Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

Née le 21 avril 1830 à Nantes et morte le 6 février 1902 à Neuilly-sur-Seine, Clémence Royer est une philosophe et savante autodidacte française. Première traductrice en français de L’Origine des espèces de Charles Darwin en 1862, première femme admise à la Société d’anthropologie de Paris en 1870, elle est une figure du féminisme et de la libre pensée. Elle compte parmi les membres fondateurs de la première obédience maçonnique mixte, Le Droit humain.
Une autodidacte entre la France, l’Angleterre et la Suisse

Issue d’une famille légitimiste et catholique, Clémence Royer passe une partie de son enfance en Suisse, puis à Paris, avant d’être placée à dix ans dans un couvent au Mans. Elle enseigne le français et la musique en Angleterre entre 1853 et 1855, puis s’établit en 1856 à Lausanne, et dans le Lavaux.
Autodidacte, elle se forme seule à l’anthropologie, à l’économie politique, à la biologie et à la philosophie. À Lausanne, elle donne un cours resté célèbre, l’Introduction à la philosophie des femmes. Elle collabore avec Pascal Duprat, son compagnon, au Nouvel Économiste et au Journal des économistes, et obtient en 1863 le second prix d’un concours sur la réforme de l’impôt, derrière Proudhon.
La traductrice de Darwin
En 1862, elle publie la première traduction française de L’Origine des espèces de Charles Darwin, accompagnée d’une préface et de notes personnelles. L’ouvrage connaît plusieurs éditions, dont la quatrième chez Flammarion en 1882.
En 1870, elle devient la première femme admise à la Société d’anthropologie de Paris, fondée par Paul Broca. Elle publie notamment L’Origine de l’homme et des sociétés et La Constitution du monde, et collabore à La Philosophie positive d’Émile Littré.
Féminisme et libre pensée
En 1881, elle fonde la Société des études philosophiques et morales. Elle écrit dans le Journal des femmes et dans La Fronde, aux côtés de Marguerite Durand et de Séverine. Chevalier de la Légion d’honneur, elle a donné son nom à des rues de Paris et de Nantes, à un lycée et à un collège ; une statue d’Henri Godet la représente.
Une fondatrice du Droit humain
Selon Wikipédia, Clémence Royer est membre et fondatrice de la première obédience maçonnique mixte, Le Droit humain. Les sources consultées ne précisent ni sa loge, ni la date de son initiation, ni son rôle exact au sein de l’obédience.
Principales œuvres
- De l’origine des espèces (traduction de Darwin), 1862
- L’Origine de l’homme et des sociétés
- Introduction à la philosophie des femmes
- Les Rites funéraires aux époques préhistoriques et leur origine
- La Constitution du monde : dynamique des atomes
- Cours de philosophie naturelle
Une savante aux origines de la maçonnerie mixte
Clémence Royer occupe une place éminente parmi les pionnières de la franc-maçonnerie mixte en France. Savante reconnue, libre-penseuse et féministe, elle apporte au Droit humain naissant le prestige d’une femme de science qui avait su s’imposer dans des institutions jusque-là exclusivement masculines, et incarne l’alliance entre émancipation des femmes, rationalisme et idéal maçonnique.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Clémence Royer.
Voir aussi dans le glossaire : Mixité, Libre pensée (antimaçonnisme).

