Mercredi 11 mars 2026 à 19h30, l’Hôtel de la Grande Loge de France accueillera, au cœur du Grand Temple Pierre Brossolette, les 5èmes Entretiens Pic de la Mirandole, placés sous le signe d’une question aussi simple qu’inépuisable :
« Qui sont les porteurs de
lumière ? »
Yves Pennes, GM GLNF et Jean-Raphaël Notton, GM-GLDF –
Ces Entretiens sont le fruit d’une coopération vivante entre la Grande Loge de France et la Grande Loge Nationale Française, et témoignent, au-delà des étiquettes, d’une volonté partagée de deux Grands Maîtres qui se connaissent bien : mettre en dialogue ce qui éclaire, confronter les regards, faire circuler la parole là où la tradition n’est pas un musée, mais un souffle.
Selon un déroulé désormais bien rodé – et, sourions fraternellement, une roadmapcomme on sait parfois en affectionner à la GLNF – cette conférence publique donnera lieu à des interventions croisées, suivies d’un débat permettant d’aborder les différents aspects du thème. Les participants se feront une joie de répondre aux questions, et une séance de dédicace, s’il y a lieu, prolongera les échanges.
Pic de la Mirandole, ou la lumière sans propriétaire
Pourquoi ce nom parle si fort à un Franc-maçon – et pourquoi il fallait le choisir
Il y a des patronages qui décorent, et d’autres qui orientent. Choisir Jean Pic de la Mirandole (1463-1494) pour des « Entretiens », ce n’est pas accrocher une médaille humaniste au revers d’un programme : c’est placer, au-dessus de la table, une exigence de méthode. Pic n’est pas seulement un prodige de la Renaissance ; il est une conscience en marche, un esprit qui refuse les cases, un homme qui avance au bord des frontières – celles des disciplines, des langues, des autorités – parce qu’il cherche ce point rare où la pensée devient un acte.
Ce que Pic poursuit porte un nom simple et dangereux : la concorde. Non pas l’accord tiède qui endort, mais la possibilité d’une intelligence qui relie sans confondre. Il veut embrasser l’héritage des Grecs et des Latins, le platonisme et l’aristotélisme, la théologie et la philosophie, et il ose ce geste immense des 900 thèses qu’il souhaite défendre à Rome. Le choc avec le pouvoir religieux est inévitable. Et cette friction, pour un franc-maçon, n’est pas un épisode exotique : elle rappelle que la lumière n’est jamais neutre. Elle dérange les habitudes, elle inquiète les certitudes, elle oblige à distinguer ce qui éclaire de ce qui éblouit.
Blason GLDF
Pic devient alors, pour nous, une figure initiatique au sens le plus strict
Il montre que la quête n’est pas une collection d’idées, mais une ascèse de discernement. Relier les traditions n’est pas les mélanger. Parler d’universel n’est pas effacer les différences. La concorde n’est pas un slogan : c’est une architecture intérieure, une manière de tenir ensemble des vérités partielles sans les transformer en dogmes. Cette tension, nous la connaissons : c’est celle du Temple, où la pluralité ne doit pas devenir cacophonie, et où l’unité ne doit jamais devenir uniformité.
À cela s’ajoute ce texte qui, comme une clé, continue de vibrer à travers les siècles : le Discours sur la dignité de l’homme. Chez Pic, la dignité n’est pas un titre qu’on exhibe, c’est une responsabilité qu’on conquiert. L’être humain n’est pas assigné : il est appelé à se faire, à se construire, à se choisir, à se rectifier. Un franc-maçon entend là une fraternité profonde : la dignité comme travail, la liberté comme devoir, la lumière comme tâche. Nous ne “possédons” pas la lumière ; nous apprenons à la servir, à la transmettre, à l’empêcher de se dégrader en vanité.
Et puis il y a l’autre Pic, plus secret, plus symbolique : celui qui s’intéresse aux lettres, aux nombres, aux correspondances, et qui participe à l’élan de la kabbale chrétienne. Là encore, ce n’est pas un appel à l’ésotérisme de vitrine. C’est un rappel : le symbole ne prouve pas, il met en mouvement. Il oblige à relire, à méditer, à quitter la surface. Pic nous dit que la pensée, lorsqu’elle est vraie, ne se contente pas de commenter le monde : elle le transforme en nous.
Logo-GLNF-Officiel
Voilà pourquoi ce nom s’impose pour des « Entretiens » maçonniques
Il désigne un lieu de parole où l’on peut chercher haut, sans se mentir, sans simplifier, sans réduire l’autre à un adversaire ou à un public. Et voilà pourquoi le thème annoncé, « Qui sont les porteurs de lumière ? », trouve sous son patronage une résonance singulière : un porteur de lumière n’est pas un propriétaire. Il ne règne pas ; il éclaire. Il ne confisque pas ; il partage. Il ne projette pas ; il accompagne. Il ne se met pas au centre ; il aide chacun à trouver son propre centre.
C’est dans cet esprit que les 5e Entretiens Pic de la Mirandole inviteront à poursuivre la recherche au siège de la Grande Loge de France.
Les deux présentateurs de cette soirée pourront d’ailleurs librement s’inspirer de cette mise en perspective de Jean Pic de la Mirandole : non pour en faire un portrait passéiste, mais pour en reprendre l’élan, l’exigence et la boussole, afin d’ouvrir le débat à partir de ce qu’il a de plus vivant – une lumière qui ne se décrète pas, qui se travaille, et qui se partage.
Parce qu’il est des soirs où la tradition ne se raconte pas : elle se vérifie, par la parole, par l’écoute, par l’exigence fraternelle. Et parce que la lumière, au fond, ne se proclame pas : elle se reconnaît.
« Qui sont les porteurs de lumière ? » Le thème sera traité sous des angles différents et nous ne manquerons pas de te tenir informé, à mesure que le programme se dévoilera.
Informations pratiques
Date : mercredi 11 mars 2026
Heure :de 19h30 à 22h
Lieu : Hôtel de la Grande Loge de France, Grand Temple Pierre Brossolette, 8 rue Louis Puteaux, 75017 Paris
Intervenants : Pour l’occasion, les deux Grandes Loges auront l’honneur d’accueillir des conférenciers de haute tenue, érudits et captivants, dont nous vous communiquerons très prochainement les noms
Réservation obligatoire : Venez nombreux partager cette grande soirée d’échanges et d’enrichissement fraternel au siège de la Grande Loge de France. Les inscriptions sont ouvertes via le lien GLNF, et nous attendons la mise en ligne du lien GLDF que nous vous transmettrons dès réception. Entrée libre sous réserve des places disponibles.
Grand Temple Pierre Brossolette de la GLDF
Pour information, le Grand Temple Pierre Brossolette*, dénommé ainsi depuis 2014, a une capacité d’accueil estimée à environ 350 places pour les événements publics ou cérémonies.
ierre-Brossolette – Wikipédia, détail
*Pierre Brossolette (1903-1944), journaliste socialiste engagé dans la Ligue des droits de l’Homme et la lutte contre l’antisémitisme, sert comme lieutenant puis capitaine durant la mobilisation de 1939, obtenant la Croix de guerre avant d’intégrer la Résistance dès 1940-1941 au sein du réseau du musée de l’Homme, puis de la Confrérie Notre-Dame. Il tisse des liens étroits avec des mouvements clés tels que Libération-Nord et l’Organisation civile et militaire (OCM), devenant Compagnon de la Libération pour son action héroïque.
L’Aurore Sociale (Grand Orient de France, Orient de Troyes)
Son passé maçonnique : Initié le samedi 22 janvier 1927 à la loge Émile Zola (Grande Loge de France), il gravit les hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté au Suprême Conseil de France, et s’affilia en 1937 à la Respectable Loge L’Aurore Sociale (Grand Orient de France, Orient de Troyes), restant très assidu jusqu’à la guerre.
Sous la torture, Pierre Brossolette ne livra qu’un seul nom, le sien, préférant s’offrir à la mort plutôt que de trahir le serment sacré. Sa fin glorieuse résonne comme l’écho du mythe d’Hiram, notre Hiram des temps modernes, dont le silence inviolé illumine les ténèbres de l’épreuve.
Pierre d'Allergida, dont l'adhésion à la Franc-Maçonnerie remonte au début des années 1970, a occupé toutes les fonctions au sein de sa Respectable Loge Initialement attiré par les idéaux de fraternité, de liberté et d'égalité, il est aussi reconnu pour avoir modernisé les pratiques rituelles et encouragé le dialogue interconfessionnel. Il pratique le Rite Écossais Ancien et Accepté et en a gravi tous les degrés.
Est-ce reproductible en province ? Toulouse ?