Joseph Pochon (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né le 7 janvier 1840 à Marboz, dans l’Ain, et mort dans la même commune en 1908, Joseph Pochon est un homme politique radical de la Troisième République, maire de Marboz, président du conseil général de l’Ain, député puis sénateur. Franc-maçon, il présida la loge La Fraternité bugeysienne à Ambérieu-en-Bugey et fit adopter en 1891 par le convent du Grand Orient de France le « vœu Pochon » sur l’accès à la fonction publique.

Un républicain de la Bresse

Joseph Pochon – portrait
Source : Wikimedia Commons – Sénat – Public domain

Propriétaire près de Bourg-en-Bresse, Joseph Pochon entre au conseil municipal de Marboz en 1865. Le 8 mai 1870, il fait partie des huit électeurs de la commune qui votent contre le plébiscite impérial. Il devient maire de Marboz en septembre 1870, est révoqué en 1873 sous l’« ordre moral », puis retrouve son fauteuil en 1877.

La même année, il entre au conseil général de l’Ain, dont il prend la présidence en 1892. En 1891, il fonde avec d’autres républicains Le Républicain de l’Ain, journal radical et anticlérical paraissant trois fois par semaine.

Vingt-cinq ans au Parlement

Élu député de la 1re circonscription de Bourg en 1883, réélu à plusieurs reprises, il siège à l’extrême gauche de la Chambre et vote les poursuites contre le général Boulanger. Le 13 janvier 1901, il est élu sénateur de l’Ain, réélu en 1903, et rejoint le groupe de la gauche démocratique, soutenant les cabinets Combes et Rouvier. Il meurt en fonction en 1908.

Le « vœu Pochon »

Joseph Pochon
Source : Wikimedia Commons – Chabe01 – CC BY-SA 4.0

En avril 1891, Joseph Pochon fait adopter par le conseil général de l’Ain un vœu réservant l’accès à la fonction publique aux seuls diplômés des établissements d’enseignement de l’État, à l’exclusion des anciens élèves des écoles confessionnelles. Repris par six conseils généraux, ce « vœu Pochon » suscite un éditorial de Jean Jaurès dans La Dépêche le 10 septembre 1891, puis une proposition de loi en 1899, finalement rejetée.

Un maçon de l’Ain au convent

Membre de plusieurs loges, Joseph Pochon a notamment présidé La Fraternité bugeysienne, à l’Orient d’Ambérieu-en-Bugey. Il voyait dans la franc-maçonnerie l’avant-garde de la démocratie. En 1891, il présente son vœu au convent du Grand Orient de France, qui l’adopte par 290 voix contre 3, selon le Bulletin du Grand Orient d’août-septembre 1891.

Ses déclarations publiques, selon lesquelles la maçonnerie aurait été l’artisan de la République, nourrissent les chroniques antimaçonniques de la presse locale. Pierre Baudin forge même contre lui et Émile Combes le néologisme de « pochonisme ».

Une figure du radicalisme maçonnique provincial

Joseph Pochon incarne l’élu radical de province pour qui la loge, le conseil général et le Parlement forment un même terrain de combat laïque. Le passage de son vœu du conseil général au convent du Grand Orient, puis à la Chambre, illustre la manière dont l’obédience relayait, à la fin du XIXe siècle, les initiatives de ses membres en faveur de l’école publique.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Joseph Pochon.

Voir aussi dans le glossaire : Convent, Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Vénérable (Vénérable Maître en chaire).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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