mer 14 janvier 2026 - 13:01

Thomas Guénolé révèle son appartenance au Grand Orient de France

Le 13 janvier 2026, le paysage médiatique français a été surpris d’apprendre que Thomas Guénolé, politologue controversé et ancien membre de La France Insoumise (LFI), a annoncé publiquement sur X (anciennement Twitter) son adhésion au Grand Orient de France (GODF), la plus ancienne et la plus influente obédience maçonnique de l’Hexagone. Dans un tweet vu plus de 425 000 fois en quelques heures, Guénolé déclare : « N’aimant pas qu’on parle de ma vie privée à ma place, je choisis donc de l’annoncer moi-même. Je suis fier d’être membre du Grand Orient de France, que j’ai rejoint par adhésion et admiration pour son combat plus que centenaire contre l’extrême droite. »

Cette déclaration, préemptive face à une supposée publication imminente du magazine Le Point, marque un tournant dans la vie publique de cet intellectuel aux positions tranchées. Mais au-delà de l’effet d’annonce, elle soulève des questions sur la transparence en Franc-Maçonnerie, les liens entre politique et Ordre initiatique, et les motivations personnelles d’un homme au parcours tumultueux.

Cet article, basé sur une analyse approfondie de la presse française (du Figaro, des archives de Wikipédia et des forums spécialisés), explore les tenants et aboutissants de cette révélation, ses échos médiatiques et ses implications sociopolitiques.

Le contexte de l’annonce : une préemption stratégique

L’annonce de Thomas Guénolé survient dans un climat de tensions politiques accrues en France, où l’extrême droite, incarnée par le Rassemblement National (RN), gagne du terrain dans les sondages en vue des élections de 2027. Selon l’article du Figaro publié le jour même (13 janvier 2026), Guénolé choisit de devancer une révélation journalistique pour maîtriser le récit de sa vie privée.

GODF,-9-décembre-2025 – Crédit photo Y. Ghernaouti

Le quotidien conservateur rapporte que l’intellectuel, connu pour ses prises de position radicales, exprime une fierté assumée envers le GODF, qu’il loue pour son engagement historique contre l’extrême droite – un combat remontant au XIXe siècle, lorsque l’obédience s’opposait aux forces réactionnaires lors de l’affaire Dreyfus ou sous Vichy.

Cette stratégie de préemption n’est pas inédite dans le monde maçonnique, où le secret des appartenances est un pilier traditionnel, mais souvent ébranlé par des fuites médiatiques. Ici, Guénolé invoque explicitement son aversion pour les ragots : « Je n’ai rien à ajouter sur ce sujet », conclut-il dans son tweet, fermant la porte à d’éventuelles spéculations. Le Figaro souligne que ce message a rapidement généré des réactions polarisées, avec des commentaires en ligne oscillant entre admiration pour son courage et moqueries sur la « décrépitude » de la Franc-Maçonnerie.

Qui est Thomas Guénolé ?

Un parcours politique et intellectuel tumultueux

Pour comprendre l’impact de cette annonce, il faut replonger dans le parcours de Thomas Guénolé, un intellectuel polyvalent dont la carrière est jalonnée de controverses. Né en 1982, Guénolé est un politologue diplômé de Sciences Po Paris et docteur en sciences politiques. Il s’est fait connaître comme chroniqueur sur des plateaux télévisés comme Touche Pas à Mon Poste (TPMP) et comme auteur de livres critiques, tels que La Chute de la Maison Mélenchon (2019), où il dénonce l’autoritarisme au sein de LFI, après son départ fracassant du parti.

Selon Wikipédia (page mise à jour au 13 janvier 2026), Guénolé a quitté LFI en 2019 à la suite d’accusations de harcèlement sexuel par le parti, qu’il a contestées, qualifiant le mouvement de « régime autoritaire » dirigé par un « autocrate ».

Avant cela, il avait défendu des positions radicales : démantèlement du Sacré-Cœur de Montmartre (symbole monarchiste), interdiction du RN ou de CNews, et critiques acerbes envers Brigitte Bardot. Son engagement maçonnique, révélé en ce début d’année 2026, semble cohérent avec son combat contre l’extrême droite, comme il l’avait déjà évoqué dans un tweet du 17 avril 2025 :

« Ce journal, devenu outil de propagande, rejoue les pires mécaniques des années 30 : désigner, insinuer, salir. Il y a 85 ans, sous le régime… » – une allusion aux persécutions antimaçonniques sous Vichy.

Cette révélation en 2026 pourrait être vue comme une extension de son militantisme, aligné sur les valeurs du GODF, obédience libérale et adogmatique qui compte environ 52 000 membres et s’engage contre les extrémismes.

Réactions dans la presse et sur les réseaux : entre soutien et sarcasmes

L’annonce a rapidement fait les gros titres de la presse française. Le Figaro, premier à relayer l’information le 13 janvier 2026, met l’accent sur le passé controversé de Guénolé, titrant :

« Je suis fier d’être membre du Grand Orient de France : Thomas Guénolé annonce être franc-maçon ».

Thomas Guénolé

Le quotidien cite des réactions en ligne, comme celle d’un internaute qualifiant Guénolé de « personnalité impressionnante » ou un autre ironisant sur un « LFIste chez les adorateurs du GADLU » (Grand Architecte de l’Univers, symbole maçonnique). Avec 46 commentaires sur l’article, les avis sont polarisés : certains saluent son engagement antiraciste, d’autres moquent la « décrépitude de la franc-maçonnerie ». D’autres médias ont emboîté le pas.

Wikipédia met à jour sa page sur Guénolé le jour même, intégrant cette affiliation comme un élément clé de sa biographie, soulignant son évolution d’un militant de gauche à un Maçon assumé.

Sur les réseaux, des tweets comme celui de Guénolé en 2025 sur la propagande d’extrême droite renforcent l’idée d’un combat cohérent, mais attirent des critiques : certains l’accusent d’opportunisme, d’autres de diluer la discrétion maçonnique. Les obédiences maçonniques restent discrètes, mais un post Facebook du GODF du 23 juin 2025 sur ses événements (comme une conférence sur les trois siècles de Maçonnerie) montre un contexte d’ouverture, où des révélations comme celle de Guénolé pourraient encourager la transparence.

Implications pour la Franc-Maçonnerie et la Politique Française

Pierre Mollier, en 2019

Cette annonce n’est pas anodine dans un pays où la Franc-Maçonnerie est souvent associée à des théories conspirationnistes. Selon un sondage IFOP pour le GODF en 2025, 35 % des Français croient encore que les Maçons influencent secrètement la politique, un chiffre en baisse mais persistant. Guénolé, en révélant son appartenance, défie ce stéréotype, alignant son adhésion sur un « combat centenaire contre l’extrême droite » – une référence à l’engagement historique du GODF, comme lors de l’affaire Dreyfus ou contre le fascisme.

Pierre Mollier, historien de la Maçonnerie, cité dans Le Figaro (2026), voit cela comme un signe de « démystification » : « Dans une ère de transparence, de telles annonces normalisent l’Ordre. »

Politiquement, cela pourrait relancer les débats sur les liens entre gauche et Maçonnerie. Guénolé, ex-LFI, rejoint une obédience traditionnellement proche des idées républicaines et laïques, comme le note Wikipédia, en rappelant que Jean-Luc Mélenchon lui-même a adhéré à la franc-maçonnerie depuis 1983, assumant cet engagement, même s’il en a démissionné depuis.

Des articles de presse soulignent que de telles révélations, loin d’être taboues, renforcent la visibilité positive de la FM, face aux attaques de l’extrême droite.

Conclusion : une révélation qui interroge la transparence en temps de Crise

Rue Cadet devant la librairie DETRAD à côté du GODF
Rue Cadet devant la librairie DETRAD à côté du GODF

L’annonce de Thomas Guénolé, le 13 janvier 2026, n’est pas qu’une anecdote personnelle : elle illustre les tensions entre secret maçonnique et exigence de transparence, dans une société polarisée. Fier de son engagement contre l’extrême droite, Guénolé transforme une potentielle « fuite » en acte militant, comme l’analyse Le Figaro.

Alors que le GODF prépare ses célébrations pour 2025-2026 (trois siècles de Maçonnerie), cette révélation pourrait encourager d’autres figures publiques à sortir du silence, renforçant l’image d’un Ordre engagé pour la République.

Reste à voir si cela apaisera les conspirationnistes ou, au contraire, alimentera les suspicions. Une chose est sûre :

en 2026, la Franc-Maçonnerie continue de fasciner et de diviser, même si c’est à une moindre échelle qu’à l’époque de l’affaire Dreyfus.

1 COMMENTAIRE

  1. Ce coming out me semble tapageur et entrer dans le cadre général de cette politique de transparence et de présence des obédiences sur les réseaux sociaux; pour moi c’est un signe de plus de la banalisation de la FM qui se vend pour exister; en creux c’est son obsolescence qui pointe.

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