Élisée Reclus (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Jacques Élisée Reclus, né le 15 mars 1830 à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) et mort le 4 juillet 1905 à Thourout (Belgique), est un géographe et militant anarchiste français. Auteur de la monumentale Nouvelle Géographie universelle et de L’Homme et la Terre, communard banni, il enseigna à Bruxelles. Initié en 1858 à la loge Les Émules d’Hiram du Grand Orient de France, il s’en éloigna vite, mais revint donner en loge de nombreuses conférences.

Une famille de pasteurs et de savants

Élisée Reclus – portrait
Source : Wikimedia Commons – Nadar – Public domain

Fils du pasteur calviniste Jacques Reclus et de Zéline Trigant-Marquey, Élisée Reclus grandit dans une fratrie de quatorze enfants dont plusieurs se sont illustrés : Élie l’ethnographe, Onésime le géographe, Armand l’explorateur et Paul le chirurgien. Destiné d’abord au pastorat, il est tour à tour précepteur, régisseur agricole en Irlande et planteur en Colombie.

De retour à Paris, il rédige des guides Joanne pour Hachette et collabore à la Revue des Deux Mondes. Il publie en 1867-1868 La Terre, première grande synthèse de géographie physique.

La Commune et le bannissement

Engagé dans la Garde nationale pendant le siège puis durant la Commune, il est capturé à Châtillon et passe onze mois dans une quinzaine de prisons. Condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie, il voit sa peine commuée en bannissement grâce à une pétition de savants britanniques, parmi lesquels Charles Darwin.

Exilé en Suisse jusqu’à l’amnistie de 1879, il y rédige la Nouvelle Géographie universelle (1875-1893, dix-neuf volumes) et s’engage dans la Fédération jurassienne aux côtés de Bakounine et de Kropotkine.

Le géographe libertaire de Bruxelles

Défenseur du communisme libertaire, hostile au vote et partisan de l’union libre, Reclus s’installe à Bruxelles, où il enseigne à l’Université nouvelle fondée en 1894 après l’éviction de son cours à l’Université libre. Il y prépare L’Homme et la Terre, publié après sa mort. Il est inhumé au cimetière d’Ixelles.

Des Émules d’Hiram aux Amis philanthropes

Élisée Reclus
Source : Wikimedia Commons – Paul Nadar – Public domain

Le 11 mars 1858, Élisée Reclus est initié à la loge Les Émules d’Hiram, du Grand Orient de France, à Paris, en présence de son frère Élie, déjà membre de la loge La Renaissance. Il n’y est jamais actif et s’en détache au bout d’un an environ, sans démission formelle.

Il donne pourtant ses premiers cours dans les locaux de la loge bruxelloise Les Amis philanthropes, sur laquelle sa présence en 1894 exerce une influence déterminante. Durant son séjour bruxellois, il revient dans les loges pour y donner de nombreuses conférences sur l’anarchie. Il est également proche de la Fédération de la libre-pensée.

Principales œuvres

  • Guide du voyageur à Londres et aux environs, 1860
  • Voyage à la Sierra Nevada de Sainte-Marthe, 1861
  • La Terre, 1867-1868
  • Histoire d’un ruisseau, 1869
  • Histoire d’une montagne, 1880
  • Nouvelle Géographie universelle, 1875-1893
  • L’Homme et la Terre, 1905-1908

Un libertaire aux marges des loges

Maçon peu assidu, Élisée Reclus a pourtant marqué la maçonnerie progressiste franco-belge. Son passage aux Émules d’Hiram et ses conférences devant les Amis philanthropes montrent comment les loges de la seconde moitié du XIXe siècle accueillaient le débat social le plus radical, au croisement de la science, de la libre pensée et de l’anarchisme.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Élisée Reclus.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Libre pensée (antimaçonnisme), Hiram.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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