Princesse de Lamballe (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, dite Mademoiselle de Carignan puis Madame de Lamballe, naît le 8 septembre 1749 au palais Carignan de Turin et meurt à Paris le 3 septembre 1792, victime des massacres de Septembre. Princesse de Lamballe par son mariage avec Louis-Alexandre de Bourbon, surintendante de la Maison de la Reine et confidente de Marie-Antoinette, elle est aussi l’une des grandes figures de la maçonnerie d’adoption : initiée à la loge « La Candeur », elle est élue en 1781 grande maîtresse de la Mère Loge écossaise.

Une princesse de Savoie à la cour de France

Princesse de Lamballe – portrait
Source : Wikimedia Commons – Antoine-François Callet – Public domain

Fille de Louis-Victor de Savoie, prince de Carignan, et de Christine-Henriette de Hesse-Rheinfels-Rotenbourg, Marie-Thérèse-Louise voit le jour au palais Carignan, à Turin. En 1767, elle épouse Louis-Alexandre de Bourbon, prince de Lamballe : le mariage est d’abord célébré par procuration à Turin, puis en présence du prince à Nangis. L’union tourne court : dès 1768, la princesse est veuve, à dix-huit ans et demi.

Restée en France, elle s’attache à la jeune reine Marie-Antoinette. En 1775, elle est nommée surintendante de la Maison de la Reine, charge prestigieuse qui fait d’elle l’une des femmes les plus en vue de Versailles. En 1783, elle acquiert à Passy une folie, connue depuis comme l’hôtel de Lamballe.

Grande maîtresse de la maçonnerie d’adoption

La princesse de Lamballe appartient à cette génération de femmes de l’aristocratie qui, dans le dernier quart du XVIIIe siècle, fréquentent les loges dites d’adoption, rattachées à des loges masculines. Selon l’article Wikipédia en anglais, elle est reçue en 1777 dans la loge d’adoption Saint-Jean de « La Candeur », l’un des ateliers parisiens les plus brillants de son temps.

En 1781, elle est élue grande maîtresse de la « Mère Loge écossaise » d’adoption, l’article anglais situant cette élection en janvier. Ce titre fait d’elle une figure tutélaire de la maçonnerie féminine sous l’Ancien Régime. Les travaux de Janet Burke et Margaret Jacob sur les premières francs-maçonnes au siècle des Lumières, ainsi que ceux de Jacques Rolland sur la franc-maçonnerie féminine pendant la Révolution, citent son parcours comme emblématique de cette sociabilité aristocratique et fraternelle.

Fidèle à la reine dans la tourmente révolutionnaire

Princesse de Lamballe
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

La Révolution ne la détache pas de Marie-Antoinette. En 1791, elle gagne Londres munie d’un passeport, puis choisit de revenir à Paris auprès de la reine. Le 10 août 1792, elle suit la famille royale ; elle est incarcérée au Temple le 12 août, puis transférée le 19 août à la prison de La Force.

Le 3 septembre 1792, au cours des massacres de Septembre, elle est tirée de sa cellule, conduite devant un tribunal populaire improvisé puis tuée par la foule. Sa mort violente, rapidement entourée de récits contradictoires, a nourri pendant deux siècles une abondante littérature, des témoignages de l’abbé Barruel ou d’Antoine Sérieys jusqu’aux biographies d’Adolphe de Lescure, de Michel de Decker ou d’Alain Vircondelet.

Une mémoire disputée

La figure de la princesse a été lue de manières très différentes : victime emblématique de la violence révolutionnaire pour les uns, amie dévouée jusqu’au sacrifice pour les autres. L’article Wikipédia indique qu’elle a été déclarée martyre et vénérable en 1934. Sa dimension maçonnique, longtemps reléguée au second plan, a été remise en lumière par l’historiographie récente de la maçonnerie féminine.

Une pionnière de la franc-maçonnerie féminine

Dans l’histoire de la franc-maçonnerie française, la princesse de Lamballe incarne l’apogée des loges d’adoption de la fin de l’Ancien Régime. Grande maîtresse de la Mère Loge écossaise à partir de 1781, elle témoigne de la place que les femmes de la haute société ont pu occuper, sous une forme encadrée, dans la sociabilité maçonnique des Lumières, bien avant la naissance des obédiences mixtes et féminines du XIXe et du XXe siècle.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Princesse de Lamballe.

Voir aussi dans le glossaire : Loge d’Adoption, Initiation, Janet Burke (Auteur), Margaret Jacob (Auteur).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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