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Né le 27 mars 1897 à Pau et mort le 3 février 1976 à Paris, Jean Baylot est un syndicaliste des PTT devenu résistant, préfet, préfet de police de Paris puis député. Franc-maçon de premier plan, ancien grand maître adjoint du Grand Orient de France passé à la Grande Loge nationale française, grand prieur du Régime écossais rectifié, il est l’auteur de La Voie substituée (1968), réquisitoire contre la « déviation » de la maçonnerie française, couronné par l’Académie française.
Du guichet des PTT à la préfecture

Entré aux PTT à dix-sept ans, Jean Baylot milite au Syndicat national des agents des PTT, affilié à la CGT : gérant de son journal en 1920, il en devient secrétaire général en 1924, à la tête d’environ 25 000 adhérents. Son engagement syndical s’achève vers 1930.
Résistant pendant la guerre, il entame à la Libération une carrière préfectorale : préfet délégué des Basses-Pyrénées (1944-1946), préfet de la Haute-Garonne (1946-1947), puis des Bouches-du-Rhône (1948-1951). En juin 1947, il est aussi secrétaire général chargé du ravitaillement dans le gouvernement Ramadier.
Préfet de police dans la guerre froide
Nommé préfet de police de Paris en 1951, il est en poste lors de la manifestation du 14 juillet 1953, violemment réprimée, au cours de laquelle sept manifestants, en majorité algériens, sont tués. Mis en cause dans l’« affaire des fuites », liée à la surveillance du Parti communiste par une cellule du commissaire Jean Dides, il est limogé en 1954. Élu député de Paris en 1958 sous l’étiquette du CNI, il est battu en 1962.
Du Grand Orient à la maçonnerie régulière
Membre du conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, dont il devient grand maître adjoint, Jean Baylot fonde plusieurs loges, dont « Rectitude » à Marseille (1948) et « L’Europe unie » à Paris (1953). Partisan d’une maçonnerie de stricte tradition, il rejoint en 1959 la Grande Loge nationale française, où il est grand orateur, deuxième grand surveillant puis grand maître provincial de Guyenne ; il participe à la fondation de la loge « Marianne » en Belgique (1961) et, avec Marius Lepage, de la loge « Ambroise Paré » à Laval (1969).
Grand chancelier du Grand Prieuré des Gaules en 1962, il en devient en 1973 grand prieur national, à la tête du Régime écossais rectifié en France. Il est également reçu dans l’Ordre martiniste en 1963. Grand collectionneur, il lègue près de 2 500 ouvrages, documents et objets maçonniques à la Bibliothèque nationale de France.
La Voie substituée, un livre-manifeste

Publié en 1968, La Voie substituée. Recherche sur la déviation de la Franc-Maçonnerie en France et en Europe retrace les étapes par lesquelles, selon l’auteur, la maçonnerie française s’est éloignée de ses fondements au XIXe siècle, gagnée par les préoccupations politiques et passée de la liberté de conscience à l’athéisme militant. L’ouvrage a eu un grand retentissement dans les milieux maçonniques et a reçu en 1969 le prix Albéric-Rocheron de l’Académie française. Réédité chez Dervy-Livres en 1985, il a reparu chez Dervy en 2024.
Principaux ouvrages
- La Voie substituée. Recherche sur la déviation de la Franc-Maçonnerie en France et en Europe, 1968 (rééd. Dervy-Livres, 1985 ; Dervy, 2024)
- Oswald Wirth, 1860-1943 : rénovateur et mainteneur de la véritable franc-maçonnerie, Dervy-Livres, 1975
- Histoire du R.E.R. en France au XXe siècle, Éditions Villard de Honnecourt, 1976
Un acteur et un témoin de la maçonnerie régulière
Jean Baylot est à la fois un acteur et un théoricien de la recomposition maçonnique française du XXe siècle. Son passage du Grand Orient à la GLNF, son rôle à la tête du Régime rectifié et La Voie substituée ont durablement nourri le débat entre maçonnerie adogmatique et maçonnerie dite régulière. Sa biographie d’Oswald Wirth et son histoire du rite rectifié complètent une œuvre qui reste une référence, discutée, pour comprendre les clivages des obédiences françaises.
À lire sur 450.fm : La voix restituée de Jean Baylot.
Voir aussi dans le glossaire : Régularité.

