jugé abandonné, y est relégué en fin de volume. Traduit en allemand dès 1821, l’ouvrage a été réédité en fac-similé à partir de 1975 et a fait l’objet d’une édition critique en 2015.
Principales œuvres
- Manuel maçonnique (« Tuileur de Vuillaume »), 1820
- L’Orateur franc-maçon, 1823
- Manuel maçonnique, deuxième édition revue et augmentée, 1830
Un témoin précieux des rites du XIXe siècle
Vuillaume appartient à cette génération de maçons de l’Empire et de la Restauration qui ont multiplié les rites et les grades. Son Manuel, toujours consulté par les chercheurs et les loges soucieuses de leurs rituels, constitue une source majeure pour l’étude du Rite écossais ancien et accepté et du Rite français tels qu’ils étaient pratiqués au début du XIXe siècle, et fait de son auteur une figure incontournable de l’histoire des rituels maçonniques français.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Claude André Vuillaume.
Voir aussi dans le glossaire : Tuileur.

