Joseph-Ignace Guillotin (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Joseph-Ignace Guillotin, né à Saintes le 28 mai 1738 et mort à Paris le 26 mars 1814, est un médecin et homme politique français, député du tiers état aux États généraux de 1789, dont le nom est resté attaché, malgré lui, à la machine de décapitation adoptée sous la Révolution. Franc-maçon actif avant 1789, initié à Angoulême, vénérable d’une loge parisienne et membre des Neuf Sœurs, il joua un rôle dans la formation du Grand Orient de France, dont il fut l’orateur de la chambre des provinces.

Des jésuites à la Faculté de médecine

Joseph-Ignace Guillotin – portrait
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – Public domain

Neuvième des treize enfants de Joseph-Alexandre Guillotin, avocat et conseiller du roi, et de Catherine-Agathe Martin, il suit pendant sept ans des études théologiques au collège des jésuites de Bordeaux, puis enseigne au collège des Irlandais. Il se tourne ensuite vers la médecine, à Reims (1763) puis à Paris (1768), devient docteur régent et enseigne l’anatomie, la physiologie et la pathologie à la Faculté de médecine de Paris de 1778 à 1783. Il soigne notamment les frères du roi, le comte de Provence et le comte d’Artois.

Le député de 1789 et la réforme pénale

Auteur de la Pétition des citoyens domiciliés à Paris (8 décembre 1788), qui réclame le doublement du tiers et le vote par tête, il est élu député du tiers état de Paris aux États généraux. Il propose la réunion des députés dans la salle du Jeu de paume, siège à la commission qui choisit la salle du Manège et en suggère la disposition en demi-cercle. Secrétaire de l’Assemblée, il préside son comité de salubrité.

Avec l’appui de Mirabeau, il défend l’égalité des peines quel que soit le rang et la décapitation comme unique supplice, principe repris par le Code pénal de 1791. La machine est mise au point en 1792 par Antoine Louis ; le nom de « guillotine », lancé par les rédacteurs royalistes des Actes des Apôtres, se répand malgré ses protestations. Il évoquera plus tard « la tache involontaire » de sa vie.

Un franc-maçon du siècle des Lumières

Guillotin est initié en 1772 à la loge La Parfaite Union, à Angoulême. En 1776, il est vénérable maître de la loge La Concorde fraternelle, à l’Orient de Paris, et s’affilie en 1778 à la célèbre loge des Neuf Sœurs. Il fréquente aussi le cercle des Philalèthes.

Il prend part à la formation du Grand Orient de France, dont il devient l’orateur de la « chambre des provinces ». La Révolution interrompt ses activités maçonniques : malgré les sollicitations d’Alexandre Roëttiers de Montaleau, artisan de la reconstitution du Grand Orient, il ne réintègre pas l’ordre.

La vaccine et l’Académie

Directeur des hôpitaux militaires d’Arras en l’an II, emprisonné brièvement en l’an IV, il se retire ensuite de la politique pour se consacrer à la médecine. Il préside le Comité central de vaccine créé sous le Consulat par Chaptal et contribue à la diffusion de la vaccination contre la variole. Il est également fondateur de la Société académique de médecine, ancêtre de l’Académie nationale de médecine.

Principales œuvres

  • Pétition des citoyens domiciliés à Paris, 1788
  • Articles sur les lois criminelles, 1789
  • Projet de décret sur l’enseignement et l’exercice de l’art de guérir, 1791
  • Présentation du rapport du Comité central de vaccine au Premier consul

Un maçon des Lumières éclipsé par une machine

La postérité a réduit Guillotin à l’instrument qui porte son nom. L’histoire maçonnique rappelle au contraire un médecin humaniste, vénérable parisien, membre des Neuf Sœurs et artisan de l’organisation naissante du Grand Orient de France, dont le projet pénal visait l’égalité devant la loi et l’abolition de la torture. Son parcours illustre la place des loges dans la sociabilité savante et réformatrice qui prépara 1789.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Joseph-Ignace Guillotin.

Voir aussi dans le glossaire : Vénérable (Vénérable Maître en chaire), Orateur.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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