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Nicolas Bricaire de La Dixmerie naît en 1731 à Lamothe-en-Blaisy, en Haute-Marne, et meurt en 1791. Installé jeune à Paris, il y mène une carrière d’homme de lettres prolifique : contes philosophiques, essais de critique, éloges et fictions de voyages imaginaires. Membre de l’Académie d’Arras, admirateur de Voltaire, il est l’un des membres les plus actifs de la loge parisienne des Neuf Sœurs, où il parraine l’initiation de l’auteur de Candide.
Un homme de lettres venu de Haute-Marne
Né à Lamothe-en-Blaisy, La Dixmerie gagne Paris assez jeune et y consacre l’essentiel de sa vie à l’activité littéraire. L’article anglophone de Wikipédia situe sa naissance vers 1730 et sa mort le 26 novembre 1791. Il est membre de l’Académie d’Arras, l’une de ces académies provinciales qui structurent la vie intellectuelle du XVIIIe siècle.
Contes, éloges et utopies
Son œuvre relève de la littérature philosophique des Lumières. Après des Contes philosophiques et moraux (1765), il publie Les Deux Âges du goût et du génie sous Louis XIV et sous Louis XV (1769), où il prend le parti de son propre siècle. Le Sauvage de Taïti aux Français (1770), inspiré du rapport de Philibert Commerson sur le voyage de Bougainville, participe au débat sur le « bon sauvage » et la critique des mœurs européennes.
Il s’intéresse aussi à l’histoire du roman, avec un discours sur l’origine et le genre des romans publié en 1773, aux lettres étrangères avec L’Espagne littéraire (1774), et compose des éloges de Voltaire et de Montaigne. Ses fictions L’Île taciturne et L’Île enjouée prennent place dans la collection des Voyages imaginaires.
Aux Neuf Sœurs, aux côtés de Voltaire
Vers la fin des années 1770, La Dixmerie apparaît comme membre de la loge des Neuf Sœurs, loge parisienne réunissant savants, écrivains et artistes, où il se montre très actif. Admirateur déclaré de Voltaire, il parraine l’initiation du philosophe dans cette loge, l’un des épisodes les plus célèbres de l’histoire maçonnique française du XVIIIe siècle.
Son Éloge de Voltaire, publié en 1779, prolonge cet engagement au lendemain de la mort de l’écrivain. Les sources consultées ne précisent ni la date de son initiation ni les offices qu’il a pu tenir dans la loge.
Principales œuvres
- Contes philosophiques et moraux, 1765
- Les Deux Âges du goût et du génie sous Louis XIV et sous Louis XV, 1769
- Le Sauvage de Taïti aux Français, 1770
- L’Espagne littéraire, 1774
- La Sibylle gauloise, 1775
- Éloge de Voltaire, 1779
- Éloge de Montaigne, 1781
- L’Île taciturne et l’Île enjouée, 1787-1789
Un acteur de la sociabilité maçonnique des Lumières
Écrivain aujourd’hui peu lu, La Dixmerie garde une place dans l’histoire de la franc-maçonnerie française par son rôle aux Neuf Sœurs et par son parrainage de Voltaire. Il illustre la figure de l’homme de lettres pour qui la loge prolonge le salon et l’académie : un lieu où se rencontrent les idées philosophiques, la célébration des grands hommes et l’esprit de tolérance des Lumières.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Nicolas Bricaire de La Dixmerie.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Parrain, Lumières (trois).

