ven 20 février 2026 - 19:02

le Sacré, le Profane, le Sacrilège – II

De notre confrère elnacional.com – Par Mario Múnera Muñoz

Le sacrilège est l’action qui rompt consciemment et volontairement le lien avec le sacré, en profanant le symbole, en trahissant le serment et en adultérant le mystère. Le sacrilège est un irrespectueux envers une personne, un lieu ou une chose sacrée. Le sacrilège se commet lorsque l’on fait un mauvais usage d’un objet consacré au religieux, entrer dans un lieu saint ou vociférer des paroles dissonantes liées à Dieu ou à la religion. Le mot a des racines latines : « sacer », sacré et « legere », voler.

Sacrilège se réfère également à tout vol d’objets sacrés. Le sacrilège est un acte de mépris envers les choses ou les personnes considérées comme sacrées, il implique la violation de la sainteté des choses, des lieux et des personnes dédiées au culte divin. Le maître Jésus a enseigné que le Temple et tout ce qui y était associé était en dernière instance consacré à Dieu, de sorte que tout serment fait sur n’importe quelle partie du temple était sacrilège, avait une valeur obligatoire devant Dieu (Matthieu 23 :16-22).

Le temple de l’Ancien Testament a disparu et maintenant nous sommes « l’édifice de Dieu » (1 Corinthiens 3 :9). Paul demande : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’esprit de Dieu habite en vous ? » (Verset 16). Une forme de sacrilège avec notre temple intérieur est de ne pas pratiquer les vertus et de tomber dans le fanatisme, le dogmatisme, l’hypocrisie et l’ambition démesurée (le pouvoir). Les sacrilèges peuvent être de trois types : locaux, personnels ou réels.

Sacrilège réel

Le manque de respect envers les sacrements.

Sacrilège personnel

La violence contre une personne sacrée.

Sacrilège local

Lorsque l’on dédie un lieu sacré à un usage profane et même un homicide, ôter la vie à une personne à l’intérieur du lieu sacré.

Les théologiens sont fondamentalement d’accord pour considérer sacré cela et seulement cela qui, par un rite public et par institution divine ou ecclésiastique, a été dédié au culte de Dieu. Depuis la perspective initiatique, le sacrilège acquiert une profondeur et une gravité qui transcende complètement sa conception religieuse ou sociale conventionnelle. Il ne s’agit pas simplement d’offenser une croyance ou de profaner un objet, mais d’attenter contre la loi spirituelle elle-même et contre le propre chemin de l’initié. Sacrilège, ici nous décomposerons son sens :

Le sacrilège comme maladie de l’âme. Plus qu’un « péché », c’est une pathologie spirituelle : cécité volontaire : avoir eu accès à un symbole ou une vérité et l’avoir rejeté ou distordu par orgueil, cupidité ou peur. Fragmentation : l’âme, au lieu de s’unifier autour du centre sacré, se disperse en multiplicités contradictoires, ce que Platon appellerait la « chute dans la multiplicité ». Endurcissement : le cœur, qui devait être l’autel du sacré, se pétrifie. Il devient incapable de recevoir l’influence subtile. Dans les anciennes écoles, les avertissements étaient très sévères. Il ne s’agissait pas de contrôle, mais d’une compréhension profonde des lois qui régissent le monde spirituel et la conscience humaine.

Une porte mystérieuse
Une porte mystérieuse – Escalier qui monte vers la porte de la Lumière

« Ce n’est pas une offense externe, mais une trahison interne ». Pour l’initié, le sacré ne réside pas primordialement dans des temples physiques ou des statues, mais dans : le temple intérieur, la propre conscience, le cœur comme centre. La chaîne de transmission : le lignage spirituel et les serments. « Les symboles vivants : ce sont des portes vers des réalités supérieures ». Par conséquent, le sacrilège initiatique est, avant tout, une violation du pacte sacré que l’initié a établi avec lui-même et avec la tradition. C’est une trahison envers son propre serment de recherche de la Lumière.

La profanation du symbole et du rite : « Le rite et le symbole sont des canaux d’influence spirituelle ». Les profaner, les exposer au ridicule, les utiliser à des fins égoïstes, déformer leur sens, a des conséquences graves. Depuis cette optique : ferme les portes à l’influence spirituelle : « Le symbole vidé de son sens sacré devient une coquille morte ». L’initié qui le profane coupe le canal par lequel il reçoit la « courant » ou la « lumière ». Attire des forces chaotiques : on croit que l’énergie sacrée, lorsqu’elle est distordue ou invoquée avec une intention profane, peut s’inverser et attirer des forces de désharmonie et de fragmentation, ce que dans certaines traditions on appelle « magie noire » ou « contre-initiation ».

Le sacrilège suprême : la profanation du Mystère. Le noyau de toute voie initiatique est le mystère, l’expérience directe et ineffable du sacré. Le sacrilège majeur est : vulgariser l’ineffable : tenter d’exprimer avec un langage commun ou à des fins de prestige personnel ce qui ne peut être vécu que dans le silence et le recueillement. Prostituer la connaissance : vendre ou commercer avec les clés spirituelles ou les utiliser pour manipuler les autres. Cela est considéré comme un crime contre l’esprit lui-même. Simuler l’initiation : créer des rites faux, des titres vides ou de fausses traditions pour tromper les chercheurs. Cela non seulement endommage les personnes, mais « souille » le plan spirituel avec des formes creuses, des agrégats parasitaires.

Conséquences selon la vision traditionnelle. Les conséquences ne se voient pas nécessairement comme un « châtiment divin » externe, mais comme une loi causale spirituelle implacable : rupture de l’harmonie (le chaos) : le sacrilège introduit le désordre dans le microcosme (lui-même) et, par résonance, dans le macrocosme. Il perd son « centre ». Isolement spirituel : il se sépare du courant de la tradition et de la guidance intérieure. Il entre dans un état de « ténèbres » plus profond que l’ignorance du profane, parce que c’est une obscurité choisie après avoir vu quelque chose de lumière. Perte de la « semence » : dans de nombreuses traditions, l’initiation implante une « semence » spirituelle. Le sacrilège la stérilise ou la détruit, rendant presque impossible un nouveau commencement authentique dans cette vie. La « mort seconde » : concept présent dans l’hermétisme et certaines écoles. Ce n’est pas la mort physique, mais la dissolution définitive du principe spirituel individuel, son retour au chaos indifférencié pour avoir trahi son but essentiel.

Découvrir la première partie de cette série

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Charles-Albert Delatour
Charles-Albert Delatour
Ancien consultant dans le domaine de la santé, Charles-Albert Delatour, reconnu pour sa bienveillance et son dévouement envers les autres, exerce aujourd’hui en tant que cadre de santé au sein d'un grand hôpital régional. Passionné par l'histoire des organisations secrètes, il est juriste de formation et titulaire d’un Master en droit de l'Université de Bordeaux. Il a été initié dans une grande obédience il y a plus de trente ans et maçonne aujourd'hui au Rite Français philosophique, dernier Rite Français né au Grand Orient de France.

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