Bénigne-Claude Délorier (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Bénigne-Claude Délorier, dit « l’Invalide », né à Dijon le 5 mars 1785 et mort à Blainville-Crevon le 9 juillet 1852, est un capitaine d’infanterie du Premier Empire, mutilé en 1815, devenu chansonnier et écrivain. Auteur des Chansons d’un invalide, il fut de 1820 à 1826 vénérable de la loge « La Rose du Parfait Silence », dont il présida également le chapitre de Rose-Croix.

Du théâtre à la Grande Armée

Bénigne-Claude Délorier – portrait
Source : Wikimedia Commons – Thibaut76 – CC BY-SA 4.0

Né à Dijon, Bénigne-Claude Délorier passe son enfance à Besançon, où il se marie le 10 mars 1802, alors qu’il est comédien de théâtre. Le 13 décembre 1805, il s’engage comme simple soldat au 15e régiment d’infanterie légère et gravit tous les échelons.

Il fait les campagnes de Prusse et de Pologne, d’Allemagne et de Russie. Blessé à Ratisbonne le 21 avril 1809, puis à la Moskova le 7 septembre 1812, il est nommé capitaine par le maréchal Davout le 24 janvier 1814 pendant le siège de Hambourg, puis devient aide de camp du général Rome.

L’Invalide de Namur

Fait chevalier de la Légion d’honneur le 17 janvier 1815, il est grièvement blessé au combat de Namur, le 20 juin 1815, pendant les Cent-Jours, et perd le bras droit. Prisonnier puis libéré, il regagne Paris à la fin de 1815. Cette mutilation lui vaut le surnom d’« Invalide ».

Le chansonnier normand

Bénigne-Claude Délorier
Source : Wikimedia Commons – Giogo – CC BY-SA 4.0

Délorier publie ses Chansons d’un invalide (1819, rééditées en 1831 et 1846), un roman historique, La Famille de Surville (1825), ainsi que des contes, nouvelles et poèmes, dont certains paraissent en feuilleton dans le Journal de Rouen. D’abord rallié au nouveau régime, il adopte ensuite une position plus critique et embrasse ouvertement la légende napoléonienne, jusqu’au retour des cendres de l’Empereur, qu’il salue au Val-de-la-Haye.

En 1826, il achète un terrain à Blainville-Crevon, en Seine-Inférieure, et y fait bâtir en 1827 une maison où il passe le reste de sa vie ; Marcel Duchamp et sa sœur Suzanne y naîtront plus tard. Ses obsèques attirent une foule nombreuse, et sa tombe demeure visible au cimetière du village.

Vénérable de La Rose du Parfait Silence

Franc-maçon, Bénigne-Claude Délorier est vénérable de la loge « La Rose du Parfait Silence » de 1820 à 1826, et préside le chapitre de Rose-Croix attaché à cette loge. L’article, qui s’appuie sur l’Histoire de La Rose du Parfait Silence d’André Combes, ne précise ni la date de son initiation ni l’obédience dont relevait l’atelier.

Un grognard en loge

Bénigne-Claude Délorier représente ces anciens officiers de l’Empire qui, sous la Restauration, trouvèrent dans les loges un lieu de sociabilité et de fidélité à leurs idéaux. Chansonnier populaire et vénérable d’un atelier doté d’un chapitre de hauts grades, il illustre les liens étroits entre mémoire napoléonienne, goguettes et franc-maçonnerie dans la première moitié du XIXe siècle.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Bénigne-Claude Délorier.

Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître, Chapitre, Rose-Croix, Loge Bleue ou Loge Symbolique., André Combes (historien).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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