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François-Henri, marquis de Virieu (1754-1793), né à Grenoble et tué au combat à Lyon, est un militaire et homme politique français. Député de la noblesse du Dauphiné aux États généraux, président de l’Assemblée constituante, il se rallie d’abord aux réformes avant de s’opposer à la Révolution. Ami de Jean-Baptiste Willermoz, membre de la Stricte Observance templière sous le nom d’ordre Hapricus a circulis, il représente la province d’Auvergne au convent de Wilhelmsbad de 1782, berceau du Rite écossais rectifié.
Un officier dauphinois

Fils du comte Louis-François-René de Virieu, colonel des grenadiers de France, et petit-fils de Louis II du Bouchet de Sourches, François-Henri de Virieu étudie au collège d’Harcourt. Il entre aux mousquetaires gris, devient lieutenant d’infanterie en 1770, capitaine en 1772, puis colonel en second du régiment de Monsieur en 1780 et colonel du régiment de Limousin.
Il épouse Élisabeth Digeon de Monteton, dame de compagnie de Madame Sophie.
Templier et rectifié
Membre de la loge La Parfaite Union, où il est un temps orateur, Virieu intègre la Stricte Observance templière et participe au convent des Gaules. Commandeur de Grenoble en 1778, il échoue à fonder une loge du rite à Paris mais obtient le grade de Grand Profès sous le nom d’ordre Hapricus a circulis.
Au convent de Wilhelmsbad de 1782, qui donne naissance au Rite écossais rectifié, il représente la IIe province, dite d’Auvergne, aux côtés de son ami Jean-Baptiste Willermoz. Membre des Chevaliers bienfaisants de la Cité sainte jusqu’au milieu de 1789, il s’en détache ensuite, nombre de ses anciens frères lyonnais étant devenus jacobins.
Du ralliement à l’opposition

Partisan des réformes en Dauphiné, il est élu député de la noblesse du Dauphiné aux États généraux de 1789 et rejoint parmi les premiers de son ordre le tiers état. Il soutient la Déclaration des droits de l’homme, défend le veto royal et participe à la fondation du club des Impartiaux.
Élu président de l’Assemblée constituante, il quitte la présidence après les protestations suscitées par son interprétation du serment des députés. Il s’oppose ensuite à la Constitution civile du clergé, à l’abolition de la noblesse et au drapeau tricolore, et sert d’intermédiaire entre les Tuileries et les émigrés de Coblentz.
La mort au siège de Lyon
Établi à Lyon, il participe en 1793 à l’insurrection contre la municipalité jacobine et tente de la relier aux mouvements fédéralistes du Midi. Il refuse un commandement supérieur proposé par Précy, puis succède à M. de Chenelette à la défense de la Croix-Rousse.
À la fin du siège, sa troupe est décimée par des forces supérieures et il est tué à l’embranchement des chemins de Saint-Cyr et de Collonges, où une croix de mission fut plus tard érigée.
Un témoin de la naissance du Rite écossais rectifié
François-Henri de Virieu reste dans l’histoire maçonnique comme l’un des acteurs du convent de Wilhelmsbad et un proche de Willermoz. Sa participation à cet événement fondateur a inspiré au romancier Charles-Albert Costa de Beauregard le thème d’un prétendu complot contre la monarchie et l’Église, signe de la place que la légende a donnée à ce convent dans l’imaginaire contre-révolutionnaire.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à François-Henri de Virieu.

