jeu 29 février 2024 - 00:02

« Le vrai pouvoir des sociétés secrètes », le dernier marronnier de 2023 ?

Publication bimestrielle française qui se concentre sur des sujets historiques, le magazine Ça m’intéresse Histoire vise à établir des liens entre le passé et le présent, offrant aux lecteurs des perspectives sur l’histoire qui peuvent aider à décrypter les événements actuels.

En adoptant une approche amusante et éducative, Ça m’intéresse Histoire raconte des histoires du passé pour enrichir la compréhension de ses lecteurs du monde contemporain. Publié en français et disponible en France​Ça m’intéresse Histoire porte, en sous-titre, la mention « Explorer le passé pour comprendre le présent », une démarche fondamentale en histoire. Une approche consistant à analyser les événements historiques, les contextes sociaux, politiques, et culturels passés pour mieux comprendre les enjeux actuels.

Ça m’intéresse Histoire n°82, en kiosque depuis le 14 décembre dernier, se consacre notamment à « De l’antiquité à nos jours : Le vrai pouvoir des sociétés secrètes », « Napoléon : La face cachée d’une légende », « Depuis quand a-t-on peur du grand méchant loup ? », « Les destins brisés des passagers du Titanic », « Merci les gaulois! Ces inventions qu’on doit à nous ancêtres ».

La première de couverture illustre le « dossier central » sur les sociétés secrètes qui ont longtemps captivé l’imagination populaire, et leur influence à travers l’histoire.

Ces organisations, qu’elles soient religieuses, initiatiques, politiques ou criminelles, ont suscité à la fois crainte, intrigue et fascination et restent un sujet fascinant.

Source Culture RP.

Après l’éditorial intitulé « I.ARCHÉOLOGIE » de Stéphane Dellazzeri qui débuta sa carrière de journaliste en 1990 comme rédacteur au Parisien et qui rejoignit, en 1996, Prisma Presse via l’initiative de l’Académie Prisma et qui est désormais rédacteur en chef de Ça m’intéresse, la rubrique « L’Histoire éclaire l’Actu”, toujours traitée avec rigueur et objectivité, fournit une précieuse perspective enrichie et profonde sur les événements actuels en les examinant à travers le prisme de l’histoire.

Afrique francophone – Population de 363 millions en 2013.

Cette approche permet de mettre en lumière des contextes, des causes et des conséquences souvent ignorés dans le flux quotidien des actualités. Retenons, pages 12 et 13, une belle étude sur « La Françafrique, c’est fini ? » L’expression « Françafrique », généralement connotée péjorativement, désigne une relation, qualifiée de néocoloniale par ses détracteurs, entre la France et d’anciennes colonies en Afrique subsaharienne sur les plans économiques, monétaires, diplomatiques ou militaires…

Figure du monstre qui désole le Gévaudan.

Suit le passionnant article sur « La peur du loup est-elle exagérée ? » qui nous ramène à l’actualité et aux associations écologistes qui jouent un rôle important dans la défense et la préservation du loup, en particulier dans des régions où cet animal est menacé ou en conflit avec les activités humaines.

 À l’heure des conflits entre différents groupes d’intérêts, tels que les écologistes, les éleveurs, les chasseurs et les autorités gouvernementales, lesdites associations jouent un rôle clé dans ce débat en apportant une voix en faveur de la préservation des espèces et de la biodiversité. Une belle manière de faire le point, aussi, sur la peur des loups qui est souvent exagérée et influencée par un mélange de mythologie, de superstition et de contexte historique, plutôt que par des faits objectifs sur le comportement des loups. Historiquement, la mythologie et les contes de fées ont dépeint les loups comme maléfiques, indignes de confiance et dangereux. Des récits tels que les contes de Grimm et les fables d’Ésope présentent souvent les loups comme des voleurs avides qui s’en prennent aux faibles, contribuant ainsi à une peur et une haine de longue date envers les loups. Cette représentation culturelle a été renforcée au fil du temps, créant une peur profondément enracinée qui persiste dans les temps modernes.

Représentation de la Bête furieuse que l’on suppose être une hyène. Estampe coloriée, BnF, recueil Magné de Marolles, vers 1765.

Nos mémoires se rappellent encore les nombreux mythes et légendes de la Bête du Gévaudan.

Entre 1764 et 1767, dans la région du Gévaudan, qui correspond aujourd’hui au département de la Lozère en France, une série d’attaques sur des humains a été attribuée à une créature féroce et mystérieuse. Ces attaques ont provoqué la mort d’environ 100 personnes, principalement des femmes et des enfants. Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer l’identité de la bête, allant du loup géant au loup-garou, en passant par un animal exotique échappé, ou même un assassin humain.

Quant aux sociétés secrètes de l’Antiquité, elles avaient principalement un but religieux et initiatique. Par exemple, dans le monde gréco-romain, on trouvait des cultes à mystères, tandis qu’en Égypte antique, l’initiation était également un élément central. Avec le temps, ces sociétés ont évolué pour embrasser des objectifs philosophiques, comme c’était le cas avec les écoles initiatiques des pythagoriciens. Depuis le Moyen Âge, elles ont commencé à prendre une dimension politique, tant en Orient qu’en Occident. Historiquement, ces sociétés ont souvent été entourées de mystère et de méfiance, en particulier de la part de ceux qui n’en étaient pas membres​

Ku Klux Klan meeting in Gainesville, Florida, Dec. 31, 1922

Le « dossier » en aborde six.

Le Ku Klux Klan (KKK) est une organisation suprémaciste blanche américaine fondée en 1865. Elle est connue pour promouvoir des idéologies racistes, antisémites, xénophobes et anti-catholiques. Le KKK est tristement célèbre pour ses actes de violence et d’intimidation envers les Afro-Américains et d’autres groupes minoritaires, notamment durant la période de la Reconstruction après la Guerre Civile américaine. L’organisation a connu plusieurs phases d’activité et de déclin, marquées par des actes de terrorisme, des lynchages et des campagnes de terreur contre ceux qu’elle considérait comme des menaces à l’idéal de suprématie blanche.

Emblème de la société Thulé, 1919.

L’Ordre de Thulé, aussi connu sous le nom de Société de Thulé, était un groupe occulte et ésotérique allemand fondé à Munich juste après la Première Guerre mondiale. Il est célèbre pour ses liens avec les débuts du parti nazi, bien que la nature exacte de ces liens soit sujette à débat. La société promouvait des idéologies nationalistes, racistes, et antisémites, et jouait un rôle de think tank pour les cercles nationalistes extrêmes en Allemagne durant l’entre-deux-guerres.

Quant aux Skull and Bones, elle est une société secrète et fraternité étudiante à l’Université Yale, fondée en 1832. Connu pour son secret et son exclusivité, ce groupe est souvent associé à des théories de conspiration et a été le sujet de nombreux débats sur son influence politique et économique. Parmi ses membres, on compte plusieurs personnalités importantes de la politique américaine, y compris des présidents et d’autres hauts fonctionnaires.

La moins connue est sans doute l‘Afrikaner Broederbond qui était une organisation secrète et influente en Afrique du Sud, fondée en 1918 pour promouvoir les intérêts et la culture des Afrikaners (descendants de colons néerlandais). Elle a joué un rôle clé dans l’élaboration et le maintien de l’apartheid, le système de ségrégation raciale en Afrique du Sud. Cette fraternité exclusivement masculine comptait parmi ses membres des personnalités politiques, des ecclésiastiques et des chefs d’entreprise, exerçant une influence considérable dans divers secteurs de la société sud-africaine.

Calligraphie ismaélienne symbolisant Ali « Le Lion de Dieu ».

L’énigmatique secte des Assassins, aussi connue sous le nom de Nizari Ismaéliens, était un ordre musulman chiite, actif durant le Moyen Âge. Fondée en 1090 en Iran, cette secte est célèbre pour ses assassinats ciblés de figures politiques et militaires influentes, principalement durant les Croisades. Leur utilisation de l’assassinat politique a marqué l’histoire et a donné naissance au terme « assassin ». Ils étaient dirigés par un leader connu sous le nom de “Vieux de la Montagne” et ont été actifs jusqu’à leur déclin au XIIIe siècle.

Hindoo thugs ans poisoners – Dessin de W. Carpenter.

Les Thugs étaient un groupe secret en Inde, actifs du XIVe au XIXe siècle. Ils étaient connus pour leurs rituels d’assassinat et de vol, ciblant les voyageurs. Les Thugs pratiquaient la strangulation comme méthode d’exécution, souvent sous le couvert d’amitié ou de service. Leurs activités étaient souvent liées à des croyances religieuses et au culte de la déesse Kali. Ils furent finalement réprimés par les autorités britanniques au milieu du XIXe siècle, qui mirent en œuvre une campagne de suppression intense.

Les Rose-Croix et la franc-maçonnerie sont deux mouvements ésotériques et spirituels distincts mais parfois liés dans l’histoire. La Rose-Croix, apparue au XVIIe siècle, est connue pour son mélange de mysticisme chrétien, d’alchimie et de philosophie hermétique, et met l’accent sur la transformation spirituelle personnelle. La Franc-maçonnerie, originaire du XVIe siècle avec les guildes de maçons, est une organisation fraternelle qui promeut des idéaux moraux, la fraternité et des principes philosophiques à travers des rituels symboliques. Les deux groupes ont influencé divers aspects de la culture et de l’histoire européenne.

Les Illuminati étaient une société secrète fondée en 1776 en Bavière par Adam Weishaupt. Initialement conçue comme une organisation promouvant des idées des Lumières telles que le rationalisme et le libéralisme, elle a rapidement été interdite en raison de ses prétendues intentions de renverser les gouvernements monarchiques et religieux. La fascination moderne pour les Illuminati est largement alimentée par des théories du complot qui les dépeignent comme un groupe puissant et secret contrôlant des événements mondiaux, bien que ces idées soient largement discréditées par les historiens.

Les Triades sont des organisations criminelles secrètes originaires de Chine, datant du XVIIe siècle. Elles ont commencé comme des sociétés fraternelles ou des groupes de résistance contre la dynastie Qing, mais se sont transformées en groupes mafieux impliqués dans diverses activités illégales, telles que le trafic de drogue, le jeu et la contrebande. Les Triades sont connues pour leur structure complexe, leurs rituels d’initiation et leur influence à la fois en Chine et dans les communautés chinoises à l’étranger.

Des sociétés classées par catégories : les « haineuses », les « politiques », les « tueuses », les « éclairées » qui comptent les francs-maçons et les « criminelles »…  

Un « dossier » enrichi par un article sur « Que cachent les symboles depuis le Néolithique ? » Depuis cette époque, les symboles ont joué un rôle important dans la communication humaine et la représentation des croyances. En son temps, Les symboles du Néolithique, souvent liés à la fertilité, aux cycles de la nature, et aux rituels religieux ou spirituels, sont devenus, au fil des siècles, ésotériques. Un décryptage d’un tableau de loge nous est proposé.

À vous de juger si, comme écrit en introduction, ces sociétés secrètes ont « … parfois de changer le cours de l’Histoire ».

Charles de Gaulle en uniforme de saint-cyrien, 1910.

Nous avons aussi aimé le quiz présidentiel sur le général de Gaulle. Pour les jeunes, il est un outil éducatif pour apprendre sur l’histoire politique de la France et le rôle important joué par Charles de Gaulle, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale et la formation de la Ve République. Ensuite, cela peut être une manière d’engager les gens dans l’apprentissage de l’histoire française de Tout comme l’article, rubrique « Les rois des coups bas », l’article intitulé « Mon frère, ce boulet ».

Louis XVI.

Abordant ainsi les rivalités et conflits fraternels dans l’histoire, mettant en lumière comment les relations entre frères, particulièrement dans les familles royales pouvaient influencer la politique et l’histoire. Elle explore des exemples spécifiques où la jalousie, la compétition pour le pouvoir, ou d’autres dynamiques familiales complexes ont joué un rôle déterminant dans les affaires de l’État ou ont conduit à des intrigues et des trahisons – Henri III, Louis XIII, Louis XIV, Louis XVI,

« En images » fait une mise en lumière de l’exposition temporaire au Louvre-Lens sur les animaux fantastiques.

Griffon – dessin relevé des ruines de Pompéi (c. 1820) par Charles Frédéric Chassériau (1802-1896),

Les animaux fantastiques tels que le griffon et la tarasque font partie d’un riche héritage de créatures mythologiques et légendaires qui peuplent les mythes, les contes et les folklores du monde entier. Chacune de ces créatures a sa propre histoire et symbolique. Par exemple, le griffon est une créature mythique avec le corps, la queue et les pattes arrière d’un lion et la tête, les ailes et les serres d’un aigle. Cette créature symbolise la force et la majesté. On la retrouve dans diverses cultures, de l’ancienne Égypte à la Grèce antique, et elle est souvent liée à la protection des trésors et des secrets divins.

Carte postale de la Tarasque de Tarascon.

Ou encore, moins connue, la tarasque qui est une créature légendaire de la mythologie française, en particulier associée à la région de la Provence. Elle est décrite comme un dragon ou un monstre terrifiant avec une carapace de tortue, six pattes courtes semblables à celles d’un ours, une queue de scorpion, et une tête de lion. La légende de la tarasque est étroitement liée à l’histoire de Sainte Marthe, qui aurait dompté la bête.

Dragon ailé et crachant le feu par Friedrich Justin Bertuch (1806).

 Quant au dragon, il est probablement l’une des créatures mythologiques les plus universelles, apparaissant dans de nombreuses cultures à travers le monde. Les dragons européens sont souvent représentés comme de grands reptiles crachant du feu, tandis que les dragons asiatiques sont généralement vus comme des créatures plus spirituelles et bénéfiques.

Des animaux fantastiques qui tiennent toujours une place discrète mais constante dans nos imaginaires contemporains

​​​Feuilletez un extrait de ce numéro.

Ça m’intéresse Histoire-Explorer le passé pour comprendre le présent

Le vrai pouvoir des sociétés secrètes, de l’Antiquité à nos jours

Groupe Prisma Média, Janvier-Février 2024, N° 82, 98 pages, 5,95 €, version électronique 2,99 €

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Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti est directeur de la rédaction de 450.fm. Il a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du Compagnon de l’Union Compagnonnique des Compagnons du Tour de France des Devoirs Unis (UC) Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire, membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France (IMF) et médiateur culturel au musée de la franc-maçonnerie (Musée de France), il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour plusieurs revues obédientielles dont « La Chaîne d’Union » du Grand Orient de France et « Perspectives » de la Fédération française de l’Ordre Mixte International Le Droit Humain ou encore « Le Compagnonnage » de l’UC. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en a été le commissaire général. En 2023, il est fait membre d'honneur des Imaginales Maçonniques & Ésotériques d'Épinal (IM&EE).

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