lun 26 janvier 2026 - 19:01

B comme Boaz dans la Franc-maçonnerie

Le terme « Boaz » désigne l’une des deux grandes colonnes en bronze dressées à l’entrée du Temple de Salomon, celle qui se trouvait à gauche en entrant dans le sanctuaire. En Franc-maçonnerie, Boaz est un symbole fondamental, souvent associé à la force, à la stabilité et à la dualité cosmique, formant une paire indissociable avec Jakin (ou Jachin), la colonne de droite. Ces colonnes encadrent symboliquement l’accès au temple maçonnique, marquant le passage du profane au sacré. Elles incarnent des principes initiatiques profonds, inspirés de la Bible, et sont intégrées dans les rituels pour rappeler au maçon les fondements de sa quête spirituelle.

Leur emplacement et rôle architectural soulignent une fonction plus décorative et symbolique que structurelle, tandis que le nom « Boaz » évoque « en lui la force » ou « dans la force », exprimant la puissance divine soutenant l’édifice. Cet exposé explore de manière exhaustive sa définition, ses origines, sa description, ses variations, ses usages et son symbolisme, enraciné dans la tradition maçonnique.

Définition et contexte général

En Franc-maçonnerie, Boaz est la colonne gauche du porche du Temple de Salomon, reproduite dans les temples maçonniques comme un pilier symbolique. Elle représente la force passive, la miséricorde ou la polarité féminine, en complémentarité avec Jakin, qui symbolise la stabilité active ou la rigueur. Ensemble, elles forment les « colonnes B et J », essentielles au décor rituel, et marquent le seuil entre le monde extérieur (profane) et l’espace intérieur (initié). Boaz n’est pas un simple ornement ; elle incarne la puissance spirituelle et la solidité de la foi, invitant le maçon à intégrer ces qualités dans son parcours. Dans les loges, elle est souvent placée au nord-ouest, près de la colonne des Apprentis, et sert de repère pour les mouvements rituels.Ce symbole est omniprésent dans les trois grades symboliques, mais culmine au grade de Maître, où la légende d’Hiram relie les colonnes à la construction du Temple. Boaz évoque la force intérieure nécessaire pour soutenir l’édifice moral et spirituel du maçon, alignée sur les valeurs de fraternité, d’égalité et de tolérance. Dans un contexte plus large, elle relie la maçonnerie à des traditions anciennes, comme l’architecture sacrée ou l’ésotérisme, où les colonnes duales représentent l’équilibre cosmique.

Étymologie et origines historiques

Le nom « Boaz » provient de l’hébreu « בֹּעַז » (Bo’az), traduit généralement par « en lui la force », « dans la force » ou « avec force ». Cette étymologie est tirée de la Bible (1 Rois 7:21 et 2 Chroniques 3:17), où Boaz est la colonne gauche érigée par Hiram de Tyr pour le roi Salomon. Historiquement, ces colonnes du Temple de Jérusalem (construit vers 950 av. J.-C.) mesuraient environ 18 coudées (environ 8 mètres) de haut, surmontées de chapiteaux en forme de lis ou de grenades, symboles de fertilité et d’abondance.

Les origines remontent aux architectures antiques : influences phéniciennes (via Hiram), égyptiennes (colonnes comme axes du monde) ou mésopotamiennes (piliers cosmiques). Dans la tradition juive, Boaz est aussi un ancêtre du roi David, signifiant « force » dans un sens généalogique. En maçonnerie opérative médiévale, les colonnes symbolisaient la stabilité des cathédrales, mais c’est avec la maçonnerie spéculative au XVIIIe siècle que Boaz devient initiatique. Les Constitutions d’Anderson (1723) intègrent le Temple de Salomon comme allégorie, et les rituels anglais (comme l’Émulation) fixent Boaz à gauche, bien que des inversions existent en France pour des raisons phonétiques ou symboliques. Au XIXe siècle, avec l’essor du REAA, Boaz s’enrichit d’interprétations ésotériques, liant force à l’alchimie ou à la kabbale.

Description du rituel et rôle architectural

Dans le temple maçonnique, Boaz est représentée comme une colonne en bois, pierre ou métal, souvent noire ou ornée de motifs (grenades, chapiteaux lotiformes). Elle se dresse à l’entrée ouest, à gauche du Vénérable Maître, marquant le côté nord (associé aux Apprentis). Architecturalement, comme dans le Temple de Salomon, elle encadre le vestibule (ulam), servant de gardien symbolique sans rôle porteur réel – une fonction décorative soulignant la transition sacrée. Rituellement, Boaz est invoquée lors de l’ouverture des travaux : le maçon passe entre les colonnes pour entrer en loge, symbolisant le passage initiatique.

Deux colonnes

Au grade d’Apprenti, elle représente la force brute à polir ; au Compagnon, la stabilité des sens ; au Maître, la résurrection spirituelle via la légende d’Hiram. Les colonnes sont surmontées de globes (céleste pour Jakin, terrestre pour Boaz), évoquant l’univers dual. Leur hauteur et leur ornement (airain pour la durabilité) rappellent la Bible, où elles sont décrites comme creuses, peut-être pour contenir des archives sacrées.

Variations selon les grades et rites

Boaz varie en interprétation et placement selon les grades et rites.

  • Grade d’Apprenti : Boaz symbolise la force passive, où l’initié reçoit son salaire (connaissance) à sa base, marquant l’introspection.
  • Grade de Compagnon : Elle évoque la dualité des cinq points, complémentaire à Jakin pour l’équilibre architectural.
  • Grade de Maître : Liée à la mort et renaissance d’Hiram, Boaz représente la force divine soutenant le temple reconstruit.

Par rite :

  • Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) : Boaz intègre des nuances soufies ou kabbalistiques, comme pilier de miséricorde (Chesed).
  • Rite Français : Inversé parfois (Boaz à droite pour phonétique), axé sur la force morale républicaine.
  • Rite Écossais Rectifié : Chrétien, Boaz évoque la force divine en Jésus.
  • Rites Anglo-Saxons : Boaz à gauche, fidèle à la Bible, avec accent sur la stabilité.

Dans les hauts grades, Boaz s’étend à des symboles chevaleresques ou alchimiques.

Occasions d’utilisation

Boaz est utilisée lors des initiations (passage entre colonnes), élévations (serment près de Boaz), et fermetures (batteries rythmées). Elle marque les agapes ou cérémonies funèbres, rappelant la force éternelle. En tenues, le Second Surveillant (près de Boaz au REAA) guide les Apprentis, symbolisant leur soutien.

Symbolisme et significations profondes

colonnes

Boaz incarne la force intérieure, la polarité passive (lune, eau, féminin), en dualité avec Jakin (soleil, feu, masculin). Elle symbolise le soutien divin, la stabilité face au chaos, et le passage initiatique. Ésotériquement, elle relie à l’arbre de vie kabbalistique (pilier de miséricorde), à l’alchimie (force transmutatrice), ou au soufisme (ascèse intérieure). Phallique ou cosmique, elle évoque l’axe du monde, invitant le maçon à bâtir son temple intérieur avec force et stabilité.

Conclusion

Boaz est un symbole pivot de la Franc-maçonnerie, ancrant le maçon dans la tradition salomonienne pour une quête de force spirituelle et d’équilibre. Dans un glossaire maçonnique, il illustre comment un élément biblique devient un outil initiatique, guidant vers la lumière et la fraternité.

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