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Jean-Maurice Lahy naît le 7 août 1872 à La Réole, en Gironde, et meurt le 22 août 1943 à Saint-Léger-le-Guérétois, dans la Creuse. Ancien facteur devenu chercheur, il est l’un des pionniers de la psychologie du travail et de la psychotechnique en France, enseignant à l’École pratique des hautes études. Franc-maçon très actif du Grand Orient de France, membre à deux reprises de son conseil de l’ordre, il est révoqué par le régime de Vichy en 1941 en raison de cette appartenance.
Du bureau de poste au laboratoire
Fils d’un menuisier, Jean-Maurice Lahy poursuit des études tout en travaillant comme facteur puis commis des postes, métier qu’il exerce jusqu’en 1901. Ce parcours d’autodidacte le conduit vers la psychologie expérimentale et l’étude scientifique du travail humain.
Un fondateur de la psychotechnique
Chef de travaux en 1924, puis directeur d’études à l’École pratique des hautes études en 1927, il enseigne aussi à l’Institut de psychologie de l’université de Paris. De 1921 à 1943, il est le secrétaire général permanent de l’Association internationale de psychotechnique. Cofondateur de la Revue de la science du travail et codirecteur de la revue Le Travail humain, il étudie la sélection professionnelle, les gestes de la dactylographie, le travail des conducteurs de tramways ou des mécaniciens de locomotive, ainsi que les causes psychologiques des accidents.
Il est aussi un analyste critique du système Taylor, auquel il consacre plusieurs études à partir de 1914.
Un militant du Grand Orient de France
Membre du Grand Orient de France, Lahy appartient aux loges Athéna et Agni, dont il est l’un des fondateurs. Il est élu deux fois au conseil de l’ordre de l’obédience, de 1913 à 1920 puis de 1921 à 1924. Adhérent du Parti communiste au lendemain du congrès de Tours en 1920, il le quitte en 1923 pour rester franc-maçon, dans un contexte où le parti exige de ses membres la rupture avec les loges.
Sa première étude sur le système Taylor paraît d’ailleurs en 1914-1915 dans une publication du Grand Orient de France, signe d’une maçonnerie attentive aux questions sociales et à l’organisation du travail.
Révoqué par Vichy
En 1941, le régime de Vichy le révoque de son emploi en raison de son appartenance maçonnique, dans le cadre de la législation antimaçonnique. Il meurt en août 1943 à Saint-Léger-le-Guérétois, d’une crise cardiaque ; l’article anglophone de Wikipédia précise qu’il se préparait alors à fuir la Gestapo. Son éloge funèbre est prononcé par Félix Chevrier.
Principales œuvres
- Le rôle de l’individu dans la formation de la morale, 1910
- La morale de Jésus. Sa part d’influence dans la morale actuelle, 1911
- Le système Taylor et la physiologie du travail, 1916
- La profession de dactylographe, 1924
- Du clan primitif au couple moderne, 1927
- La sélection psychophysiologique des travailleurs, conducteurs de tramways et d’autobus, 1927
- Recherches expérimentales sur les causes psychologiques des accidents du travail, 1936
Science du travail et idéal maçonnique
Lahy appartient à la génération de francs-maçons du Grand Orient qui ont voulu mettre la science au service de l’émancipation sociale. Dirigeant de l’obédience, fondateur de loges, savant reconnu internationalement, il fut aussi l’une des victimes de la répression antimaçonnique de Vichy, ce qui fait de lui une figure significative de la maçonnerie républicaine de la première moitié du XXe siècle.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean-Maurice Lahy.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique..

