Mes très chers Sœurs et Frères en Maçonnerie,
Ah, l’heure solennelle du Mot du Vénérable Maître du lundi est arrivée, ce rituel hebdomadaire où nous polissons nos équerres avec un peu de sagesse, beaucoup d’humour, et une bonne dose de cynisme pour faire briller le Compas de la vérité – ou du moins, pour le faire tourner en bourrique. Cette semaine, mes bien-aimés tailleurs de pierre cosmiques, nous plongeons dans un sujet d’actualité brûlant comme un glacier en fusion : l’invasion imminente (ou pas) du Groenland par les États-Unis, cette terre promise des pingouins et des ours polaires qui, apparemment, attire les convoitises d’un certain Président aux cheveux orange et aux idées aussi stables qu’un igloo sous un sèche-cheveux.
Nos Sœurs et Frères francs-maçons du Groenland – si tant est qu’ils existent, car entre les aurores boréales et les nuits éternelles, qui a le temps de se réunir en Loge sans geler sur place ? – peuvent en effet se rassurer. Lors de notre dernière tenue, nous avons procédé à un vote solennel, avec maillets, batteries d’applaudissements rituels et tout le tralala. À l’unanimité absolue (oui, même le Frère Expert qui d’habitude vote contre tout par principe maçonnique d’équilibre), nous avons fermement condamné cette idée farfelue d’invasion ou de rachat.

Imaginez : Trump, ce grand architecte de tweets chaotiques, voulant annexer le Groenland comme on commande un Big Mac avec des frites extra-large. « Make Greenland Great Again » ? Plutôt « Make It Mine Again », non ?
Cyniquement, on se demande si c’est pour y installer des golfs sur glace ou pour y cacher ses dossiers fiscaux sous une couche de permafrost.
Mais ne nous arrêtons pas là, mes Frères et Sœurs ! Nous, humbles bâtisseurs du Temple de l’Humanité, ne saurions rester les bras croisés (sauf pour former le signe d’ordre, bien sûr). Nous allons de ce pas rédiger une circulaire officielle, un parchemin maçonnique aux sceaux invisibles, que nous adresserons directement à l’ambassade américaine.
Que le Président Trump – ou son fantôme politique, vu qu’on est en 2026 et qu’il doit encore tweeter depuis Mar-a-Lago – sache que notre Loge s’indigne profondément de cette manifestation de force antidémocratique.
Antidémocratique ? Plutôt anti-glaciaire ! Acheter une île entière comme un jouet Lego géant, c’est le summum du capitalisme impérialiste : « Je te rachète ton pays, mais seulement si tu inclus les phoques et les baleines en bonus. »
Et pour montrer notre engagement fraternel, nous sommes prêts à envoyer un émissaire sur place – un Frère courageux, armé de son tablier, de son gant et d’un thermos de café maçonnique infusé au symbolisme ésotérique. Il renforcera les défenses locales : ces deux valeureux militaires groenlandais avec leurs traîneaux tirés par des huskies philosophiques (qui aboient en latin, j’en suis sûr), et bien entendu, l’armée française avec ses 15 chasseurs alpins. Ah, les chasseurs alpins ! Ces héros des neiges, experts en escalade de symboles et en descente de pistes initiatiques.
Imaginez la scène : Trump envoie des drones high-tech, et nous, on contre-attaque avec des skis, des piolets et des chants tyroliens. « Liberté, Égalité, Fraternité… et fondue au fromage ! » C’est l’ultime barrière contre l’impérialisme : une avalanche de fromages alpins fondus sur les envahisseurs. Cyniquement, je parie que les Américains capituleraient illico – personne ne résiste à un reblochon bien coulant.
Il ne saurait être question que la Franc-maçonnerie reste passive face à cette injustice flagrante. Nous, qui construisons des temples intérieurs depuis des siècles, ne tolérerons pas qu’on piétine les temples extérieurs comme le Groenland. Après tout, n’est-ce pas là le berceau potentiel d’une nouvelle Atlantide gelée ? À bon entendeur, salut – et que le Grand Architecte de l’Univers, dans sa sagesse infinie, protège nos Frères polaires des acheteurs compulsifs et des idées givrées.
Que la Lumière vous guide, et l’humour vous réchauffe, mes Sœurs et Frères. À la prochaine tenue, où nous voterons peut-être contre l’invasion des Martiens – on n’est jamais trop prudent. Votre Vénérable Maître, en toute ironie maçonnique.
