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Étienne Louis Hector de Joly, né le 22 avril 1756 à Montpellier et mort le 3 avril 1837 à Paris, fut avocat aux conseils du roi, puis le dernier ministre de la Justice de Louis XVI, du 4 juillet au 10 août 1792. Témoin direct de la chute de la monarchie, emprisonné sous la Terreur, il devint ensuite avocat au Conseil d’État et maire de Créteil. Franc-maçon, il présida la chambre d’administration du Suprême Conseil de France et fut l’orateur habituel des fêtes de l’Ordre.
Un avocat montpelliérain à Paris

Fils d’un notaire de Lauret, village proche de Montpellier, Étienne de Joly part très jeune pour Paris. Il y épouse Marie Éléonore Michaut, fille d’un procureur au Châtelet, achète une charge d’avocat et devient, avant la Révolution, avocat aux conseils du roi.
Les débuts de la Révolution le placent au cœur des institutions parisiennes : vice-président du district des Enfants-Rouges, il contribue à former la garde nationale de son quartier, puis devient secrétaire de l’Assemblée générale des représentants de la Commune de Paris.
Le dernier garde des Sceaux de Louis XVI
Appelé au ministère de la Justice dans un cabinet dominé par des Feuillants, il en est le dernier titulaire sous la monarchie, du 4 juillet au 10 août 1792, et assure aussi l’intérim de l’Intérieur. Le 10 août 1792, présent auprès du roi, il est envoyé à l’Assemblée pour solliciter de l’aide, puis passe la journée dans la loge du logographe avec Louis XVI et le dauphin.
Il conserve les sceaux jusqu’à la chute de la monarchie et doit les apposer sur le décret de suspension du roi, avant d’être remplacé par Danton. Traduit devant le Tribunal révolutionnaire en décembre 1792 sans être jugé, il est arrêté à Bagnères-de-Bigorre au printemps 1793, échappe de peu à l’échafaud et passe environ un an en prison, jusqu’à sa libération après le 9 Thermidor. Ses Mémoires sur la journée du 10 août ont été publiés en 1947.
Du Conseil d’État à la mairie de Créteil

Napoléon le nomme avocat au Conseil d’État, fonction qu’il exerce de 1806 à 1815. Élu maire de Créteil en 1815, il se retire à l’annonce du retour de l’Empereur, puis retrouve la mairie de 1819 à 1831.
Sous la Restauration, il témoigne en faveur de Charles-Guillaume Naundorff, qui se présentait comme Louis XVII. Fin 1836, sa conversion au catholicisme conduit le curé Desgenettes à fonder la confrérie du Très-Saint et Immaculé Cœur de Marie.
Un dignitaire du Suprême Conseil
Dans la franc-maçonnerie, Étienne de Joly exerce des responsabilités au sein de la juridiction écossaise : il préside la chambre d’administration du Suprême Conseil de France, l’instance qui administre le Rite Écossais Ancien et Accepté dans ses hauts grades.
Il est également présenté comme l’orateur habituel des fêtes de l’Ordre, fonction qui suppose une maîtrise de la parole et un rôle de représentation dans les cérémonies solennelles. Les sources consultées ne précisent ni sa loge d’initiation ni les dates de ces fonctions.
Un juriste au service de l’Écossisme
Témoin privilégié de la fin de la monarchie, Étienne de Joly appartient à la génération de juristes qui a donné au Suprême Conseil de France ses cadres administratifs dans les premières décennies du XIXe siècle. Sa présidence de la chambre d’administration et son rôle d’orateur en font une figure de l’organisation de l’Écossisme français naissant.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Étienne de Joly.
Voir aussi dans le glossaire : Orateur, Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

