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Le christianisme n’est pas par essence antimaçonnique. Il serait injuste et historiquement faux de réduire l’ensemble des traditions chrétiennes à l’hostilité envers la franc-maçonnerie. Des chrétiens ont été francs-maçons. Des francs-maçons ont vécu leur initiation sans renoncer à leur foi chrétienne. Des dialogues ont existé, parfois discrets, parfois difficiles, entre spiritualité chrétienne et démarche maçonnique.
Quand naît l’antimaçonnisme chrétien

L’antimaçonnisme chrétien apparaît lorsque la franc-maçonnerie est perçue comme une menace pour l’unicité de la vérité religieuse, pour l’autorité ecclésiale ou pour la distinction entre salut chrétien et perfectionnement initiatique. Le rite maçonnique est alors soupçonné de concurrencer le sacrement, le Temple de concurrencer l’Église, la Lumière maçonnique de se substituer à la lumière du Christ.
Cette inquiétude peut être théologiquement formulée sans nécessairement sombrer dans la calomnie. Mais elle devient antimaçonnique lorsqu’elle transforme une divergence doctrinale en diabolisation. Le franc-maçon n’est plus un croyant possible ou un chercheur de sens. Il devient un ennemi spirituel, un apostat, un agent du relativisme ou du mal.
Distinguer les plans
La réponse la plus juste consiste à distinguer les plans. Le christianisme relève d’une foi, d’une révélation, d’une Église ou d’une communauté confessante. La franc-maçonnerie relève d’une initiation symbolique, d’un travail moral, d’une fraternité de recherche. Le dialogue n’abolit pas les différences. Il les rend intelligibles.
Voir aussi : Catholicisme, Orthodoxie, Évangélismes, Antimaçonnisme religieux, Liberté de conscience.

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.
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