Dans un monde où la conscience écologique guide de plus en plus les choix de vie – et de mort –, la Franc-maçonnerie, avec ses valeurs de fraternité et de réflexion philosophique, n’échappe pas à ce débat. Crémation ou inhumation : laquelle laisse la plus faible empreinte carbone ? Si les statistiques spécifiques aux Francs-maçons sur ces pratiques restent rares, les données générales sur l’impact environnemental des obsèques permettent un match serré. Explorons les chiffres, les approches maçonniques et une idée innovante pour un enterrement plus vert.

D’après des études récentes en France, datant de 2024 et menées par le CSNAF et OuiACT, des obsèques avec crémation émettent environ 649 kg de CO₂ équivalent (CO₂e), englobant tous les rites funéraires. Cela se rapproche étonnamment d’une inhumation classique, estimée à 620 kg de CO₂e. Les cérémonies représentent jusqu’à 50 % des émissions dans les deux cas, tandis que le gaz naturel pour la crémation compte pour 23 %. Des travaux plus anciens, comme ceux de la Fondation des services funéraires de Paris en 2017, chiffrent l’impact direct de la crémation à 233 kg de CO₂, équivalent à 1 124 km en voiture, avec le gaz comme principal coupable (56 %). D’autres sources évoquent 201 kg de CO₂ pour le seul four crématoire.
À l’international, aux États-Unis par exemple, les chiffres grimpent à plus de 400 kg de CO₂ par crémation, souvent dus à une énergie non renouvelable.

Globalement, la crémation semble moins polluante qu’une inhumation avec monument en granit, qui peut atteindre 1 252 kg de CO₂. Mais pour réduire l’impact, des alternatives comme les cercueils en carton ou des crématoriums plus efficients émergent.
Chez les Francs-maçons, les statistiques précises sur les préférences entre crémation et inhumation manquent, mais les pratiques funéraires maçonniques soulignent un respect pour les rituels symboliques, sans imposer un mode de disposition du corps.

Les funérailles maçonniques intègrent souvent des cérémonies fraternelles, compatibles avec les deux options, et reflètent une philosophie qui valorise l’harmonie avec la nature et la responsabilité collective. Bien que des dons récents, comme celui de 60 000 £ des Francs-maçons londoniens pour les soins pédiatriques de la colonne vertébrale, montrent un engagement philanthropique, l’empreinte carbone des obsèques n’est pas un thème central documenté.
Néanmoins, la Franc-maçonnerie, avec son héritage de réflexion éthique, pourrait encourager des choix plus durables.

Les Francs-maçons abordent le sujet de la mort avec une profondeur symbolique, voyant dans les rites funéraires une occasion de méditer sur l’éphémère et le legs spirituel. Traditionnellement, les cérémonies maçonniques honorent le défunt sans dogme religieux strict, permettant une flexibilité entre crémation et inhumation. Face aux enjeux climatiques, certain maçons explorent des approches éco-responsables, alignées sur des valeurs de fraternité universelle et de préservation du monde. Cela pourrait inclure une préférence pour des obsèques minimisant les émissions, bien que sans statistiques officielles, ces tendances restent anecdotiques.

Pour aller plus loin, imaginons un projet fictif baptisé « Arbre de Lumière », initié par une loge maçonnique imaginaire. Au lieu d’un cercueil traditionnel, on opterait pour un modèle en carton biodégradable, respectueux de l’environnement. Pas de pierre tombale massive, mais la plantation d’un arbre au-dessus de la sépulture, symbolisant la régénération et le cycle de la vie.
Ce geste réduirait l’empreinte carbone de l’inhumation en évitant les matériaux polluants et en favorisant la capture de CO₂ par la végétation. Une idée qui, si adoptée, pourrait inspirer la communauté maçonnique et au-delà.

