PANDORE vient du grec ancien désignant la première femme dans la mythologie grecque.
Quelle est donc la légende de PANDORE ?
ZEUS, atteint dans ses prérogatives et par vengeance envers Prométhée, celui qui voulait être Dieu à la place de Dieu en dérobant la puissance du feu, celui-ci a créé PANDORE, une sorte de Golem créée par la terre, l’eau, le feu et la force de l’esprit du dieu des dieux.
Elle fut fabriquée dans l’argile par HEPHAISTOS et ATHENA lui donna la vie, puis l’habilla, lui apprit l’habileté manuelle et le tissage. APHRODITE lui offrit la beauté, APOLLON le talent musical et HERMES lui enseigna le mensonge ainsi que l’art de la persuasion. ARGOS enfin compléta son éducation par l’art oratoire des fourbes et des menteurs.

- PANDORE avait deux frères , EPIMETHEE celui qui pense après, dépourvu d’esprit d’initiative et PROMETHEE celui qui pense avant intelligent, rusé.
- ZEUS confia à chacun une mission.
- PROMETHEE la construction des vivants.
- et à EPIMETHEE celle des animaux.
- PANDORE épousa EPIMETHEE. Ce dernier promit à son frère de refuser tout cadeau de mariage venant de ZEUS. Celui-ci offrit une boite à PANDORE qui l’accepta avec l’interdiction de l’ouvrir PANDORE brava cette interdiction et ouvrit la boite
Cette boîte contenait tous les maux de l’humanité : la vieillesse, la maladie, la guerre, la famine, la misère, la folie, la mort, le vice, la tromperie, la passion, l’orgueil ainsi que l’espérance. Tous ces maux s’échappèrent et partirent sur la terre. Alors PANDORE referma la boîte mais il était trop tard, plus aucun mal ne s’y trouvait, sauf l’espérance qui était plus lente à réagir.

John Flaxman.
Le comportement de PANDORE : une curiosité la pousse à ouvrir la boîte. La curiosité est une attitude complexe. Le LAROUSSE souligne la dualité de la curiosité qui peut être positive ou négative. Elle est décrite comme la qualité de quelqu’un qui a le désir de savoir ou comme un désir indiscret de savoir. La question est posée et très souvent on entend l’expression curieuse de tout mais aussi l’expression curiosité malsaine.
La deuxième considération qui vient au sujet du comportement de PANDORE est la transgression. ZEUS le dieu des dieux interdit l’ouverture de la boîte. Peine perdue on passe outre. Mais aussi EPIMETHEE avait fait la promesse de refuser tout cadeau de ZEUS. On peut supposer que PANDORE en bonne épouse se devait d’être solidaire de cet engagement. La transgression est l’action de ne pas respecter une loi, une obligation, un ordre. On pressent que la valeur de la transgression sera relative et inverse à la valeur qu’on reconnait à ce qui est transgressé. Ainsi on arrive aussi à la notion de transgression positive et la question est posée sur l’application de la transgression.

Poussée par la curiosité et suite à la transgression PANDORE est témoin du désastre. Est-elle animée de remords ? A-t –elle peur ? À la vue de l’espérance restée au fond de la boîte car plus lente à s’échapper. Une intuition salvatrice survient et le couvercle de la boîte est refermé. PANDORE crée le dérèglement de l’ordre des choses et craint le châtiment.
Les conséquences de ce comportement : si PANDORE n’avait pas refermé la boîte avec précipitation l’humanité était condamnée à subir les maux et les hommes n’auraient vécu que dans l’attente de leur mort avec l’abattement qui lui est lié. L’espérance pourrait donc être l’antidote du poison générateur du mal. Ainsi PANDORE est représentée comme un beau malheur.
Cette légende nous permet de mieux comprendre le sens de la curiosité et de la transgression. Dans la Bible, la première transgression est interprétée comme une désobéissance qui aboutit à une sanction : la sortie de l’Eden. Selon le texte dogmatique, la faute originelle commise par Adam a fait tomber la nature humaine, et c’est Jésus-Christ par son sacrifice sur la croix qui nous a rachetés du péché originel. L’état parfait du commencement est remis en cause par un accident, il justifie l’épreuve du Christ pour le rétablissement du paradis perdu. Le thème du péché originel établit une thèse selon laquelle la transgression établie et nécessaire n’est pas forcément péché, elle est une épreuve qualifiante. D’une part, nous n’avons pas commis une faute car le péché originel est l’état d’imperfection constitutionnelle dans laquelle naissent tous les hommes (péché étant traduit du latin peccatum signifiant « défaut »).
Au fil de l’histoire, s’est imposé un jugement néfaste de la femme : incompétence, malfaisante, Influençable.

Mais aujourd’hui la femme n’est plus sur le banc des accusés. Au cours des siècles elle a gagné son émancipation au point qu’on peut étendre cette légende à l’être humain en général. Si bien que l’expression « ouvrir la boîte de PANDORE » signifie déclencher une série d’évènements successifs désastreux. Mais bien que générant de nombreux maux à l’encontre de nos semblables ces derniers ne doivent jamais perdre espoir. Nous devons nous obliger à prendre conscience que la vie ne sera pas parfaite. Il reste à chacun de travailler à l’améliorer et avant tout à s’améliorer soi-même soyons curieux, réfléchi, critique, actif, ne restons pas sous le joug des dieux et construisons notre destin.
Pour cela la Franc Maçonnerie nous offre une voie, un chemin long et tortueux persuadés que nous n’arriverons pas au bout mais heureux de l’avoir emprunté. Long travail contre la tentation, la facilité. Une intuition nous guide l’homme est perfectible. Dans le rituel d’initiation le fil conducteur de la démarche est vite découvert FUIR LE VICE ET PRATIQUER LA VERTU.
Nous reconnaissons l’existence du vice et la tentation de le posséder. Pratiquer la vertu veut dire que tout n’est pas perdu. La vertu est en nous et nous devons la faire vivre .Notre espérance est là. Ce cheminement » vers toujours plus de vertu est un travail de longue haleine. Il faut de la persévérance pour lutter contre son égo : « VIGILANCE ET PERSEVERANCE » dès le cabinet de réflexion. Les résultats de toujours plus de lutte plus de travail se concrétisent par plus de confiance en l’avenir. L’espoir est là.
SOCRATE disait pour la vertu :
« la vertu demande une participation active de l’être, de faire un effort constant sur son égo pour réaliser cet idéal de perfection que représente le bien. »
Nous devons refermer le couvercle de cette boîte de PANDORE enfouie dans notre personnalité. La maxime de notre rite écossais ancien et accepté nous y engage : ORDO AB CHAOS, l’ordre après le désordre, le dérèglement des comportements de l’être humain.
En conclusion l’homme est–il d’ores et déjà condamné à souffrir ? L’espoir existe–t-il ?
A-t-il une raison d’être ?

Certain assimilent ce mythe à une bonification de l’homme. C’est face à l’adversité qu’il démontrerait ses qualités. A l’heure des suicides, des dépressions existeraient t-il deux sortes d’hommes ? Ceux pour qui l’espoir serait resté dans la boîte, soumis à l’adversité et qui verraient la vie avec pessimisme ? Ou bien ceux pour qui la crainte serait restée dans la boîte et qui chercheraient à vaincre l’adversité afin de vivre avec optimisme. Pour vaincre il faut lutter, agir sans oublier que l’oisiveté est la mère de tous les vices.
Il n’est pas question de se hasarder dans les interprétations du mythe elles sont multiples. La femme est souvent la victime expiatoire de l’orgueil de l’homme. L’envie, la curiosité, l’âpreté au gain, sont souvent la perte de l’homme et de l’harmonie du monde.
Les malheurs arrivent par l’ignorance, le manque de modestie et d’humilité, ce sont souvent les hommes qui sont en cause. Ne pas obéir à un ordre, une loi, ne pas respecter un dogme, franchir, dépasser les bornes, aller au-delà : Transgresser.
C’est de ma libre volonté, que je demande l’entrée du temple, de ce temple intérieur rempli de mystères. Je veux connaître ce qui est caché, derrière le voile, c’est ma démarche vers la liberté. Je ne suis pas venu ici en simple curieux.
L’initiation maçonnique cette maïeutique est consubstantielle à la transgression, elle met en scène grâce à ses rituels la volonté de transgresser de l’adepte, de ce celui qui veut se connaître, s’affranchir de ses limites visibles, de sa carapace, celui qui veut concilier humanité et spiritualité. Les rituels initiatiques permettent de mettre de l’ordre dans ce chaos apparent, mais nécessaire au rétablissement de l’ordre intérieur. La lumière ne jaillit que des ténèbres, l’expérience de la transgression destruction, est le passage pour la reconstruction.
Transgresser les valeurs illusoires de la matérialité, pour retrouver son unité. L’homme est comprimé, enfermé dans l’avoir, par la dictature de son ego, mais aussi animé du désir d’être, de sa volonté d’être, de maîtriser sa vie, de lui donner du sens. Si par son travail sur lui-même, par sa volonté, il maîtrise sa transgression, cela dépasse alors son simple désir, sa curiosité.
Aristote dans son Éthique à Nicomaque le traduit ainsi : « L’homme intempérant agit par désir, mais non par choix, tandis que l’homme maître de lui, à l’inverse, agit par choix et non par désir. » Mais peut-il y avoir volonté sans désir ? D’où la nécessaire aide de l’autre : « Seul je ne puis rien. » C’est la grandeur de la fraternité qui aide à la réalisation de cette transgression, sans cette main tendue, ce rituel ouvert, comment sortir des ténèbres de l’erreur, de ce labyrinthe obscur.
Transgresser c’est donc s’initier, se connaître, connaître le noir et le blanc du pavé mosaïque, l’impur et le pur, le profane et le sacré. Transgresser c’est se transformer, se purifier, pour aller jusqu’à l’orée de la spiritualité, jusqu’au point du jour où va apparaître la grande Lumière.
Alors quand la boîte de Pandore est ouverte plus personne n’est capable d’arrêter les malheurs qui s’abattent sur tous, il reste la foi et l’espérance.

Bonjour mon TCF
Initié depuis plus de vingt ans je mesure l’infinité de mon inculture.. mais je dresse une oreille sur la Grèce antique avec ses grands sages. Hermétique à la bible je souhaite mieux connaître Aristote Platon Socrate et Pandore! Pourrais-tu stp me conseiller sur les premières lectures à faire pour découvrir ce chemin?
Merci. ( Ch Juton Harmonie Lumière et Liberté GO orient de Nantes)