Dans le Manuscrit Graham de 1726 il est écrit : « Pourquoi fut-elle appelée Franc-maçonnerie ? Premièrement parce que c’est un franc (libre) don de Dieu aux fils des hommes, deuxièmement parce qu’elle est franche de l’intrusion des esprits infernaux, troisièmement parce qu’elle est une franche union des frères de ce saint secret qui doit durer à jamais. »
Le décor est planté, mais rien encore n’est expliqué.
Voyons d’abord un mini panorama de l’advenue de la Franc-maçonnerie pour y puiser quelques éléments de réponse.
La Franc-maçonnerie spéculative prend naissance quand s’instaurent des loges composées majoritairement ou totalement de membres non liés au métier, pour lesquels le rituel deviendra purement symbolique et l’ordre un organisme voué à propager un perfectionnement spéculatif et moral. La filiation avec la Maçonnerie opérative n’est pas historiquement résolue.
– Les théories anglaises. La plus connue est celle de la transition progressive, soutenue avec talent par Harry Carr : Sous l’influence de considérables changements d’ordre « industriel, social, économique », les loges opératives admettent des non-opératifs qui deviennent petit à petit majoritaires.
– La théorie écossaise. Roger Dachez écrit que la rupture a dû se situer en écosse lors des statuts Schaw (1598), qui ont, dit-il, fait surgir des loges sans filiation directe avec les loges médiévales, d’une autre nature, qui avaient disparu depuis assez longtemps.
En ce sens, le texte d’André Doré & Michel Albigens, Essai sur les origines de la Franc-maçonnerie, consacre la séparation des opératifs et des spéculatifs et « pose la question : quelle justification apporter au fait de voir des hommes étrangers au métier s’intégrer dans des groupements professionnels, qu’à celui de loges n’ayant plus, et même n’ayant jamais eu le support du métier ? » (les anciens acceptés). Sa réponse, faute de documents certifiés, interroge 4 possibilités :
– Peut-être était-ce afin d’éviter une confusion qui risquait de s’installer en raison du nombre croissant de Loges qui se répandaient en Angleterre surtout ?
– Ou « être le Centre de l’union » ainsi que l’écrira quelques années plus tard, le pasteur Anderson, sous la direction de Payne et de Désaguliers, ce qui répondait à un besoin latent de sociabilité après les tourmentes qui avaient secoué le pays pendant les décades immédiatement précédentes ?
– Ou le désir de donner une doctrine à ces groupuscules pratiquement isolés, mais qui se réclamaient d’une même identité sous couvert d’un secret illusoire et inexistant et se réunissaient pour banqueter, participant ainsi à l’engouement général impressionnant que connut l’époque pour les sociétés badines et bachiques ?
– Ou bien découvrir ce secret en spécifiant quelque chose de très flou venu du passé et susceptible de rattacher les esprits à des certitudes sécurisantes ?

Le docteur W. Wynn-Wescott a communiqué, sous le titre de Rosicruciains, their History and Aims, un intéressant mémoire où il s’exprime de la sorte : « Je considère que notre Maçonnerie spéculative dérive de deux générateurs et qu’elle s’est graduellement perfectionnée avec des matériaux tires de cette double source. De la gilde de métier elle a reçu son organisation et ses premiers dirigeants ; les traditions historiques qui la font remonter à la construction d’édifices célèbres ; le symbolisme professionnel de ses rituels. Des Rosicruciens, dont la philosophie, à cette époque (1650-1700), était devenue plus populaire et moins ésotérique, elle a tiré toute sa philosophie morale, son idéal semi-chrétien et son prestige de secret mystique. En outre, sur l’éthique de l’assistance et de la protection mutuelles qui prédominaient nécessairement dans une association professionnelle, le même élément rosicrucien est venu greffer l’idéal, formulé à nouveau, bien qu’existant depuis longtemps, de la sympathie universelle et de la recherche de ces réelles vérités qui constituent le fond de notre nature et qui ont été si souvent cachées sous nos formes de religion et de civilisation »
N’hésitez pas à visionner le film Les origines de la Franc-maçonnerie, The Scottish Key
En France, on voit soutenir une forme voisine des théories anglaises de la rupture, suivant lesquelles l’initiation est apparue avec la Grande Loge spéculative de Londres.
Ainsi, Marius Lepage écrit que le courant spéculatif, apporté par les hermétistes et les philosophes, est à la source de l’initiation, car le courant opératif ne véhicule qu’un aspect moral et de civilité puérile et honnête.
Pour préciser sans ambiguïté la théorie, citons Patrick Négrier, pour lequel le «compagnonnage de la pierre n’est pas une initiation… mais une simple fraternité professionnelle imprégnée de religion et de morale chrétienne, et qu’à ce titre, ses outils n’étaient pas des symboles, mais des instruments de travail en leur emploi le plus littéral». Ce n’était ni plus ni moins qu’un syndicat ouvrier qui par ces pratiques, conservait le monopole des chantiers. L’éloignement des chantiers les uns des autres et les moyens de locomotion limités, imposèrent à cette corporation, la mise en place d’un système d’entraide et de solidarité, couplé, à un système de reconnaissance.
La théorie traditionnelle soutient qu’il y a eu transmission initiatique de l’essentiel malgré les changements, même si un amoindrissement inéluctable résulte de la perte de l’aspect opératif du métier. Richard Sandbach résume ces deux facteurs opposés en disant que, des opératifs aux spéculatifs, s’est opérée « une transmission apostolique plutôt qu’une succession héréditaire » (cf. FRANC-MACONNERIE OPERATIVE ET SPECULATIVE : ON VOUS EXPLIQUE TOUT OU PRESQUE)
Jean-Marie Ragon, au début du XIXe siècle, définit la Franc-maçonnerie dans son ouvrage Orthodoxie Maçonnique, de 1853, comme « une science digne des méditations des sages de toutes les époques et qui présente trois choses : l’image des temps anciens, les tableaux des causes agissantes dans l’Univers, le livre dans lequel sont inscrits la morale de tous les peuples et le code qui doit les régir. » Il en situe la source en 1717. «Cette année, la corporation ne comptait plus, à Londres, que quatre sociétés, dites Loges, possédant registre et anciens titres de la confraternité et opérant sous le chef d’ordre d’York. Elles se réunissent en février ; elles adoptent les trois rituels rédigés par Ashmole ; elles secouent le joug d’York et se déclarent indépendantes et gouvernement de la confraternité, sous le titre de Grande Loge de Londres. C’est ce foyer central et inique que la Franc-maçonnerie, c’est dire la rénovation ostensible de la philosophie secrète des mystères anciens, partit, dans toutes les directions, pour s’établir chez tous les peuples du monde.»
La date traditionnelle de 1717, cependant, ne dépendrait que du récit inventé d’Anderson.
Hé oui! Anderson n’était pas présent aux événements qu’il décrit. la date est contestée par certains historiens maçonniques qui proposent une date ultérieure de 1721 au moment de l’adoption de règlements en réponse à l’abandon de privilèges des Loges de Londres au profit de la Grande Loge, se fondant sur le témoignage de William Stukeley. À lire dans le très intéressant article, 1717 and All That par Andrew Prescott and Susan Mitchell Sommers
La Franc-maçonnerie apparaît sous le terme «Frérie» en 1793 dans le mémoire du grand défenseur de la couronne et de l’autel, Joseph de Maistre (promoteur de la théocratie pontificale et de la souveraineté temporelle du Pape, Franc-maçonnerie et Révolution Française.
Pour un panorama historique et géographique de la Franc-maçonnerie et de ses adversaires lire le texte très complet d’Andrew Landreville Franc-maçonnerie V1
Pour l’histoire de La Franc-maçonnerie française accéder au texte de Louis Molet ici.
Et si vous êtes vraiment passionné par le sujet, vous lirez ce qu’en dit Galatin Mackey sur sa définition de la Franc-maçonnerie dont je retiendrai: «une science de la morale développée et inculquée par l’ancienne méthode du symbolisme» Et surtout les 7 volumes de The History of Freemasonry (Vol. 1/7)MACKEY The History of Freemasonry
(Vol. 2/7)MACKEY The History of Freemasonry
(Vol. 3/7)MACKEY The History of Freemasonry
(Vol. 4/7)MACKEY The History of Freemasonry
(Vol. 5/7)MACKEY The History of Freemasonry
(Vol. 6/7)MACKEY The History of Freemasonry
(Vol. 7/7)
Rapportée par Guy Chassagnard, « une étude réalisée en 1909, portant sur les ouvrages de 206 auteurs maçonniques a permis de constater que : 28 faisaient remonter les origines de la Franc-maçonnerie aux constructeurs de cathédrales, 18 en Égypte, 12 aux Templiers, 11 aux rois anglo-saxons, 10 aux premiers chrétiens et… 20 aux premiers jours de la création ; les autres n’osant plus se prononcer ».
Alors ? Qu’en déduire ? la Franc-maçonnerie c’est quoi ?
La Franc-maçonnerie est un Ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la fraternité.
C’est un Ordre, c’est-à-dire une association de personnes organisée et structurée selon une règle traditionnelle. La Franc-maçonnerie a hérité de traditions remontant à plusieurs siècles, obéissant à des règles intangibles et qui ne souffrent d’aucune exception sous peine d’exclusion.
C’est un Ordre initiatique du fait qu’il respecte des rites connus des seuls initiés et une règle traditionnelle qui garantit par ailleurs la liberté de conscience à ses membres.
Confrérie en esprit, fraternité initiatique, fondée sur une tradition du Verbe, la Franc-maçonnerie se veut institution philanthropique et société de pensée. Elle est une association dont les membres se recrutent par cooptation, selon des rites initiatiques.

En 1744, Le parfait maçon… du pamphlétaire Louis Travenol (alias Léonard Gabanon) présente la Franc-maçonnerie par la voix de Clitandre, Franc-maçon, dans son dialogue fictif avec Lisidor, un profane et ami: « La maçonnerie en a un [but], aussi utile que louable.C’est de réunir tous les esprits et les cœurs, et d’établir entre tous les hommes en général un accord et une confiance qui les rendent plus propres aux différentes opérations de la société. Rien de plus avantageux, surtout pour les voyageurs qui sont sûrs de trouver dans quelque pays qu’ils aillent, des frères maçons toujours disposés à leur rendre les bons offices et à leur donner tous les secours dont ils auront besoin. Je pourrais ajouter encore à notre éloge, la pureté de la morale et le goût des beaux-arts qui sont deux de nos passions dominantes ».

Petite remarque : le sieur Gabanon ne semble louer la Franc-maçonnerie que pour mieux s’en moquer avec sarcasmes comme on le lit tout au long de son Nouveau catéchisme des Francs-maçons, contenant tous les mystères de la maçonnerie…
Pour Albert Pike, « la Franc-maçonnerie est dans l’homme la subjugation de l’humain par le Divin, la conquête des appétits et des passions par le sens moral et la raison, un incessant effort, combat, et même guerre du spirituel contre le matériel et le sensuel. »
Dans une lettre à un candidat (p.2 ), J.B.Willermoz esquisse une définition de la Franc-maçonnerie : « La Maçonnerie est une école dans laquelle on éprouve graduellement l’aspirant pour en former un homme moral utile dans toutes les parties de la Société humaine où la divine providence l’a placé, ou voudrait le placer, dans laquelle on le forme ainsi sous le voile de divers symboles, emblèmes et allégories propres à exercer son intelligence suivant sa capacité, dont l’ étude est adoucie par quelques amusements de société, honnêtes et décents qui deviennent intéressants par le sel du mystère qui les accompagne. On le forme ainsi s’il ne l’était déjà, ou on le fortifie dans l’amour d’une pratique constante des devoirs religieux, moraux et sociaux, afin qu’il acquiert l’habitude cette vertu aimable et douce, qui plaît partout où elle se montre avec ces caractères, mais qui ne peut mériter le nom de vertu qu’ autant qu’elle est fondée sur les bases, inébranlables de la religion chrétienne. Ainsi, quoique la société des Maçons ne soit pas une société religieuse car toute controverse en matière de religion et de politique est expressément défendue dans toutes ses assemblées, cependant les principes maçonniques qui la dirigent sont intimement liés aux principes fondamentaux de la Religion, sans lesquels nulle société particulière ne peut être essentiellement utile. Ainsi, pendant que le corps entier peut se rendre utile par la bienfaisance à la partie souffrante de l’humanité, chaque individu qui la compose peut y trouver aussi pour lui-même un avantage réel et inappréciable pour tout le cours de sa vie, et bien au-delà, s’il sait priser le bien que l’institut peut lui faire. »
Anderson dit de la Franc-maçonnerie, dans son premier devoir : « c’est un centre d’union rassemblant ceux qui devraient autrement rester perpétuellement séparés ».
La Franc-maçonnerie adogmatique se définirait plutôt comme « une démarche d’ordre global qui se rapproche d’un culte secret et intime ne comportant aucun dogmatisme et libérant par-là même l’individu de toutes les contraintes qui l’oppriment, qu’elles soient religieuses, culturelles ou doctrinales. » Elle se fixe pour but de réunir en son sein des hommes ou des femmes libres et de bonnes mœurs qui veulent travailler à l’amélioration matérielle et morale de l’individu ainsi qu’au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité.
Pour Jean-Baptiste Willermoz «la maçonnerie est une école dans laquelle on éprouve graduellement l’aspirant pour en former un homme moral utile dans toutes les parties de la société humaine ou la divine providence l’a placé, ou voudrait le placer ; dans laquelle on le forme ainsi sous le voile de divers symboles emblèmes et allégories propres à exercer son intelligence suivant sa capacité, dont l’étude est adoucie par quelques amusements de société honnêtes et décents, qui deviennent intéressant par le sel du mystère qui les accompagne. On le forme ainsi s’il ne l’était déjà, ou on le fortifie dans l’amour d’une pratique constante des devoirs religieux, moraux et sociaux, afin qu’il acquière l’habitude de cette vertu aimable et douce qui plait partout où elle se montre avec ces caractères…» ?(LETTRE À UN CANDIDAT, p.2/2).
Pour lui, le but fondamental de la Franc-maçonnerie se résume ainsi : 1° la tradition, bien qu’elle soit très obscurcie ; 2° l’étude de l’esprit actif ; 3° l’emploi des connaissances personnelles.
La Franc-maçonnerie se veut universelle malgré les vicissitudes de son histoire qui l’ont divisée en de multiples obédiences.
La Franc-maçonnerie reste cependant un centre de l’union polymorphe qui rassemble ce qui est épars sur au moins trois plans :
– Espace d’évolution solitaire par le travail et la recherche qui ouvre des voies de la connaissance : la franc-maçonnerie, par les influences subies à caractère chevaleresque, hermétique, alchimique, compagnonnique, kabbalistique a conservé et rassemblé différents traditions et ésotérismes, c’est ce trésor qu’elle nous offre.
– Espace de méditation, de réflexion, d’introspection, d’engagement, la Franc-maçonnerie m’a permis de me renouer avec moi-même, une façon de dire que j’ai rassemblé mes éparpillements d’êtres pour les réconcilier dans une cohérence solide que je sens en moi parce qu’il me semble mieux me connaître en soi et à mes limites, une façon de s’accepter tel que l’on est. Et en vieillissant, cette sérénité est un réconfort inestimable.
– Espace de rencontre : on y apprend à vivre pendant longtemps avec les autres, s’obliger à prendre la posture de la fraternité, de la solidarité et de la tolérance, ce qui à terme devient une vraie nature et, ancré au plus profond de nous, suscite un élan sincère, affectueux et respectueux pour l’autre, tout autre, que l’on rencontre dans le temple ou surtout à l’extérieur.
La discrétion dont elle entoure ses activités et qu’elle impose à ses membres n’en fait pas, pour autant, une société secrète : elle se manifeste souvent publiquement et ses «secrets» ont été depuis longtemps révélés au monde profane par d’innombrables ouvrages.
L’originalité de la Franc-maçonnerie par rapport aux autres associations et institutions humaines tient à sa nature de société initiatique et à ses méthodes de travail. Elle n’est ni une secte car elle n’a pas de doctrine à imposer aux autres hommes, ni un parti car elle ne cherche pas conquérir le pouvoir, ni une église, car, si elle se veut universelle, son prosélytisme est limité et n’exclut aucune croyance. Elle n’a qu’un seul dogme, celui de la perfectibilité de chacun.
Le Convent de 1877 du GODF choisira d’en dire : « Laissons aux théologiens le soin de discuter des dogmes. Laissons aux Églises autoritaires le soin de formuler leur syllabus. Mais que la Maçonnerie reste ce qu’elle doit être, c’est-à-dire une institution ouverte à tous les progrès, à toutes les idées morales et élevées... Qu’elle se garde de vouloir être une Église, un Concile, un Synode… Que la Maçonnerie plane donc majestueusement au-dessus de toutes ces questions d’églises ou de sectes qu’elle domine de toute sa hauteur… ».
«On sait, dit Thomas Pascal Boulage, que les révélations faites aux initiés étaient de trois sortes : la morale les hautes sciences, et les dogmes sacrés. Voilà pourquoi la Franc-maçonnerie est, dans ses trois grades, une école de morale, de science et de vertu». La Franc-maçonnerie, école de sagesse, propose une quête ontologique aux hommes et aux femmes de bonne volonté. C’est une voie élective et sélective d’ascèse de la virtuosité (au sens que lui donne Marc Halévy), de travail spirituel, de discipline, de fraternité qui donne valeur, non à la morale, mais à l’éthique maçonnique.
La Franc-maçonnerie en tant qu’institution n’a pas vocation à fabriquer des idéologies et à les répandre dans le monde profane.
Alors, quelle synthèse proposée ? Pourquoi pas celle-là ?
La Franc-maçonnerie est une méthode de perfectionnement individuel, selon une certaine éthique universelle et utilisant une symbologie particulière, pratiquée selon un rituel collectif qui lui est propre, dans laquelle sous condition d’admission on est intégré par une initiation.
Cependant, l’évolution de la Franc-maçonnerie portée par les francs-maçons et les institutions obédientielles n’est pas à l’abri de critique
Les positions polymorphes irréductibles des différentes obédiences laissent clairement penser, qu’aujourd’hui, le système fait obstacle à la voie maçonnique. Le jugement qu’en porte Jean-Marc Vivenza dans la note de bas de page 10 de son article Entretiens spirituels et écrits métaphysiques est sans concession. « La franc-maçonnerie, terme qu’il faudrait d’ailleurs mettre au pluriel, tant ce nom désigne, en fonction des obédiences, des juridictions et des rites, et surtout de la manière dont sont pratiqués ces derniers, des « voies », des « orientations », des « dépôts », absolument dissemblables et de valeurs foncièrement inégales. Ce à quoi se rajoute, de par le lent travail de dissolution dont le temps est le principal responsable, une progressive dépossession et concrète disparition des qualifications initiatiques dans beaucoup de structures, où « l’influence spirituelle » a été, soit fortement dégradée, soit parfois, et le plus souvent, négligée, oubliée, voire, carrément combattue ou perdue, aboutissant à une quasi rupture, par dégénérescence, de la chaîne de succession ininterrompue, nous mettant, dès lors, en présence «d’associations» profanes du point de vue spirituel, qui maintiennent par habitude des règles de discrétion, tout en étant animées par des principes qui n’ont plus rien de traditionnels, allant même, paradoxalement, jusqu’à afficher de nettes préventions, pour ne pas dire une hostilité, pour tout ce qui touche ou relève de la Tradition. Ainsi s’explique pourquoi beaucoup de « sociétés discrètes », qui purent relever de la catégorie « secrète initiatique » il y a encore peu, n’ont plus grand-chose à voir aujourd’hui avec ce qu’est «l’initiation», ou de façon très vague, imposant d’établir cette distinction entre des formes structurelles qui s’isolent et se réunissent pour réfléchir à des projets sociétaux, des buts humanitaires et philanthropiques, en accordant un intérêt plus ou moins prononcé pour l’Histoire et le symbolisme, des authentiques « organisations initiatiques », qui appartiennent « à un ordre tout différent ».
Vous l’aurez compris, cet article évoque la Franc-maçonnerie en tant qu’Institution qui se doit de défendre sa forme, ses contours qui l’identifie. mais si vous voulez comprendre ce qu’est la Franc-maçonnerie dans ce qu’elle apporte à ses membres, plongez et baignez-vous dans l’esprit de l’article d’Alexandre Jones paru le 25 janvier 2026, il y a là une lumière à recueillir.
