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Émile Combes, né à Roquecourbe (Tarn) en 1835 et mort à Pons (Charente-Inférieure) en 1921, est un homme d’État français. Ancien séminariste devenu docteur ès lettres et médecin, maire de Pons et sénateur radical, il préside le Conseil de 1902 à 1905 et mène une politique fortement anticléricale, le « combisme ». Initié en 1869 à la loge Les Arts Réunis du Grand Orient de France, à Barbezieux, il reste l’une des figures les plus associées à la maçonnerie républicaine.
Du séminaire à la médecine

Fils d’un tailleur d’habits, sixième de dix enfants, Émile Combes apprend le latin auprès de son parrain prêtre et entre au petit séminaire de Castres, puis au grand séminaire d’Albi, où il reçoit la tonsure. Sa vocation sacerdotale est jugée peu sérieuse. Il devient docteur ès lettres en 1860 avec une thèse sur saint Thomas d’Aquin.
Professeur de rhétorique à l’institution diocésaine de Pons, il épouse en 1862 Angèle-Maria Dussaud. Il étudie ensuite la médecine à Paris et soutient en 1868 une thèse sur l’hérédité des maladies, avant d’exercer comme médecin à Pons.
Un notable radical de Saintonge
Maire de Pons de 1876 à 1919, il est élu en 1885 sénateur radical-socialiste de la Charente-Inférieure et dirige au Sénat le groupe de la Gauche démocratique. Il entre au gouvernement en 1895 comme ministre de l’Instruction publique, puis préside en 1911-1912 le Parti républicain, radical et radical-socialiste.
Le « combisme » au pouvoir
Président du Conseil en mai 1902, successeur de Waldeck-Rousseau, il applique rigoureusement la loi de 1901 sur les associations et fait voter la loi de 1904 interdisant l’enseignement aux congrégations : environ 2 500 établissements sont fermés. Le conflit avec le Saint-Siège conduit à la fermeture de l’ambassade auprès du Vatican.
L’affaire des fiches, révélant le fichage des opinions politiques et religieuses des officiers par le cabinet du ministre de la Guerre, le général André, fragilise sa majorité ; il se retire en 1905, avant la promulgation de la loi de séparation des Églises et de l’État. Il est encore ministre d’État en 1915 dans le gouvernement d’Union nationale.
Un initié des Arts Réunis
Émile Combes est initié en 1869 à la loge Les Arts Réunis du Grand Orient de France, à Barbezieux. Il se présente alors comme déiste. Les sources consultées ne mentionnent pas d’autres loges ni de fonctions maçonniques particulières, mais son gouvernement reste, dans la mémoire collective, étroitement associé à l’influence du Grand Orient sur la politique républicaine.
Principales œuvres
- La Psychologie de saint Thomas d’Aquin, 1860
- De Sancti Bernardi adversus Abaelardum contentione, 1860
- Considérations contre l’hérédité des maladies, 1868
- Mon ministère : mémoires, 1902-1905
Le symbole d’une République laïque et maçonnique
Ancien séminariste devenu chef d’un gouvernement anticlérical, Émile Combes incarne la phase la plus militante de la laïcisation de la Troisième République. L’affaire des fiches, dans laquelle le Grand Orient de France fut mis en cause, et sa propre initiation font de lui une figure incontournable pour comprendre les relations entre franc-maçonnerie, radicalisme et séparation des Églises et de l’État.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Émile Combes.
Voir aussi dans le glossaire : Haine de la laïcité (antimaçonnisme).

