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Né à Huesca en 1934, José Antonio Ferrer Benimeli est un prêtre jésuite et historien espagnol, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Saragosse. Fondateur du Centre d’études historiques de la franc-maçonnerie espagnole (CEHME), il est le grand spécialiste de la maçonnerie ibérique et ibéro-américaine. Son œuvre maîtresse, Masonería, Iglesia e Ilustración (4 vol., 1977-1982), a renouvelé l’étude des condamnations pontificales de la franc-maçonnerie.
Un jésuite à l’université de Saragosse

José Antonio Ferrer Benimeli voit le jour à Huesca, en Aragon, le 24 mars 1934. Membre de la Compagnie de Jésus, il est licencié en philosophie, lettres et histoire et docteur en philosophie et lettres. Il fait carrière à l’université de Saragosse comme professeur d’histoire contemporaine et devient en 2002 membre correspondant de la Real Academia de la Historia.
Le CEHME et les symposiums d’histoire maçonnique
Ferrer Benimeli fonde et dirige le Centre d’études historiques de la franc-maçonnerie espagnole (CEHME), qui organise depuis des décennies des symposiums internationaux consacrés à la maçonnerie espagnole et ibéro-américaine. Ces rencontres, dont les actes forment une collection de référence, ont fait sortir l’histoire maçonnique espagnole du registre polémique hérité du franquisme pour l’inscrire dans la recherche universitaire.
Il a également été vice-président de la Société d’étude du XVIIIe siècle et le premier titulaire de la chaire Théodore Verhaegen de l’Université libre de Bruxelles, consacrée à l’étude de la franc-maçonnerie – un symbole fort, pour un jésuite, dans une université fondée par un grand maître maçonnique.
L’Église face aux loges
Sa thèse monumentale, Masonería, Iglesia e Ilustración (4 volumes, 1977-1982), examine les condamnations romaines de la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle, à partir notamment des archives du Vatican. Il y montre la part des motifs politiques et juridiques dans les bulles pontificales, au-delà des seules raisons doctrinales. Son travail est souvent cité comme une contribution au rapprochement entre la franc-maçonnerie et l’Église catholique.
Il a aussi démonté, dans El contubernio judeo-masónico-comunista (1982), le mythe de propagande franquiste qui associait maçons, juifs et communistes dans un même complot.
Une œuvre foisonnante
Auteur de plusieurs dizaines de livres, il a publié une Historia de la masonería española (1989), une Bibliografía de la masonería (1977), La masonería en Aragón (1979), Voltaire, Servet y la tolerancia (1980) ou encore Jefes de gobierno masones : España, 1868-1936 (La Esfera de los Libros, 2007). En français, il a signé La franc-maçonnerie et la politique religieuse de la IIe République espagnole (Arkheia, 2009).
Principaux ouvrages
- Masonería, Iglesia e Ilustración, 4 vol., 1977-1982
- Bibliografía de la masonería, 1977
- Masonería en Aragón, 1979
- Voltaire, Servet y la tolerancia, 1980
- El contubernio judeo-masónico-comunista, 1982
- La masonería en la historia de España, 1985
- Historia de la masonería española, 1989
- La masonería española, Istmo, 1995
- La masonería, Alianza Editorial, 2002
- Jefes de gobierno masones : España, 1868-1936, La Esfera de los Libros, 2007
- La franc-maçonnerie et la politique religieuse de la IIe République espagnole, Arkheia, 2009
Le refondateur de l’histoire maçonnique espagnole
Peu d’historiens ont autant fait pour l’étude scientifique de la franc-maçonnerie dans le monde hispanique que José Antonio Ferrer Benimeli. Jésuite et non initié, il a abordé les loges avec la rigueur de l’archiviste, sans hostilité ni complaisance, et formé autour du CEHME plusieurs générations de chercheurs. Ses travaux sur les condamnations pontificales restent incontournables pour comprendre la longue histoire des relations entre l’Église et la maçonnerie.
À lire sur 450.fm : Ils ne se cachent même plus !, Cadix est le centre de l’histoire de la franc-maçonnerie depuis ce vendredi, ESPAGNE : « Pour être admis dans la Franc-Maçonnerie il faut être un homme, libre, croyant et de bonnes mœurs ».
Voir aussi dans le glossaire : Accusation de secret (antimaçonnisme), Lumières (trois).

