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Dans le huitième épisode de « La Voix du GODF », Fabrice Millon reçoit Pierre Bertinotti, Grand Maître du Grand Orient de France, pour un entretien de bilan à l’issue de l’année maçonnique 2025-2026. Communication, jeunesse, laïcité, intelligence artificielle, question sociale, État de droit, relations internationales : le Grand Orient de France revendique une année dense, tournée vers les Loges autant que vers la Cité.

À quelques semaines de la fin de son mandat, Pierre Bertinotti a choisi le micro de « La Voix du GODF » pour dresser le bilan d’une année maçonnique qu’il estime conforme aux engagements pris lors de son installation. Face à Fabrice Millon, le Grand Maître du Grand Orient de France revient sur les grands axes de son action : resserrer les liens entre l’obédience et ses Loges, moderniser la communication, renforcer la présence du GODF dans le débat public et poursuivre le rayonnement d’une Franc-Maçonnerie libérale et adogmatique.
L’entretien s’ouvre sur une idée forte
Le Conseil de l’Ordre aurait rempli la feuille de route fixée par le Convent. Celle-ci portait notamment sur la sécurisation de l’avenir de l’obédience, la clarification des dépenses, le développement international, la solidarité, l’accompagnement des commissions obédientielles et la mise à disposition d’outils de travail plus modernes.
Mais l’essentiel est peut-être ailleurs. Pierre Bertinotti insiste sur deux priorités personnelles : rapprocher l’obédience des Loges et replacer le Grand Orient de France au cœur du débat public.
Pour le premier objectif, il cite la mise à disposition d’outils de formation et de transmission, la création de nouveaux supports de communication, dont GODF Actu, ainsi que le développement du podcast « La Voix du GODF ». Il souligne aussi le rôle des conseillers de l’Ordre délégués régionaux, appelés à devenir des relais vivants entre les Loges et l’obédience.

Pour le second objectif, le fil rouge aura été celui de la refondation du pacte social. Cette notion a irrigué plusieurs grands thèmes : l’intelligence artificielle, la question sociale, les dignités humaines et l’État de droit. Quatre sujets qui disent, chacun à leur manière, les inquiétudes et les fractures du temps présent.
Sur l’intelligence artificielle, le GODF entend faire entendre une parole humaniste
Non pour refuser la modernité, mais pour rappeler que toute puissance technique doit rester interrogée à l’aune de la liberté, de la responsabilité et de la dignité humaine. Sur la question sociale, Pierre Bertinotti affirme la nécessité d’un recentrage. Après les grands combats sociétaux auxquels le Grand Orient de France a contribué ou qu’il a accompagnés –IVG, abolition de la peine de mort, mariage pour tous, fin de vie – l’urgence est désormais de regarder en face les souffrances sociales qui nourrissent les replis, les colères et les votes de rupture.
Cette orientation s’est traduite par des contacts avec de grandes associations humanitaires et caritatives.
Ce choix a valeur de signe
Il marque la volonté de renouer le dialogue avec celles et ceux qui, sur le terrain, affrontent concrètement la précarité, l’exclusion et les fractures humaines.

Autre thème majeur : la défense de l’État de droit
Dans un contexte où montent les discours autoritaires, les assignations identitaires et les remises en cause de l’universalisme, Pierre Bertinotti assume l’idée d’un combat culturel. Il ne s’agit pas, dit-il en substance, de politique partisane, mais bien d’un engagement politique au sens noble : défendre une certaine idée de la Cité, fondée sur la liberté absolue de conscience, la tolérance mutuelle, le respect de l’autre et le refus de la préférence nationale.
L’année aura également été marquée par une forte extériorisation
Le Grand Maître rend hommage aux Loges qui, partout, ont organisé conférences publiques, tenues blanches ouvertes, rencontres, portes ouvertes et débats. La Franc-Maçonnerie spéculative, rappelle-t-il implicitement, n’est pas une pensée immobile : elle prépare l’action, éclaire la décision et travaille à la transformation de l’homme comme de la société.

Rue Cadet, plusieurs temps forts ont rythmé l’année…

La déambulation du 1er mai au Père-Lachaise, la fête de la laïcité du 13 décembre 2025, les tables rondes consacrées à la question sociale, aux dignités humaines et à l’État de droit, ou encore les « Chantiers de la République », abordant la liberté de la presse, les réseaux sociaux, la fin du multilatéralisme ou le réenchantement de la politique.

La venue de personnalités politiques de premier plan – François Hollande, Bernard Cazeneuve, Édouard Philippe, ou encore la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet – témoigne de cette volonté de faire du siège du GODF un lieu de débat républicain. Non un cénacle fermé, mais un espace où la parole se confronte, où la contradiction peut s’exercer, où les principes républicains sont remis sur l’établi.
Dans la dernière partie de l’entretien, Pierre Bertinotti évoque les chantiers à poursuivre
Trois directions apparaissent clairement : la communication, la jeunesse et les relations internationales.
La communication, d’abord, parce que le GODF veut mieux faire connaître ce qu’il est, ce qu’il pense et ce qu’il apporte au débat public. À cet égard, il faut souligner un point important : l’épisode est proposé avec un sous-titrage, permettant aux personnes sourdes ou malentendantes d’accéder à son contenu. Ce choix d’accessibilité mérite d’être salué, car il prolonge concrètement une exigence humaniste : rendre la parole commune disponible au plus grand nombre.
La jeunesse, ensuite, constitue un enjeu décisif. Pierre Bertinotti insiste sur les moins de 35 ans, leur formation, leur accueil, leur implication dans les activités de l’obédience. Une obédience qui veut transmettre doit savoir écouter ceux qui arrivent. Elle doit tenir ensemble la fidélité à la tradition et l’intelligence du présent.

Les relations internationales, enfin, demeurent un axe fort. Le GODF souhaite renforcer ses liens avec les obédiences amies, soutenir davantage ses Loges à l’étranger et promouvoir une Maçonnerie libérale et adogmatique dans un monde traversé par les crispations géopolitiques. L’évocation de Sœurs ukrainiennes reçues récemment rue Cadet donne à cette ambition une résonance très concrète : la Fraternité n’est jamais un mot abstrait lorsque l’histoire se charge de bruit et de fureur.
Avec cet épisode de « La Voix du GODF », Pierre Bertinotti livre donc moins un inventaire qu’une lecture politique, maçonnique et symbolique d’une année de mandat.

Le bilan se veut dense, assumé, orienté vers l’action
Il rappelle que le Grand Orient de France entend rester fidèle à sa vocation : travailler l’homme pour éclairer la société, défendre la République lorsque ses fondements vacillent, et porter dans le monde profane les vérités patiemment éprouvées dans le Temple.
À l’heure où les discours de haine, les replis identitaires et les tentations autoritaires gagnent du terrain, cet entretien rappelle une évidence
Une obédience maçonnique ne se mesure pas seulement à son histoire, mais à sa capacité de faire vivre ses principes dans le présent. En cela, la parole de Pierre Bertinotti apparaît comme une invitation à poursuivre le travail : tailler la pierre, certes, mais aussi tenir la lampe allumée dans la Cité.
Source : GODF – Entretien complet à écouter, avec sous-titrage pour les personnes sourdes ou malentendantes.

Merci mon Charles-Albert. Ça au moins, c’est de l’article d’un vrai journal !
Cela nous change du gloubi-boulga de blog agrégateur…