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Joseph Marie, comte de Maistre, né à Chambéry le 1er avril 1753 et mort à Turin le 26 février 1821, est un magistrat, diplomate et philosophe savoyard, sujet du royaume de Sardaigne. Penseur contre-révolutionnaire, auteur des Considérations sur la France et des Soirées de Saint-Pétersbourg, il fut aussi un franc-maçon actif pendant environ quarante ans, membre du Rite écossais rectifié sous le nom d’ordre Josephus a Floribus.
Un magistrat savoyard

Né à Chambéry, Joseph de Maistre entre dans la magistrature en 1774 et devient sénateur au Sénat de Savoie en 1788. Il se déclare savoyard, non français.
Il est élu à l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie. Son père, François-Xavier Maistre, avait été élevé à la dignité de comte par le roi de Piémont-Sardaigne en 1778.
Exil et diplomatie
L’invasion française de 1792 le pousse à l’émigration, à Turin, Aoste puis Lausanne, où il publie les Considérations sur la France (1796). Nommé en 1802 ministre plénipotentiaire à Saint-Pétersbourg, il y reste quatorze ans et compose ses ouvrages majeurs.
Revenu à Turin en 1817, il termine sa carrière comme président de la Chancellerie, avec rang de ministre d’État.
Entre-temps, il a séjourné à Cagliari, où il exerce en 1799 la charge de régent de la Chancellerie. Son Essai sur le principe générateur des constitutions politiques paraît à Saint-Pétersbourg en 1814, et Du Pape à Lyon en 1819.
Des Trois Mortiers au Rite écossais rectifié
Dès 1774, il est membre de la loge Les Trois Mortiers, à Chambéry, dont il est grand orateur. En 1778, il fonde avec d’autres frères la loge réformée écossaise La Sincérité, rattachée au directoire écossais animé par Jean-Baptiste Willermoz.
Reçu chevalier bienfaisant de la Cité sainte sous le nom de Josephus a Floribus, il adresse en 1782 son Mémoire au duc de Brunswick à l’occasion du convent de Wilhelmsbad. Ami de Louis-Claude de Saint-Martin, il s’intéresse au martinisme.
La maçonnerie et la Révolution

Catholique fervent, il concilie l’Ordre et l’orthodoxie et rejette l’idée d’un complot maçonnique à l’origine de la Révolution. En 1793, à Turin, il adhère à la Stricte Observance et adresse au baron Vignet des Étoles un Mémoire sur la franc-maçonnerie. À Saint-Pétersbourg, il fréquente la loge de l’ambassadeur de Suède Stedingk.
Dans une lettre au baron Vignet des Étoles, il écrit que la franc-maçonnerie « n’a certainement, dans son principe, rien de commun avec la révolution françoise ». Au terme de quatre décennies d’activité, il avait atteint les plus hauts grades du Rite écossais rectifié et du martinisme.
Principales œuvres
- Éloge de Victor-Amédée III, 1775
- Mémoire au duc de Brunswick, 1782
- Lettres d’un royaliste savoisien, 1793
- Considérations sur la France, 1796
- Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, 1814
- Du Pape, 1819
- Les Soirées de Saint-Pétersbourg, 1821
- Examen de la philosophie de Bacon, 1836
Le penseur du Rite écossais rectifié
Joseph de Maistre occupe une place à part : contre-révolutionnaire et catholique, il fut aussi l’un des esprits les plus profonds du Rite écossais rectifié. Son Mémoire au duc de Brunswick demeure un texte de référence pour la maçonnerie chrétienne et spiritualiste.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Joseph de Maistre.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique..

