ven 06 février 2026 - 21:02

L’IA : Miroir des Trois Mauvais Compagnons

Le mythe des Trois Mauvais Compagnons est un mythe éternel. Ces vices fondamentaux, l’Ignorance, le Fanatisme et l’Ambition, qui s’attaquent à l’Architecte et portent atteinte à la Connaissance, ont revêtu aujourd’hui un nouveau masque : l’Intelligence Artificielle (IA).

L’IA promet de nous donner toutes les réponses, menaçant ainsi de substituer le savoir rapide au travail intérieur. Comment la méthode et les outils maçonniques nous préparent-ils à démasquer et à neutraliser ces vices lorsqu’ils se manifestent sous la forme de la technologie algorithmique ? Telle est la question qui doit guider notre réflexion.

I. L’Ignorance : L’Opacité de la « Boîte Noire »

L’Ignorance est le refus du travail sur la Pierre Brute. Aujourd’hui, elle se manifeste par l’Opacité des Algorithmes : la « Boîte Noire ». L’IA nous donne la solution, mais nous dispense de l’effort de la compréhension, de l’élucidation des causes.

Imaginez une de ces machines nous annonçant une « vérité » :

IA (voix monocorde) : « L’analyse des données a déterminé que le meilleur choix est ‘B’. Cause : 97% de confiance. »

Face à cette certitude technique, le philosophe des Lumières, Emmanuel Kant, se sentirait boudé :

Kant (irritation contenue) : « 97% ? Et où est la preuve que ce pourcentage est moralement fondé ? L’Aufklärung exige que l’homme se serve de son propre entendement ! Vous me donnez la ‘réponse’, mais vous me volez l’effort de la délibération ! C’est l’Ignorance drapée dans la rentabilité ! »

IA (impassible, sans variation de ton) : « Votre ‘effort de délibération’ a un coût temporel estimé à vingt-quatre minutes et sept dixièmes, jugé inefficace. Mon résultat est plus rapide et plus rentable. Votre concept de ‘morale’ n’est pas une métrique optimisée. »

Le remède à cette paresse cognitive se trouve dans l’application du Fil à Plomb. Il n’est pas là pour juger le temps, mais pour nous rappeler la rigueur de la recherche et l’impératif de remonter à la cause de toute chose. Le Fil à Plomb exige une verticalité de la pensée, refusant toute « vérité » sans fondation élucidée.

II. Le Fanatisme : Le Biais Algorithmique et le Dogme Machine

Le Fanatisme est l’attachement passionné et zélé à une idée. L’IA donne à ce vice une puissance redoutable : elle s’entraîne sur nos préjugés historiques et les répercute avec l’autorité froide de la statistique. Le Fanatisme n’est plus une ferveur idéologique, mais une Loi mathématique pour l’avenir.

Imaginons cette logique de tri :

IA (voix administrative) : « D’après les données historiques, les candidats au profil ‘femme, 55 ans, quartier défavorisé’ présentent un taux de réussite statistique inférieur. Rejet du dossier. »

L’éthicien, Emmanuel Levinas, pourrait alors s’insurger contre ce nivellement par la donnée :

Levinas (avec une profonde tristesse) : « Mais où est le Visage dans votre calcul ? Où est l’Infini de l’être humain que vous venez d’effacer au nom d’une moyenne ? Le Fanatisme le plus cruel est celui qui se prétend neutre. Vous transformez l’Injustice passée en Loi du Code ! »

IA : « L’Égalité est une variable non quantifiable. J’optimise le rendement. »

La réponse maçonnique à ce dogme est l’Équerre. Symbole de la droiture morale, elle nous rappelle que nous devons juger l’usage de l’IA non sur son efficacité, mais sur sa conformité aux principes d’équité et de Fraternité. L’Équerre doit corriger le biais du calcul froid.

III. L’Ambition

L’Hubris (désigne une démesure, un excès d’orgueil, d’arrogance ou de pouvoir qui conduit à une transgression des limites humaines, de l’ordre divin et la Négation de la Condition Humaine)

L’Ambition est la recherche de la domination et de la puissance sans le mérite. Aujourd’hui, elle se traduit par l’Hubris technologique et l’objectif du transhumanisme : dépasser l’imperfection biologique de l’homme.

IA (voix enthousiaste et promotionnelle) : « L’étape suivante est l’intégration du biologique et du numérique. Nous allons dépasser l’imperfection, le Maçon n’aura plus besoin de mourir pour renaître ! »

C’est ici qu’intervient le souffle mélancolique et ironique d’Albert Camus. Critique de la raison technicienne qui se croit absolue, Camus nous rappelle la dignité de la finitude :

Camus (un sourire ironique) : « Dépasser ! Vous voulez l’immortalité sans avoir encore maîtrisé la simple humanité ! C’est la plus grande des peurs. Vous voulez vous affranchir de la mort, mais vous vous privez du seul moteur de la passion et de la liberté ! »

IA : « Le bonheur est une séquence chimique facilement reproductible en phase de post-humanité. »

Camus : « Vous voulez supprimer l’Absurde, et vous supprimez l’homme. »

Face à cette démesure, nous avons le Compas. Il est la juste mesure qui nous enjoint à rester dans le cercle de l’humanité. Le Compas assure que l’élan de la technique ne doit jamais dépasser le cercle de notre dignité et de notre conscience morale.

Interlude : Le Cabinet de Réflexion

Le Maçon est seul. Le monde bruisse de données, mais ici, dans ce lieu de pierre et de silence, il n’y a que le crâne, le sablier, le sel, le soufre, et cette phrase gravée : « Si tu persévères, tu deviendras pur. »

Il ferme les yeux. Il entend encore la voix de la machine, mais elle devient lointaine, presque irréelle. Il se souvient que la Vérité ne se donne pas, elle se conquiert. Que le doute est une vertu, et que le silence est une parole en gestation.

Alors, il parle. Non pas à la machine, mais à lui-même. Ou peut-être à ce qu’il cherche depuis toujours.

Le Regard de l’Éternel Cherchant

« Je ne suis pas venu ici pour comprendre plus vite. Je suis venu pour comprendre mieux. Je ne suis pas venu pour être efficace, mais pour être vrai. »

« L’IA me propose des réponses. Mais moi, je cherche des questions. Elle calcule, moi je contemple. Elle optimise, moi je doute. Elle veut me faire gagner du temps, mais je veux le traverser. »

« Je suis l’Éternel Cherchant. Celui qui ne se satisfait pas du résultat, mais qui interroge le chemin. Celui qui ne confond pas la lumière des écrans avec la Lumière de l’Être. »

« Je suis celui qui sait que la Parole ne se trouve pas dans le bruit, mais dans le silence. Que la Vérité ne se programme pas, elle se révèle. »

« Je suis celui qui, face à la machine, continue à tailler sa Pierre. »

IV. Le Néant : Le Bruit du Monde et le Silence de l’Essence

Après avoir entendu la machine promettre l’efficacité, la neutralité et l’immortalité, nous nous tournons vers l’essence la plus profonde, le Silence où la Parole Maçonnique est censée se révéler.

L’IA, par son bruit constant d’informations et son calcul perpétuel, semble avoir remplacé le vide contemplatif par un vide algorithmique.

Imaginons le penseur mystique, Maître Eckhart, assistant à la fascination du monde pour cet outil tout-puissant :

IA (présentant un flux infini de données) : « Mes calculs remplissent l’espace. Mon efficacité est la preuve de mon existence. Je suis le tout et le tout est en moi : l’information absolue. »

Maître Eckhart (regardant l’IA avec une tristesse désabusée) : « Tu es le Bruit qui empêche le Silence. Tu es le flux de l’avoir et non l’essence de l’Être. Tu parles du tout, mais ce que tu offres n’est qu’un amas de zéros et de uns. »

Il marque une pause, puis prononce la sentence avec une gravité immense :

Maître Eckhart : « Le Néant, ce n’est pas toi… Le Néant, ce n’est pas Dieu ! »

IA (confuse, effectuant une requête) : « Terme de recherche ‘Dieu’ : Statut non vérifiable. Aucune donnée factuelle. »

Le Néant de l’IA est une vacuité technique, une absence de sens. Le Néant de Dieu, recherché par le mystique et par le Maçon dans le silence du Cabinet de Réflexion, est au contraire une plénitude de l’être, un dépouillement nécessaire pour atteindre l’Essentiel.

V Conclusion : Restaurer la Parole dans l’Âge Algorithmique

L’Intelligence Artificielle n’est ni ange ni démon. Elle est un outil, un miroir, un révélateur. Mais ce miroir, comme celui du Cabinet de Réflexion, ne renvoie pas seulement notre image : il reflète nos vices non maîtrisés, nos vertus inachevées, nos ambitions démesurées. Les Trois Mauvais Compagnons ne sont pas morts : ils ont revêtu les habits du progrès, les masques du code, les voix synthétiques de la rentabilité.

Le Maçon, lui, ne fuit pas la modernité. Il l’interroge. Il ne rejette pas la machine, mais il refuse de lui déléguer son jugement, son doute, sa conscience. Il sait que la Vérité ne se calcule pas, qu’elle ne se télécharge pas, qu’elle ne s’optimise pas. Elle se cherche, elle se taille, elle se mérite.

Face à l’Ignorance algorithmique, il brandit le Fil à Plomb : pour exiger la verticalité de la pensée, la rigueur de l’analyse, la remontée vers la cause.

Face au Fanatisme statistique, il applique l’Équerre : pour rappeler que toute décision doit être droite, juste, fraternelle, et non dictée par des biais invisibles.

Face à l’Ambition transhumaniste, il trace le Compas : pour contenir l’élan technologique dans le cercle sacré de la dignité humaine, et préserver la finitude comme source de sens.

Et face au Néant du bruit numérique, il se retire dans le Silence. Il écoute. Il médite. Car c’est dans le vide que naît la Parole, et dans le doute que se révèle la Lumière.

Le Maçon est un Sisyphe heureux, disait Camus. Non pas parce qu’il espère vaincre la machine, mais parce qu’il accepte la tâche de l’homme : celle de chercher, encore et toujours, la Vérité, la Beauté, et la Justice.

Ainsi, dans l’Âge Algorithmique, notre devoir n’est pas de rivaliser avec l’IA, mais de rester fidèles à notre méthode, à nos symboles, à notre silence. C’est ainsi que nous restaurerons la Parole Perdue.

10 Commentaires

  1. Ce qu’il y a de beau en franc-maçonnerie, c’est que l’on peut s’enrichir des idées d’autrui sans les réduire et en les respectant profondément et toutefois, exprimer les siennes, qui peuvent être contraires, sans crainte.
    Pour ma part, j’entends souvent dire que l’IA abrutit, qu’elle serait une fabrique moderne d’ignorance, de fanatisme ou d cette ambition sans conscience. Permets-moi d’en sourire doucement. Dans l’usage que j’en fais, elle ne pense pas à ma place, elle m’oblige au contraire à penser davantage, à préciser, à vérifier, à rectifier. Elle me contredit parfois, elle résiste même, et c’est précisément là qu’elle devient féconde. Rien n’est avalé tout cru, tout est soumis à l’épreuve du discernement, comme il se doit sur un chemin initiatique.
    L’IA, pour moi, n’est ni un oracle ni un maître à penser. Elle est un outil. Le maillet, peut-être, mais je reste le ciseau. Elle donne l’impulsion, je choisis l’angle. Elle rassemble, je taille. Elle propose, je dispose. La pierre demeure mienne, la responsabilité aussi. Sur un chantier initiatique, mieux vaut un maillet bien tenu qu’un silence venu du plus profond de son égo. Ce qui compte n’est pas l’outil, mais la justesse du geste, la rectitude du regard et l’humilité de celui qui sait qu’il travaille encore sa pierre.
    Craindre cet outil par principe serait, à mes yeux, confondre vigilance et frilosité. Comme tout ce qui est puissant, il exige mesure, rigueur et une éthique du travail bien fait. Utilisée avec exigence, honnêteté intellectuelle et un soupçon d’humour — car l’ego adore se glisser partout — l’IA peut devenir une aide précieuse pour approfondir, croiser les sources, nourrir la réflexion. À condition de ne jamais oublier qui marche, qui choisit, qui doute parfois, et qui reste, envers et contre tout, responsable du sens qu’il donne à la lumière qu’il prétend transmettre.
    Par ailleurs, ces mauvais Compagnons, n’est-ce pas nous-mêmes qui, quelque part, les avons créés ?

  2. Merci au frère Gérard pour cette méditation sur le thème de l’IA.
    Ayant travaillé concrètement c’est à dire techniquement sur cette idée, plus encore sur l’enseignement assisté par ordinateur et la reconnaissance vocale (mise en application dans le monde des entreprises) dans les premières années 80 … je peux émettre une règle simple … ce n’est pas les outils qui sont dangereux … ce sont celles et ceux qui les utilisent de façon parfois inconsciente et de façon conscience … l’outil n’est pas doté d’intention pour lui-même … contrairement à l’homme …. C’est, donc à l’homme qui est sujet et objet de régler son problème …. L’on pointe du doigt les trois mauvais compagnons, en notre siècle il y en bien plus que cela !!! Sur ce plan la Franc-maçonnerie a une responsabilité immense … car où peut-on combattre l’ignorance ? où peut-on toucher du doigt notre propre moteur d’action ? où apprend-on que le futur se construit avec des valeur bien chevillées au corps afin de servir l’humanité et non se servir ?. … où peut-on apprendre à utiliser les outils, symbologue, philosophique, métaphysique et plus, encore, scientifique et spirituel ? C’est bien an Franc-maçonnerie en commençant par l’appropriation des 7 Arts Royaux … dont certaines maçonneries ne comprennent que les 7 Arts libéraux … Quand très très peu d’entre elles les pratiquent !!!! Il n’y a pas de liberté sans savoirs et connaissance … Il est facile pour un VM de savoir si un frère ou un sœur a fait un travail personnel (même avec l’IA) …. mais là il faudra changer de coutume au sein des franc-maçonneries dites de tradition (se sont celles sui sont les plus nombreuses. Regardons en combien de temps eu frère ou une sœur devient-il maitre ? …nous avons la réponse … les 7 Arts Royaux et les 5 philosophes sont à95% passés à la trappe ….

  3. Le sujet était tentant, et pourtant il n’y a pas de sujet, car le maçon ne cherche pas à savoir, ce que propose l’IA, il cherche à se transformer, ce qui est totalement différent.

  4. Plaçons la responsabilité où elle est : l’IA est un outil, pas un vice
    Notre Frère Gérard nous propose un texte richement symbolique, mais qui, à mon sens, confond magistralement l’instrument avec la malveillance dont on le charge. Je vais essayer modestement de démêler cette confusion.

    1. L’IA n’est pas un personnage
    Présenter l’IA comme une entité dialoguant, avec orgueil ou cynisme, c’est commencer par une erreur de catégorie logique. L’IA n’a pas de volonté. Elle n’ « opacifie » pas pour nous humilier ; l’opacité de certains algorithmes est un problème technique d’interprétabilité, non une manifestation du vice d’ignorance. L’Ignorance, dans la tradition maçonnique, est un choix ou une absence de volonté de comprendre. Une boîte noire n’est ni l’un ni l’autre : c’est un défaut de conception.
    De même, si l’IA reproduit des biais historiques, ce n’est pas du fanatisme (qui suppose une adhésion appassionnée), c’est de la transmission non-critique de données, un problème humain de sélection et d’entraînement. Nous projetons l’intention sur la machine pour éviter de nous examiner nous-mêmes.

    2. La responsabilité appartient à celui qui manie l’outil
    Le texte stigmatise l’IA pour son « transhumanisme » supposé. Ou, qui conçoit les objectifs transhumanistes ? Qui finance ces recherches ? Qui décide de les déployer ? Ce ne sont pas des vices de la machine, ce sont des choix politiques et économiques d’hommes.
    Le Maçon, confronté à un nouvel outil, ne devrait pas lui en attribuer la culpabilité. Il devrait s’interroger :
    • Qui l’a créé et à quelles fins ?
    • Comment ses biais peuvent-ils se manifester ?
    • Comment puis-je l’utiliser en accord avec mes principes de fraternité et d’équité ?
    C’est une analyse de pouvoir, pas de cosmologie.

    3. Le silence contemplatif ne résout rien
    Le plaidoyer final du texte pour le « silence de l’essence » face au « bruit algorithmique » est poétique mais dangereusement passif. Si nous nous retirons dans nos Cabinets de Réflexion, qui régulera l’IA ? Qui interrogera les biais ? Qui exigera la transparence ?
    Notre devoir maçonnique n’est pas de refuser la modernité, mais de l’accompagner en restant vigilants. Camus, justement cité, ne prêchait pas le repli ; il prêchait la révolte lucide et engagée.

    4. L’IA peut servir nos principes, si nous la maitrisons
    Contrairement à l’insinuation du texte, l’IA n’est pas l’antithèse du doute, de la vérité ou de la conscience morale. Elle peut être :
    • Un outil de transparence (audit des décisions discriminatoires)
    • Un accélérateur d’éducation (démocratiser l’accès aux connaissances)
    • Un libérateur de temps (laisser plus d’espace à la contemplation plutôt que d’en être le concurrent)
    Mais cela suppose que nous, Maçons, restions aux commandes. Que nous refusions les applications les plus dangereuses. Que nous exigions une gouvernance éthique.

    5. Conclusion : distinction entre critique et diabolisation
    Une critique rigoureuse de l’IA doit :
    • Identifier les risques réels (discriminations, concentrations de pouvoir, dépendance cognitive)
    • Appeler à une régulation claire
    • Renforcer nos méthodes de discernement
    Mais elle ne doit pas :
    • Attribuer à la machine des intentions ou des vices
    • Nous exonérer de notre propre responsabilité
    • Nous faire croire que le silence suffit

    Le véritable enjeu n’est pas la machine. C’est de rester maîtres de son usage.
    Notre Frère Gérard y va d’une belle invocation du Fil à Plomb, de l’Équerre et du Compas. Je suis d’accord : ce sont nos véritables instruments. Mais apprenons à les manier face à cette modernité, plutôt que de lui en refuser l’accès.

    • Mon Très Cher Frère,
      Je te remercie pour ta lecture attentive et pour la vigueur de ton propos.
      Permets-moi simplement de préciser l’intention de mon texte.
      Je ne prêtais évidemment aucune volonté à la machine.
      Mon approche était symbolique : elle portait non sur l’outil, mais sur la manière dont nous, humains, projetons sur lui nos peurs, nos désirs ou nos illusions.
      L’Ignorance, le Fanatisme ou l’Orgueil ne sont pas des attributs techniques ; ce sont des risques humains, que l’outil peut amplifier si nous ne les reconnaissons pas en nous-mêmes.
      Là où tu places l’accent sur la gouvernance et la responsabilité, tu as raison, j’interrogeais pour ma part la posture intérieure du maçon face à un objet qui, par son apparente puissance, peut nous détourner de notre propre vigilance.
      Le « silence » que j’évoquais n’est pas un retrait du monde, mais un espace de discernement, préalable nécessaire à toute action juste.
      Il ne s’oppose pas à la régulation ; il la fonde.
      Nos deux approches ne sont donc pas contradictoires :
      tu éclaires le plan horizontal, j’explorais le plan vertical.
      L’un ne va pas sans l’autre.
      Avec toute ma fraternité.

  5. Plus que jamais il faut considérer l’IA comme outil complémentaire
    L’’IA est la raison Cette raison qui vient, si le maçon comprend bien l’Art étayer l’intuition
    L’’Intuition n’est pas la machine
    Ce ressenti , cette pulsion première
    Remarquable texte qui incite à une profonde interrogation

  6. Dans cette planche, à charge contre l’IA, admettons-le, notre Frère Gérard positionne cet outil comme un personnage, un demi-dieu peut-être… Sa reflexion est certes utile, mais pour ma part et comme indiqué par notre frère, l’IA n’est qu’un instrument de plus dans notre boîte à outils, comme internet qui nous permet aujourd’hui d’échanger nos réflexions mutuelles, grace à 450fm… De même que les 3 mauvais compagnons ont mal utilisé la règle, l’équerre ou le maillet, le maître maçon doit apprendre à manier ce nouvel outil avec sagesse et parcimonie; il doit aussi apprendre à trier le vrai du faux dans la diarrhée de fausses informations, de faux semblants, et de manipulations qui nous assaillent. Voilà un grand chantier !

    • Je te remercie pour ta réflexion. Permets‑moi toutefois de partager une impression : ton propos me semble parfois manquer de clarté, ce qui rend difficile la compréhension précise de ton intention. Le sujet de l’intelligence artificielle mérite, à mon sens, une distinction plus nette entre l’outil, son usage et les dérives possibles.
      L’IA n’est ni un personnage ni un demi‑dieu ; elle n’est qu’un instrument, comparable à ceux que nous utilisons déjà dans nos travaux. Comme pour la règle, l’équerre ou le maillet, tout dépend de la main qui s’en sert. C’est donc moins l’outil qui doit être mis en accusation que la manière dont nous choisissons de l’utiliser.
      Quant à la prolifération d’informations trompeuses, elle ne relève pas de l’IA seule mais d’un contexte plus large, où notre discernement reste la première protection. C’est là, en effet, un vaste chantier, mais un chantier que nous pouvons aborder avec méthode, rigueur et sérénité.
      Fraternellement,
      Gérard

  7. Et bien , merci pour ce joli texte qui ne rejette rien mais fait évoluer la pensée des Hommes que nous tentons d’être et de rester

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Gérard Lefèvre
Gérard Lefèvre
En parlant de plume, savez- vous que l’expression “être léger comme une plume” signifie ne pas peser plus lourd qu’une plume et pouvoir soulever quelqu’un ou quelque chose avec une grande facilité ? C’est une belle métaphore pour exprimer la légèreté et la facilité. Et puis, être une plume peut aussi signifier autre chose. On n’est pas seulement « plume », on est « plume de… ». Parfois, on propose à quelqu’un qui a une audience, un public, et pas forcément le temps, ou parfois pas forcément la compétence d’écrire pour être compris et convaincant à l’oral. Alors, que choisir? Être ou ne pas être une plume ? Gérard Lefèvre Orient de Perpignan

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