sam 05 avril 2025 - 00:04

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X

Tiens, voilà la Franc-maçonnerie qui se lance dans la théologie !

Du concept d’élitisme comme dérive possible vers le pélagianisme ou l’augustinisme

« Il y aurait avantage, bien que cela ne soit pas d’une nécessité absolue, à ce que l’élite en formation pût prendre un point d’appui dans une organisation occidentale ayant déjà une existence effective ; or il semble bien qu’il n’y ait plus en Occident qu’une seule organisation qui possède un caractère traditionnel, et qui conserve une doctrine susceptible de fournir au travail dont il s’agit une base appropriée : c’est l’Église catholique. Il suffirait de restituer à la doctrine de celle-ci, sans rien changer à la forme religieuse sous laquelle elle se présente au dehors, le sens profond qu’elle a réellement en elle-même, mais dont ses représentants actuels paraissent n’avoir plus conscience, non plus que son unité essentielle avec les autres formes traditionnelles ; les deux choses, d’ailleurs, sont inséparables l’une de l’autre. »
René Guénon

René Guénon

Cette citation extraite de l’un des ouvrages le plus connu de l’œuvre de René Guénon, nous dévoile ce qui sera pour l’auteur deux types d’obsessions permanentes : la tradition primordiale et la formation d’une élite. Vous conviendrez avec moi qu’amorcer une réflexion sur cet auteur n’est pas sans risques ! En effet, dans les milieux maçonniques, les avis sont partagés en ce qui le concerne, cela allant de l’appellation de « fumiste sans aucune consistance » à celle de « Maître incontestable de la pensée ésotérique » ! En tout cas, il va jouer, incontestablement, un rôle déterminant dans les opinions internes de la Maçonnerie contemporaine, allant jusqu’à la constitution de réseaux internes (1) qui subsistent encore, une sorte de Maçonnerie à l’intérieur des obédiences maçonniques.

Vous pensez bien que je ne me risquerai pas à donner mon opinion sur la question ! Les prises de position sont d’autant plus excessives que René Guénon appartint à la Franc-Maçonnerie (2) avant de s’en éloigner, non sans l’influencer à distance, même lors de son séjour égyptien : la réflexion sur une théorique « tradition primordiale » ou sur la constitution d’une « élite » reviennent de façon récurrente dans les travaux des loges. Surtout le concept d’élite qui, manié par Guénon, a de fortes connotations conservatrices, certains diraient d’extrême droite ! Comme sa citation nous le laisse entendre, le concept d’élite est lié à la théologie de façon constante : c’est la base du « qui est élu, qui est choisi, qui est le fils préféré du Père ? ». Ce choix électif fut à la base de controverses religieuses et l’une des bases de la naissance de la Réforme protestante. Même laïcisée, la question du « choisi par qui ? » demeure et Guénon en soulevant la question d’une Maçonnerie élitiste, la faisait plonger dans la supposition qu’elle fut elle-même religieuse, peut-être l’image même de la représentation de la théorique tradition primordiale à laquelle il s’accrochait tant. Bizarrement, il remettait à jour le conflit fondamental entre Pelage et Saint-Augustin dans l’histoire des idées !

I-PELAGE ET LE PELAGIANISME : AIDE-TOI ET LE CIEL T’AIDERA » !

Pélage

Cela fut une doctrine, professée au IVe siècle, par Pélage et ses partisans, qui accentue la puissance du libre-arbitre au détriment de la grâce divine. C’est la première en date des hérésies de l’occident chrétien qui prend racine dans la tradition grecque d’une certaine autonomie de la personne humaine jugée importante à son épanouissement, et d’une conception romaine du sujet et du contrat qui la lie aux dieux.

Pélage (Vers 360-420), moine d’origine Irlandaise, s’est établi à Rome en 410. Il mène une vie ascétique et regroupe autour de lui une petite communauté composée d’aristocrates et d’ecclésiastiques. Il prône des idées sur la liberté et la grâce. Fuyant l’invasion d’Alaric, il se réfugie en Afrique du nord d’abord et ensuite en Palestine, où il trouve un accueil très favorable à ses orientations théologiques. Mais il est condamné par un Concile, réuni à Carthage en 411. De réhabilitations en condamnations, les doctrines de Pélage vont peu à peu devenir l’une des principales controverses du christianisme. Son plus déterminé de ses adversaires sera Saint-Augustin et son concept de prédestination.

Mosaïque funéraire de Pelagius ; couvercle d’une tombe d’enfant (fin IVe s. – début Ve s. ap. J.-C)

Le pélagianisme a pour base la conception que l’homme peut choisir entre le bien et le mal. Cette idée, héritée du stoïcisme, est basée sur la pensée que l’homme dispose librement de son corps et de sa pensée. Sa volonté est toujours prête à affronter le choix de l’événement. Dans sa « Lettre à Démétriade » (écrite entre 412 et 414), Pélage développe l’idée que l’homme est le chef-d’œuvre de Dieu et que ce dernier lui a donné le privilège de la raison, c’est-à-dire la conscience de ses actes. Ainsi, il appartient à l’homme, de par sa raison, de dominer les autres créatures et des êtres sur qui il aurait le pouvoir. La raison serait donc spécifique à l’homme et fait de lui, seul dans tout l’univers, l’exécuteur de la justice divine. L’homme étant sensé distinguer le bien du mal, donc il a la possibilité de mériter par lui-même le salut, car la possibilité de désobéir à la loi divine est la condition même de cette liberté qui constitue la dignité du sujet. Ainsi l’homme devient autonome de Dieu et engage avec lui des relations de totale liberté. Dans son commentaire sur les Epîtres paulinienne, Pelage rejette avec horreur toute prédestination, à commencer par l’idée de « péché originel ». Nous sommes là dans la naissance même du concept de libre-arbitre.

En ascète, il va donner plus de prix à la pratique qu’à la théorie. L’autonomie de l’homme dans la création et par rapport à Dieu ne prend toute sa signification qu’en tant qu’elle est la condition nécessaire et suffisante de l’ « impeccantia », qui est le pouvoir inhérent à la nature même de l’homme qui peut, s’il le veut, être sans péché.

Buste d’Aristote

Aristotélicien convaincu aussi, Pélage distingue, lorsqu’il parle du péché, entre l’accident et l’essence : le péché ne peut-être doué d’existence en soi, il n’est pas une « substancia » et il ne peut être générateur d’autres péchés. Il n’est qu’un acte de désobéissance, c’est-à-dire une libre volonté de l’homme. Ce pouvoir de choix de l’homme étant donné par Dieu « in natura » ; mais c’est de l’homme lui-même que dépend le choix du bien et demeure le seul maître de l’usage de cette liberté. S’il choisit d’enfreindre la loi et de pécher, l’exercice de sa volonté n’en est pas pour autant affecté : l’acte n’a été que la réalisation d’une possibilité. Après cette perturbation passagère, la volonté retrouve son équilibre antérieur. Le péché n’est donc qu’un acte isolé, sans conséquence. Pelage refuse obstinément toute conception du péché comme cause de la mort, ainsi que le résultat d’une cause première.

Saint Paul écrivant ses épîtres par Valentin de Boulogne (1618-1620), Musée des beaux-arts de Houston.

Cette vision aboutit à la glorification de l’Epître de Paul à Thimothée et Pélage écrit : « Ce n’est pas grand-chose d’être un exemple pour les païens, ce qui est beaucoup mieux, c’est d’être que les saints eux-mêmes soient édifiés ». Pelage croit que l’homme qui choisit la vertu parvient à vivre en union totale avec Dieu. La pensée pélagienne, comme nous le disions auparavant, se situe au carrefour de deux traditions spirituelles importantes : celle des Grecs avec le sens de la liberté nécessaire à l’épanouissement de l’homme, et celle des Romains qui, pour satisfaire aux exigences divines, doit instituer un contrat. Tout le système pélagien repose sur l’apologie du « bonum naturae » et est ainsi le créateur de l’idée de la relation contractuelle de l’homme et de Dieu, vécu comme suzerain. D’où la création d’une aristocratie qui serait libre de discuter avec le pouvoir, hors contrainte. D’une élite en quelque sorte où Dieu n’apparaît que comme un suzerain avec lequel on peut discuter et mettre en cause, à la manière du livre de Job, si besoin est. Une sorte de monarchie constitutionnelle !

Le pouvoir politique va, en fait, organiser la société monarchique constitutionnelle ou républicaine, sur le principe pélagien. L’une des conséquences psychologiques du système pélagien est aussi que l’homme est responsable de son propre succès, le péché n’étant que l’échec. Dès lors, la culpabilité n’est pas le résultat d’une punition extérieure, mais de l’insuffisance personnelle qui rejette le sujet hors de l’élite. Le « pécheur » est celui qui échoue…

II- SAINT-AUGUSTIN OU LE « SERF-ARBITRE » COMME SIGNE DE L’ELITISME.

Saint Augustin

Incontestablement, que l’on partage ou non sa vision des choses, Saint-Augustin (354-430), est un géant dans l’histoire de la pensée, qu’elle soit philosophique, théologique, psychologique, ou relevant du droit, et nous pouvons avancer l’idée, en accord avec de nombreux historiens, qu’il est à la base de ce que nous appelons la « civilisation occidentale ». Ce nord- africain, né à Thagaste, après une longue période d’appartenance au courant manichéen, va se convertir au christianisme, sous l’influence de Monique, sa mère, elle-même chrétienne.

D’une œuvre immense, nous ne retiendrons que l’un des aspects d’où le concept d’élitisme va se développer, en regard de son passé manichéen où cette idée était passablement présente : la croyance en la prédestination. C’est une doctrine selon laquelle, Dieu, détermine de toute éternité, le destin de l’humanité et de l’univers : il destine, par avance, des créatures à la béatitude et les autres à la condamnation. Dieu représente ainsi une prescience de l’histoire du monde et le salut de toute personne est son choix, dans la vision d’une double prédestination : l’humanité et l’univers. Rappelons-nous qu’en hébreu le mot « Ôlam », l’éternité du monde, rime avec « Elem », la disparition…

Bible

Bien entendu, Saint-Augustin n’est pas l’inventeur de cette orientation théologique : grand lecteur de la Bible et, auparavant des textes manichéens, il va y puiser et accentuer ce qui y existe déjà. En effet, à-travers la notion de « peuple choisi » va s’associer l’idée d’élitisme sur les nations, même si cette idée théologique est totalement fausse et dangereuse. Les exemples de cette orientation dans la Bible sont nombreux dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Citons quelques exemples : Exode 33,19 ; Deutéronome 7, 7-8 ; Josué 11,20 ; Matthieu 11,27 ; Jean 6, 35-39 et 60-65 ; Jacques 1, 16-18 ; 2 Thessaloniciens 13,14 ; 2 Timothée 1,9 ; Corinthiens 1, 26-29 ; Ephésiens 1, 9-11. Ainsi, le salut de toute personne ne dépend pas de l’alliance de Dieu et de l’action de l’homme, mais uniquement de la grâce et du choix de Dieu, les actes n’étant qu’une conséquence du choix préliminaire de la divinité.

Saint-Paul

Saint-Paul va considérablement insister sur cet aspect des choses, notamment dans sa célèbre « Epitre aux Romains ». Nous ne citerons qu’un passage significatif parmi d’autres, où cette notion de prédestination est constante, donc d’élitisme venant d’une « monarchie divine absolue » dont on ne conteste pas les décisions, aussi tyranniques paraissent-elles puisque l’homme est incapable de la mise en mouvement du bien, le mal étant en lui. Seule la grâce de Dieu, donc un choix arbitraire, peut sauver des hommes, dans ces « tous pécheurs », sans que leurs efforts personnels, liés au libre-arbitre et aux efforts, chez Pélage, servent à quelque chose : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son fils, afin que son fils soit le premier né de plusieurs frères et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » (Romains 8, 28-30).

Saint Augustin

Saint-Augustin va adhérer totalement à la pensée paulinienne et en faire un idéal de la vie communautaire et ce, reprise fondamentalement par la Réforme protestante (surtout le courant calviniste) et le courant janséniste catholique. Luther dénoncera violemment la théorie du libre-arbitre ; en allant jusqu’à dire que la position de l’homme ne peut être que celle du « Cerf-Arbitre » au service de son maître qui a décidé de son sort de toute éternité ! Le 17em siècle, sera d’ailleurs le triomphe de l’augustinisme, dans une période où naît la Franc-Maçonnerie qui est, elle-même, issue de la Réforme protestante, donc avec l’idée de la prédestination et de l’élitisme opposée à l’éclectisme dont l’institution se voulait idéalement porteuse. Le vers était dans le fruit !

III- AU FAIT, CA EXISTE LE CONCEPT D’ELITE EN MACONNERIE ?

Nous courrons toujours un danger relevant de l’humour à se considérer comme une élite : il n’est pas du tout sûr que l’on ne va pas tomber sur plus élitiste que soi et que ce dernier ne va pas vous considérer comme un « moins que rien » ! On est toujours le sous-homme de quelqu’un…

Gustave Le Bon

Mais revenons un court instant sur une définition possible de l’élite : c’est avant-tout une idéologie ou une doctrine qui soutient l’accession au pouvoir de personnes jugées comme les « meilleurs » (du grec « Aristos », les meilleurs) et qui, réciproquement, considèrent le peuple comme inférieur et donc devant être dirigé par eux-mêmes ! Evoquer le terme élitisme en Maçonnerie supposerait que cette dernière aurait une idéologie de prise de pouvoir dont nous avons vu les effets désastreux et leurs conséquences sous la IIIe République notamment. Alors que, théoriquement, l’idéal de la Maçonnerie n’est pas de régner « sur » mais d’être « avec » comme le stipule Gustave Le Bon (1841-1931), anthropologue et psycho-sociologue français, dans son ouvrage « Hier et demain » (3) : « Le véritable progrès démocratique n’est pas d’abaisser l’élite au niveau de la foule, mais d’élever la foule au-niveau de l’élite ». Utopie si rassurante ! Nous savons bien que l’élite qui s’est déclarée comme telle, n’a aucune envie de disparaître en prônant l’égalité, ce qui lui ferait perdre son étiquette.

Cependant, le concept d’élite existe, mais pas dans le sens où nous l’entendons, où cela nous arrange. L’une des bonnes définitions de l’élitisme serait celle de Nietzsche dans « Ainsi parlait Zarathoustra » : son prophète, ivre de connaissances, va aller vers la masse pour lui communiquer son savoir et sa vérité. Cela sera un échec et un retour vers la solitude absolue. Le « surhomme » nietzschéen, élite parmi l’élite, n’est qu’un être seul qui n’a en fait aucun pouvoir sur les autres, sinon imaginaire, et qui ne sert pas de modèle, déclenchant haine et rejet. Il est condamné de par sa lucidité même : « les non-dupes errent » disait Jacques Lacan, sachant de quoi il parlait !

Est-ce que le concept d’élite aiderait d’une quelconque manière la réflexion de l’homme sur son destin, question essentielle pour le Maçon ? Le grand poète japonais Ryokan (1758-1831) y répond (4) :

« D’où viens-je ?
où retourné-je ?
seul, assis près de la fenêtre rustique,
immobile, calmement je médite
je médite sans pour autant trouver l’origine
ne parlons même pas de connaître la fin
ainsi va le moment présent
vides sont les vicissitudes de la vie
au-milieu de ce vide il y a « je »
incapable de distinguer entre le vrai et le faux
soyez donc indulgent avec cet homme,
qui s’accorde tranquillement au cours des choses ».

Celui qui appartient réellement à une élite dans un domaine ne s’en vante pas, sinon cela apparaîtrait un peu suspect : cela ferait parvenu ! D’autant, que le sujet qui pourrait rassembler la Maçonnerie sous l’appellation d’élite est plus que vague. Elite sociale ? Elite intellectuelle ? Elite nobiliaire ? Allez, payons-nous cinq minutes de lucidité, après, c’est juré, on ne recommencera plus ! On y va : la Maçonnerie ne représente en rien une élite sociale, la sociologie ayant déterminée depuis longtemps que le vivier de recrutement était les classes moyennes, donc une certaine homogénéité sociale (Le « Mes FF. me reconnaissent comme tel » n’est guère difficile à mettre en place, socialement parlant !) ; la Maçonnerie n’est pas une élite intellectuelle : nous ne sommes plus au temps de la Royal Society et existe même, dans beaucoup de loges et d’ateliers « supérieurs » une hostilité larvée ou déclarée des intellectuels devant la menace supposée qu’ils mettent à jour des impostures ou des pseudo-connaissances que certains affublent du titre d’ « intellectuelles » et qui ressemblent à des élucubrations de type sectaires ; et enfin la Maçonnerie n’est guère une élite nobiliaire évidemment : que ferait-elle de titres de carton-pâte alors qu’elle porte les siens, issus de l’histoire, où alors, juste pour venir se détendre pour voir une représentation (souvent mal jouée !) du « Bourgeois gentilhomme » !

Bouddha méditant
Bouddha en méditation

Naturellement, il convient de pondérer nos propos : le sentiment d’appartenir à une élite reflète souvent une grande fragilité narcissique : celle de ne pas être sûr de sa propre valeur personnelle et de chercher l’appartenance à un groupe sur lequel on projette déjà une étiquette d’élitisme, afin d’être « reconnu comme tel », et de ne plus être seulement dans le « monde flottant » selon l’expression du bouddhisme Zen japonais. D’où une appartenance fidèle inconsciente à l’institution qui reconnaît les « titres de noblesse ». D’où une certaine arrogance par rapport aux « autres » et une haine de ceux qui sont contre l’appellation d’‘élitisme et qui remettrait en cause le très précaire équilibre du sujet…

La Maçonnerie ne peut prétendre à l’appellation élitiste sans courir le risque de déclencher un immense éclat de rire chez ses interlocuteurs un peu sérieux ! Contentons-nous de notre vrai titre nobiliaire : nous tentons d’être seulement les porteurs d’une philosophie humaniste. C’est déjà pas mal…

Et il paraît que cela redevient à la mode !

NOTES

  • (1) Mollier Pierre : Sur les traces des « réseaux Guénon ». Paris. Revue La chaîne d’Union.N° 88. 2019. (Pages 14 et 15)
  • (2) René Guénon : Rappelons quelques appartenances maçonniques de Guénon : Il appartint à la loge « Humanidad » (Fondée en 1906) du rite national espagnol et qui passera au rite de Memphis-Misraïm en 1908. Il passera ensuite au rite Swedenborgien, avant d’être reçu, début 1912, à la loge « Théba » de la Grande Loge de France. En parallèle, il fréquentait certaines loges du Grand Orient de France. Dans la revue « La Gnose », il publiera plusieurs articles sur la Franc-Maçonnerie, où il crédite l’héritage de cette dernière aux courants de certaines philosophies antiques et médiévales. Il pense que il est important pour un Maçon d’appartenir aussi à un « exotérisme » religieux et recommandera l’Église catholique avant l’hindouisme et finalement le soufisme ! En 1947, il va participer à la création de la « Grande Triade » au sein de la Grande Loge de France, qu’ il espère être le moteur de sa pensée concernant son idée de
  • Tradition Primordiale, très contestée dans les milieux maçonniques car ressemblant finalement à une idée religieuse elle-même, et son incitation à un discours élitiste constant. En fait, il apparaît que René Guénon eut le désir plus ou moins affirmé de créer sa propre Maçonnerie, s’opposant aux courants libéraux et mixtes qui existaient alors. Il semblerait qu’il voulait une Maçonnerie « sur mesure » ! La sienne, naturellement…
  • (3) Le Bon Gustave : Hier et demain-Pensées brèves. Paris. Ed. Flammarion. 1918.
  • (4) Ryokan : Recueil de l’ermitage au toit de chaume. Millemont. Ed. Moundarren. 2017. (Page 64).

BIBLIOGRAPHIE

  • Van Win Jean : Contre Guénon. Paris. Ed. De la Hutte. 2009.
  • Blandenier Jacques : Martin Luther-Jean Calvin. Contrastes et ressemblances. Charols. Ed. Excelsis. 2016.
  • Camus Albert : L’homme révolté. Paris. Ed. Gallimard. 1985.
  • Camus Albert : Le mythe de Sisyphe. Paris. Ed. Gallimard. 1985.
  • Guénon René : La crise du monde moderne. Paris. Ed. Gallimard. 1946.
  • Guénon René : Etudes sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage. Paris. Ed. Dervy. 2021.
  • Guénon René : La Grande Triade. Paris. Ed. Dervy. 2022.
  • Guénon René : Perspectives traditionnelles et erreurs modernes. Paris. Ed. Dervy. 2022.
  • Guénon René : Les états multiples de l’être. Paris. Ed. Dervy. 2022.
  • Marrou Henri : Saint Augustin et l’augustinisme. Paris. Ed. Du Seuil. 1955
  • Ouvrage collectif : La tradition primordiale de René Guénon. Paris. Ed. De l’Art Royal. 2O24.
  • Ricoeur Paul : Soi-même comme un autre. Paris. Ed. Du Seuil. 1990.
  • Saint-Augustin : Six traités anti-manichéens. Paris. E.d. Desclée de Brouwer. 1961.
  • Saint-Augustin : La cité de Dieu. (3 tomes). Paris. Ed. du Seuil. 1994.
  • Saint-Augustin : Les confessions. Paris. Ed. Flammarion. 1964.

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Michel Baron
Michel Baron
Michel BARON, est aussi conférencier. C'est un Frère sachant archi diplômé – entre autres, DEA des Sciences Sociales du Travail, DESS de Gestion du Personnel, DEA de Sciences Religieuses, DEA en Psychanalyse, DEA d’études théâtrales et cinématographiques, diplôme d’Études Supérieures en Économie Sociale, certificat de Patristique, certificat de Spiritualité, diplôme Supérieur de Théologie, diplôme postdoctoral en philosophie, etc. Il est membre de la GLMF.

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